Ou on nie à la fois la nécessité et la liberté, et on
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réconcilie ainsi les deux adversaires en les renvoyant dos à dos; c'est la position de Hume et de Stuart Mill.
5. Ou enfin on tente de concilier ces deux doctrines si difTérentes, on montre alors, élargissant la voie indiquée par le dogme catholique, tracée par S. Augustin, S. Thomas et par Leibnitz même dans certains écrits, que le bien domine le monde, que tout agit librement, et cependant avec raison, que l'unité n'est pas abstraite, mais vivante, harmonieuse, esthétique, aimante, morale plus encore que géométrique, et que de ce point de vue supérieur on voit les apparentes antinomies se fondre, se concilier et en défmitive s'évanouir. Tel était probablement le fond de la pensée d'Aristote; ainsi pense encore M. Ravaisson.
A priori et par la logique pure, nous eussions pu établir que telles sont bien les positions que peut prendre l'esprit en face de la question du libre arbitre, et qu'il n'en peut prendre d'autres : la thèse, l'antithèse, la négation de la possibilité d'une synthèse, la synthèse négative et enfin la synthèse véritable, telles sont bien toutes les formes d'opinion possibles et les seules entre lesquelles l'esprit puisse choisir. Or, nous les voyons toutes adoptées par quelque penseur. L'esprit humain, guidé dans l'infinie variété de ses développements par la logique immanente qui forme son essence même, a occupé successivement toutes les positions possibles. Nous n'avons donc pas à inventer, mais à choisir une solution et à donner les raisons de notre choix. Notre tâche semble modeste, mais après avoir suivi les flux et les reflux de la pensée des plus grands génies sur cette question, nous ne l'avons jamais trouvée plus lourde.