‹ Essai sur le libre arbitreChapitre 36 sur 193 · LES PREMIERS PÈRES · texte numérisé non relu

LES PREMIERS PÈRES

le monde devrait être éternel, mais le monde n'est pas éternel. Diodore établit cette opinion par des arguments qui paraissent empruntés à Lucrèce ('). Les astres euxmêmes ont commencé comme tout le reste ; il y a donc eu des changements qui ne dépendaient pas absolument des événements précédents. La chaîne inflexible du destin se trouve brisée. — De plus, pendant que les animaux ont partout et toujours le même caractère et les mêmes instincts, les actes de l'homme changent sans qu'on puisse trouver ailleurs qu'en lui-même la raison de ces changements {^). Au reste, de quoi serviraient à l'homme les connaissances astrologiques s'il ne pouvait rien changer à sa destinée'? L'astrologie serait donc absurde. Il faut donc que l'homme soit libre (^).

Origène a si vivement soutenu la doctrine du libre arbitre au livre III du Utp\ o^pyCù^t que Jansénius a pu l'accuser, injustement d'ailleurs, d'avoir donné naissance à l'hérésie de Pelage (*). Némésius nous donne dans son traité de la Nature humaine (^) une théorie attentive et détaillée de la volonté dont la plupart des éléments sont empruntés à Aristote. L'argument sur lequel il appuie le plus, est celui qu'Aristote avait tiré de la justice du blâme ou de la louange {^). C'est aussi aux péripatéticiens et en particulier à Alexandre d'Aphrodisias qu'Eusèbe fait de nombreux emprunts dans la Préparation évangéliqueÇ^). Après avoir soumis le destin à la providence divine (8), S. Grégoire de Nazianze distingue soigneusement le bien naturel, qui ne sollicite pas l'appréciation morale, du bien librement choisi, qui seul mérite l'éloge (^).

S. Jean Chrysostome dit également : c'est le travail,

(1) De Nat. ver., lib. V.

(2) Op. cU., lib. V., c. 43; ihid., p. 85i.

(3) Op. Cit., lib. VII; ibk\., p. 868.

(♦) V. sur ce point Iluet, Origenicar. Quœst., Il, 7, et ane tbèse intéressante rie M. Maurial, Origcnls de lib. arbit. doctrina, h\-S°. Montpellier, 1853.

(^) C. XXX-XL. — Migne, Pair, gvsec., t. XL, p. 721 et seq.

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