‹ Essai sur le Gold Exchange StandardChapitre 78 sur 110 · Ibid., pp · texte numérisé non relu

Ibid., pp

27. Ainsi la Reichsbank avant 1909. V. Die Reichsbank, jena 1912.

quelques règles du maximum d’émission et du minimum d’encaisse. Enfin, le tout peut s’accompagner de l’émission simultanée de certificats d’or.

a) Exposé : Cette réglementation tient du Bank Charter Act en ce sens qu’elle considère que, jusqu’à concurrence d’une certaine somme, les billets de banque seront moins facilement présentés au remboursement qu’au delà de cette somme. Elle tient de l'émission proportionnelle en ce qu’elle fixe deux ou plusieurs proportions successives en tenant compte de la tranche d'émission considérée.

Ainsi, le régime de la Banque d’Espagne : jusqu’à 4 millBiards de pesetas, les billets doivent être couverts par une encaisse minima de 45 % (40 % d’or et 5 % d'argent). Au delà de ces 4 milliards de pesetas, la couverture minima doit être de 60 % (50 % d’or et 10 % d’argent).

, En Lettonie, jusqu’à 100 millions de lats, l’émission doit être couverte par au moins 50 % d’or ou de devisesor. De 100 à 150 millions de lats, la proportion minima doit être 75 % et, au delà de 150 millions de lats, la contre-partie d’or ou devises-or doit être de 100 %.

b) Critique : La seule critique vraiment sérieuse que l’on puisse faire à ce système est son manque de simplicité, et c’est là, sans doute, une des raisons de son insuccès. Mais est-il donc si important d’avoir un système de réglementation simple, très simple ? On a voulu le mettre à portée de tous les citoyens, quel en est l’intérêt ? Seule, une minorité s’occupera des affaires bancaires et de l’émission des billets de banque Si la masse ne peut pas comprendre, jusque dans ses détails les règles de l’émission. des billets de banque, qu'importe ? Comprend-t-elle toutes les lois financières diverses qui interviennent ? non certainement,

dès lors, pourquoi s'inquiéter ? La réglementation de l’émission est une affaire qui concerne les techniciens et ne concerne qu'eux. Il vaut mieux posséder une réglementation compliquée mais bonne, qu’une autre qui soit simple et à la portée de tous, mais aussi mauvaise quant à ses effets.

Section 11 Des qualités que doit posséder un bon système d'émission

Tout le monde, semble-t-il, devrait être d'accord sur les qualités que doit posséder un bon système d'émission. En réalité, il n’en est rien : les partisans de l’économie libérale désirent un système laissant autant de liberté que possible à la banque centrale, c’est la doctrine du laissez-faire, alors que les tenants d’une économie dirigée réclament au contaire une réglementation soumettant autant que possible la banque à l’autorité gouvernementale et lui permettant d’influer, dans une mesure considérable sur la marche des affaires ; le système de la Banque d'Etat est le but même de leurs théories.

Les uns, d'autre part, demandent une réglementation simple. Ainsi M. Keynes qui prétend que deux choses seules sont nécessaires : la fixation d’un minimum d'encaisse ef celle d’un maximum d'émission. Les deux chiffres seraient de temps en temps sujets à revision, suivant les besoins du pays, besoins qui se modifient et, normalement, se développent. Il recommande une seule sorte de billets : ni bons du Trésor, ni banque d'émission privée, pas plus qu’il ne faut de circulation intérieure d’or ?8.

28. V. à ce sujet le développement des idées de M. Keynes notamment dans son ouvrage capital : À Treatise on Money.

Quoiqu'il en soit, il semble bien que la perfection en cette matière, au moins jusqu’à présent, ne soit qu’un mythe on ne peut que s’efforcer d’y atteindre, on ne peut que s’efforcer d’améliorer les systèmes qui, jusqu'ici, n’ont donné que de mauvais résultats ou que des résultats insuffisants. « Il n’y a pas de système, aussi soigneusement étudié qu’il soit, qui puisse assurer. que la Banque centrale ne se trouvera jamais en difficultés » ?#.

$ 1er Le but d’un système d'émission

Ce but est double et l’on peut presque dire de sens contraire. En effet, un bon système d'émission doit éviter l'inflation, l'inflation dangereuse, en créant cependant le plus de crédit possible, c’est-à-dire en faisant une inflation raisonnée, normale et non dangereuse.

Que le but d’une réglementation de l’émission soit d’éviter l’inflation n’est pas pour nous surprendre, surtout à notre époque après les nombreuses expériences inflationnistes que nous avons subies. Mais le gros danger, la difficulté la plus importante réside dans la création, dans la distribution du crédit. Un billet de banque n’est qu’un titre de crédit : « Tout billet de banque passé dans la ‘circulation constitue un emprunt sans intérêt fourni par le public »%. Il s'ensuit que si une exagération est faite dans l’émission, pour réabsorber ses billets, la banque devra couper tout crédit, par conséquent gêner considérablement l’industrie et le commerce. « Le danger peut toujours être découvert dans le processus de la contraction de crédit »°!

Page 1