‹ Essai sur le libre arbitreChapitre 130 sur 193 · LE RÉSULTAT DES TENDANCES · texte numérisé non relu

LE RÉSULTAT DES TENDANCES

mécanisme si délicat et si compliqué n'est, dans certains cas, qu'un instrument aux mains d'une puissance plus haute, qui serait proprement nôtre et vraiment libre, qui dominerait ce mécanisme, puisqu'elle s'en servirait et le conduirait à ses fins. Cette cause plus haute mériterait alors qu'on lui réservât le titre de volonté. Le mécanisme des tendances ne serait qu'un matériel que la volonté mettrait en œuvre. Peut-être même ce mécanisme des tendances n'existerait-il pas seul et y aurait-il dans l'âme quelque chose d'analogue à ce que Claude Bernard appelait un déterminisme supérieur, c'est-à-dire, des aspirations à un bien supérieur qui, n'étant qu'une pure conception, n'agirait plus par impulsion musculaire, mais par attrait idéal, et ne serait plus par conséquent une cause efficiente, mais une cause finale.

Page 1