V., infra, même chapitre, sections II, $ 2 et IV
11. Il importe de noter qu’actuellement les capitaux d’origine algérienne tendent à prendre une place de plus en plus considérable à côté des capitaux d’origine française.
Section 11 Organisation du système
Le système que nous considérons comme le plus favorable au développement des colonies s'inspire, par son but, du Gold Exchange Standard d'avant la guerre et, par quelques-unes de ses modalités, de l’étalon de change-or tel qu'on l’a conçu depuis la cessation des hostilités. Nousexaminerons dans un premier paragraphe le but et la définition du système que nous proposons, réservant pour un second paragraphe l’étude des moyens susceptibles de faire parvenir au but envisagé.
$ 1e Définition
Le rôle, le but principal du régime serait de stabiliser le change entre la métropole et la colonie. Bien que dans de nombreux cas, l'unité monétaire soit la même pour tout un empire colonial ou pour une fraction importante de cet empire, la question du change ne se pose pas moins 2. Elle donne lieu parfois à des écarts de cours sensibles. Pour ne citer que des exemples récents, la baisse de la livre australienne et le maintien, pendant un certain temps, de la livre sud-africaine au pair métallique sont tout-à-fait probants à cet égard. Sans doute, s’agit-il là de monnaies de dominions britanniques, c’est-à-dire de pays possédant une quasi indépendance ; mais, même pour les monnaies de colonies
12. Pour l'empire français, la monnaie est le franc, sauf pour l’Indochine ; pour l'empire anglais, l'unité égale est la livre sterling (anglaise, australienne égyptienne, sud-africaine) sauf pour le Canada (dollar canadien) et pour l’Inde (poupie).
proprement dites, on a pu enregistrer, par rapport au change métropolitain, des différences notables de cours, et ilest aisé de retrouver, dans l’histoire de l’empire colonial français, des exemples d'événements de cette sorte.
Si donc le change colonial se comporte, ou du moins peut, le cas échéant, se comporter comme un change étranger, il importe au plus haut point de le régulariser, de le fixer à un taux stable : «L'activité propre des banques coloniales, écrit M. Oualid 13 doit encore s'exercer sur le change entre la colonie et la mère-patrie, lequel comporte non seulement la liquidation de transactions commerciales et financières privées : règlement des importations et exportations, paiement des coupons de valeurs mobilières ou d'intérêts, rapatriement de capitaux, mais encore les mouvements de fonds ou le règlement des opérations de trésorerie... La banque d'émission est alors appelée à jouer, dans les relations avec la mère-patrie, le rôle de centrale de devises et son action comme son influence s’en trouvent accrues ».
L’accroissement du rôle des banques d’émission coloniales aurait pour effet de donner une certaine indépendance à la monnaie coloniale. Au lieu d’avoir, comme par exemple de nos jours, un franc algérien n’existant guère de fictivement, on obtiendrait une sorte de monnaie satellite du franc français, mais émis par une banque autonome, possédant son caractère propre. Nous verrons ultérieurement ? 4 quels seraient les avantages d’une pareille méthode. Ce serait, somme toute, l'application, dans le domaine et le cadre colonial d’un système un peu analogue au régime d’émission américain.
13. Oualid. Le privilège de la banque d’Indochine et la question des banques
coloniales, pp. 4 et 5.