‹ Essai sur le Gold Exchange StandardChapitre 97 sur 110 · V., supra, partie II, chapitre III · texte numérisé non relu

V., supra, partie II, chapitre III

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n'aurait pas besoin d’être considérable, car chaque banque coloniale devrait posséder un compte courant de nature spéciale à la banque centrale métropolitaine qui jouerait ainsi le rôle de Clearing House de l’Empire.

On pourrait d’ailleurs rechercher également une certaine hiérarchisation des banques d'émission coloniales : certaines banques anciennes, comme celles de la Martinique et de la Guadeloupe et de la Guyane, pourraientconjuguer davantage leur action, de même que l’on pourrait peut-être en créer s'intéressant particulièrement à telle ou telle de nos possessions du Pacifique.

Il est à remarquer que ce système d'émission ressemble beaucoup en fait au régime de la Banque de l'Algérie. « Il existe (dans le mécanisme du change entre la France et l’Algérie), écrit M. Ernest-Picard # une sorte de Gold Exchange Standard. » Ce Gold Exchange toutefois n'existe pas de droit, il n'existe même pas directement de fait : ce n’est que la conséquence d’un état de choses : « Si ces règlements ne sont pas effectués, par le jeu d’un comptecourant entre les deux banques d’émission, s'ils n’atteignent celles-ci que par le canal d’un intermédiaire qui est le Trésor, ils n’en exercent pas moins une action réciproque sur leurs bilans respectifs » 17.

Examinons, en effet, le mécanisme du change algérien sur la métropole : tout d’abord, c’est un change invariable et gratuit, les seuls droits à payer sont absolument minimes (frais de poste). Le Trésor français, dans la caisse duquel tombent les impôts, possèdent un compte à la Banque de

16. Ernest Picard. La Monnaie et le Crédit en Algérie, p. 280. 17. Ibid., p. 280.

l'Algérie ?8 : il fait servir ses propres besoins en francs algériens à la compensation d'effets de commerce en francs français ; le cas échéant, pour éviter une tension trop forte, il diffère le règlement des sommes qui pourraient lui être dûes par la métropole. La Banque de l’Algérie a un rôle économique essentiel à jouer : pour rétablir l'équilibre en cas de besoin elle hausse le taux de l’escompte. Un tel mécanisme n’a évidemment rien du Gold Exchange théorique ; s’il arrive au même résultat, ce n’est qu’indirectement, parsuite del’action du Trésor. Après l'avoir étudié dans un remarquable articl:, M. Bernard Lavergne conclut ainsi : « Nous croyons. qu'il (ce système) à l'avenir pour lui, réalisant sans doute le type de change le meilleur entre les pays d'Europe et leurs colonies # ».

Ce n’est pas que ce système ait été longuement conçu et étudié; comme le fait remarquer M. B. Lavergne, il est « né du hasard en 1878 »%. Il n’est cependant pas à l'abri de tout reproche : tout d’abord, et M. Lavergne n’a pas manqué de le souligner, le seul moyen que possède la Banque de l’Algérie de rétablir l’équilibre est d'élever le taux de l’escompte pour attirer les capitaux français ou retenir les capitaux algériens : le paiement d’une prime de change ne serait-elle pas peut-être préférable ? il est possible qu’elle remette les choses en état plus rapidement et avec davantage de souplesse.

Un autre inconvénient du mécanisme actuel du change algérien est le peu de liberté que ce régime laisse à la Banque de l'Algérie. Une autonomie financière plus grande répondrait au développement de la colonieet à l’évolution qui se

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