‹ Essai sur le libre arbitreChapitre 134 sur 193 · LE BIEN UNIVERSEL · texte numérisé non relu

LE BIEN UNIVERSEL

aucune force, elles ne sont que les traductions conscientes (le tensions nerveuses ou musculaires, ce n'est donc pas l'idée qui est la cause véritable des mouvements, elle n'en est que l'effet, f^e plaisir même qui vient s'y joindre n'est pas un but à atteindre, une cause fmale, il est le résultat d'un but déjà atteint. Malgré les apparences qui ont trompé quelques auteurs, l'ordre étudié et décrit par rem[)irisme se réduit, comme il convenait, à l'ordre mécanique des causes efficientes où l'idée n'est jamais un facteur, mais un produit. Il en est tout autrement lorsqu'on accepte toutes les données de la conscience. L'idée universelle a sa source dans la connaissance sensible, mais elle la dépasse infiniment. Aussi, quand une telle idée prend place parmi les causes d'une action, ce ne peut être à titre de cause mécanique, mais à titre de cause idéale. Or, la cause purement idéale n'est pas autre chose que la cause fmale. Elle ne pousse plus, elle attire. L'ordre est interverti. Dans le domaine du. sensible et du singulier, la sensation est l'effet du mouvement des organes; dans le domaine de l'intelligible et de l'universel, l'idée ne peut plus être en communication avec les mouvements organiques à titre d'elfet, elle ne l'est plus qu'à titre de cause. Les organes la représentent, l'expriment, forment comme son corps et son vêtement; c'est l'idée qui dirige ces mouvements et anime ces organes, Spii'itus intus alit. Mais un conflit s'élève souvent entre le mécanisme des tendances et les aspirations du bien^ c'est ce conllit qui constitue le matériel complet de la volonté. Comment la volonté s'applique à ce matériel, quel usage elle en fait, quelle forme elle lui donne, c'est ce qui nous reste à déterminer.

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