‹ Essai sur le luxe et la vanité des parures [microforme]Chapitre 19 sur 38 · I. PROGRÈS DANS LE SENS CATHOLIQUE · texte numérisé non relu

I. PROGRÈS DANS LE SENS CATHOLIQUE

lo. Dans l'esprit chrétien, le progrès, pour un habitant de la campagne, doit consister à se servir de tous les moyens que lui fournissent les sciences modernes pour améliorer sa terre et la faire produire le plus possible, dans le seul but de douner à sa famille ce dont elle x besoin pour se nourrir et se vêtir, sans jamais dépasser les bornes de la modération chrétienne, comme je l'ai remarqué plus haut.

Jo. Le vrai progrès, pour un cultivateur, c'est d'avoir un soin tout particulier à améliorer la race de ses animaux pour les rendre plus profitables et d’un usage plus utile pour la culture de son champ, et en retirer ensuite plus de profit quand il les mène au marché; toujours dans l1 pensée de remplir son devoir de fournir à sa famille ce dont elle a un vrai besoin, et aider à ses fils à s'établir sur des terres, afin de les mettre à l’abri des dangers qui attendent ceux qui exercent quelques autres industries pour gagner leur vie.

30. Le progrès qui convient à nos campagnes, c'est, pour les parents, de procurer aux jeunes gens une éducation agricole qui les mettent plus en moyen de tirer profit des terres qu'on leur mettra sous les pieds. Car c'est un progrès à l'envers que de pousser les enfants de nos campagnes à prendre des métiers ou à se faire journaliers, l’agriculture étant, ce semble, pour eux, comme une vocation de la Providence qui les a fait naître fils de cultivateurs.

do. Le progrès vraiment salutaire pour des fils d'habitants, c’est de s’accoutumer à fabriquer les instruments

dont ils ont besoin pour leur culture, et tout ce qui peut leur rendre plus faciles les travaux qu'ils doivent faire sur leurs fermes.

50. Le progrès d'une utilité réelle pour nos comparues, c'est que les enfants des deux sexes soient formés avec soin aux travaux des champs, à l’économie, à la propreté sans vanité, à bien conduire une maison, une ferme, à savoir tirer parti de tout, et à administrer les revenus de leurs champs avec un bon sens chrétien qui les leur rendent profitables et jamais précienx.

6o. Le progrès salutaire et sans danger pour la conscience, c'est de savoir retirer de la terre tous les produits nécessaires à la nourriture et aux vêtements de la famille, pour n'être pas obligé d’aller acheter chez des marchands ce qu’il est possible de retirer de sa ferme ; autrement c'est un progrès à l’envers du bon sens.

70. Le véritable progrès pour des cultivateurs, c’est de savoir conserver les biens dans les familles. Pour y réussir c'est de savoir proportionner ses dépenses à ses revenus, et ne jamais acheter que ce que l’on est assuré de payer facilement.

80. Le seul progrès qui amène d'heureux résultats, c’est d’accoutamer les jeunes filles aux règles d'une stricte économie dans leurs habits, de leur apprendre à s’en fabriquer elles-mêmes, de leur ôter même la pensée de se livrer au luxe ou à la toilette, de les former à bien tenir une maison à ne laisser perdre rien de ce qui peut être utile, en un mot, à prendre tout ce qui est nécessaire pour savoir tout mettre à profit.

9%o. Le progrès bien entendu, c'est d’avoir une crainte souveraine de s’endetter chez les marchands qui, comme un essaim de bourdons étourdissent les cultivateurs pour se mettre eux-mêmes en progrès de prospérer aux dépens de la ruine des aveugles qui se laissent tenter par tout ce qui leur paraît beau.

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