CHAPITRE VI La fréquentation des sacrements
Si la population de nos campagnes comprend bien ses intérêts religieux, elle doit savoir que, de tons les moyens pour conserver la foi et l’esprit catholique, il n’y en a point de plus efficace que celui de la fréquentation des sacrements de pénitence et d'Encharistie.
Nos ancêtres regardaient comme une excommuniée toute personne qui n'avait point fait ses pâques, c'était un jugement catholique.
Aujourd’hui, à peine remarque-t-on ceux qui ne vont pas même aux offices divins, et le nombre en augmente chaque année, dans certains de nos gros villages. Ce sont pour la plupart des jeunes hommes qui portent leur front haut, sans probablement trop savoir pourquoi. On leur a fait croire, je pense, que les pratiques catholiques retrécissaient l’esprit et mettaient le cœur à l’étroit dans la poitrine d’un homme qui se sent appelé à faire de grandes choses pour l'honneur de son pays catholique ! Ce sent proprement des personnages de progrès. lis viennent résider dans nos campagnes pour faire à nos habitauts l'honneur de leur apprendre qu'ils sont de grands fous d'aller se mettre en paix avec Dieu par la confession et d’appuier la fragilité de leurs cœurs de toute la force d’un Dieu, en le recevant dans la sainte communion.
Il n’y a qu’une seule chose à faire à leur égârd, c’est
d’en avoir une profonde pitié, car ils ont mal au cœur et : à la tête.
Quant à vous, habitants de nos campagnes, ne vous faites pas gloire d’avoir antant d'esprit que ces grands hommes qui vivent au milien de vous. Vous n’avez pas la tête assez grosse pour loger tont ce bagage d'esprit et vous auriez bientôt contracté leur double maladie, et on ne vous entendrait plus chanter en revenant de vos champs. Votre gloire, à vous, c’est d'être grands par la foi et pur les œuvres de la foi qui sanctifieront vos sueurs Cf vos durs travaux. Peut-être que cette manière d'agir vous attirera quelques regards louches de la part de ces messieurs, mais n’en soyez pas trop chagrins, car ils ont l'habitude de regarder de travers ceux qui ne le ressemblent point.