‹ Essai sur le Gold Exchange StandardChapitre 88 sur 110 · Cité par Gonnard. Précis d'économie monétaire, p · texte numérisé non relu

Cité par Gonnard. Précis d'économie monétaire, p

original et naturel d’une théorie quelconque C’est un moyen empirique qui, lorsqu'on a voulu le généraliser, n’a pas réussi. Or, si une théorie qui n’a pas réussi peut cependant, dans certaines circonstances, se défendre, par contre un moyen empirique qui ne réussit pas ne possède plus aucune valeur.

Section 11 L'emploi du Gold Exchange Standard comme moyen transitoire

Il est quelquefois difficile, pour ne pas dire impossible pour certains pays, d'adopter un étalon-or véritable : le manque de capitaux suffisants, la gêne même que la constitution d’un stock d’or important pourrait occasionner aux affaires sont autant de facteurs empêchant cette adoption.

Ce cas s’est souventt produit avant la guerre lors de la généralisation de l’étalon-or et de la baisse des cours de l’argent-métal. Il était impossible aux pays d'Extrème- Orient, même à ceux qui le désiraient, d'adopter immédiatement l’étalon-or. Ce n’est d’ailleurs pas en quelques années que l’on peut modifier des usages millénaires : encore aujourd’hui, malgré toutes les tentatives de réformes, l’argent reste l’étalon incontesté de certains pays.

C’est alors qu'intervient le Gold Exchange Standard, moyen peu onéreux de stabiliser les changes des pays à devises dépréciées par rapport aux pays possédant une unité monétaire appuyée sur l’étalon-or.

La constitution d’un stock de devises se fait facilement, naturellement presque, surtout lorsque les échanges avec l'extérieur présentent, en faveur du pays dont il s’agit, un

solde créditeur. Remarquons en passant que la balance commerciale des pays neufs accuse normalement presque toujours un excédent d’exportations.

En centralisant dans ses caisses la masse des devises détenues par les industriels et commerçants nationaux, en se faisant bureau de change, la banque centrale en arrive bientôt à posséder un stock de devises assez considérable, suffisant en tout cas, le plus souvent, à parer aux déficits éventuels et passagers de la balance des comptes. Il est inutile d'ajouter que, pour que le système fonctionne normalement, il importe que le taux de conversion choisi répondent aux conditions économiques du pays, ne soit ni trop bas, ni surtout trop élevé 3.

Si nous examinons d’ailleurs les différentes applications du Gold Exchange Standard qui ont été faites, soit avant la guerre, soit après la guerre, nous constatons, que seule ont réussi les expériences du système faites d’après ce principe : le Gold Exchange étant considéré comme un moyen et non comme un but en soi, comme un système transitoire et temporaire et non comme un système définitif.

Ainsi la réforme opérée dans les Indes fut couronnée de succès, malgré les difficultés considérables qu’elle rencontra, malgré la masse considérable de métal blanc en circulation et déprécié : mais les promoteurs et les artisans de la réforme indoue n’ont pas considéré le Gold Exchange comme un régime définitif et immuable et l'Inde l’aban-

3. Nous avons assisté, depuis la guerre, à un certain nombre d’échecs de stabilisations, échecs dûs à ce fait que le taux de stabilisation avait été, pour des raisons de prestige souvent, fixé trop haut. C’est le cas entre autres du Gold Standard Act de 1925 rétablissant la livre sterling au pair ancien. On prétend aussi parfois qu’une partie des difficultés survenues en Italie serait dûes elles aussi au taux trop élevé de la lire.

donna en 1926 après en avoir tiré tous les bénéfices qu'il était susceptible de procurer.

Les réformes monétaires de l'Amérique du Sud, en Argentine et au Brésil surtout, donnent également la même note : succès temporaire du système adopté et ruine de ce système ensuite.

Certains pays semblent aujourd’hui l'avoir compris, ainsi la Pologne qui vient récemment d'abandonner le Gold Exchange Standard pour se rallier au Gold Bullion Standard.

Pour accomplir une réforme monétaire qui soit vraiment stable, il faut faire état non seulement des conditions présentes, mais encore des conditions futures de l’économie. Ces conditions, les différents facteurs de la vie économique d’un pays déterminé, changent journellement ; ils se modifient sans cesse, et, pour qu’une loi monétaire soit bonne, il faut qu’elle s'adapte presque automatiquement aux conditions nouvelles. Or, s’il est certain qu'il existe un certain automatisme dans l’étalon-or proprement dit : la liquidation aisée des crises avant la guerre et la reprise normale des affaires en sont la preuve, il ne semble pas que le Gold Exchange Standard possède cet automatisme, cette disposition naturelle à l'équilibre.

« Je ne puis m'empêcher de croire, a écrit M. Taussing, que ceux qui proposent le Gold Exchange Standard, des changes stabilisés, des monnaies dirigées au moyen du taux

Page 1