CHAPITRE IX
Quel usage devons-nous faire de nos corps ?
Il existe une union très-intime entre l’âme et le corps, dans le temps de lx vie présente ; il ne faut jamais ou blier cette vérité. Si l’on devient semblable à cenx que l'on fréquente assidûment ; si l’on prend, même sans s’en apercevoir, les manières, les idées et les principes de ceux dont on est ami; si, enfin on contracte les vices où les vertus de ceux avec qui l’on vit; ne s’en suit-il pas que l’Âme doit excreer une grande inflüonce sur le corps qui lui est uni. Et comme le corps n’est que l'instrument dont l’âme se sert pour agir, parler et manifester ce qu’elle pense, ce qu’elle veut, ce qu'elle aime, il faut en conelure que les vêtements que porte une per-
sonne sont le signe de l’état de son âme. Si donc le corps d’une femme est couvert de luxe et de vanité, qui peut ne pas croire que l’âme de cette femme ne soit livrée au démon de l’orgneil. On Jui fait l'application de la grande règle évangélique: Vous les connaîtrez à leurs fruits. Personne n’ä besoin de l’accuser d’être une orgueilleuse, elle s’en accuse elle-même dans la manière de se vêtir. Elle n’a point non plus besoin de dire qu’elle est une femme mondaine, son faste et ses parures de vanité le disent pour elle.
Ce qui trompe ces personnes et les fait vivre dans un fatal aveuglement, c’est de prendre, à l'envers, l'instinct que nous ressentons tous d’être glorifiés. L’esprit mondain fait chercher la gloire avant le temps, et il La fait cousister 1à où elle n’est point, je veux dire, dans lu vie présente et dans le faste ét l’ostentation créés par l’orgueil humain, contre la défense de Dieu ; et voilà une des causes de ces vaines parures qu’on adopte pour glorifier la chair. On va trop vite; la vie présente ne vous est donnée que pour vous préparer à être glorifiés par un autre que vous même, suivant cette parole Que celui donc qui se glorifie, se glorifie dans le Seigneur. Car ce n’est p'int celui qui se rend témoignage à lui-même, qui est vraiment approuvé ; mais celui à qui Dieu rend témoignage.
Attendons encore quelque temps et nos corps seront glorifiés, comme nous le dit l’apôtre saiut Jacques : Mais vous, mes frères, persévérez dans la patience jusqu'à l’'avénement du Seigneur. Vous voyez que le laboureur; dans l'espérance de recueillir le fruit précieux de la terre, attend patiemment que Dieu envoie les pluies de la première et de l'arrière saison. Scyez ainsi patients et afjermissez vos cœurs : car l’avénement du Seigneur est proche.
Les personnes qui cherchent la gloire humaine pren-
nent donc le change et agissent contre ce qu'enseigne la foi, par ses paroles de l’apôtre saint Paul : Lorsque Jésus-Christ, qui est notre vie, viendra à paraître, vous paraîtrez aussi avec lui dans la gloire. En attendant cette glorification et pour vous en rendre dignes, fuites mourir les membres de l’homme terrestre qui est en vous, continue l’'apôtre.
Voici ce que signifie ce passage de l’apôtre : “ Jésus- Christ deme#re caché dans le Père jusqu’au jugement. Il continue à être méconnu et méprisé du monde. Sa doctrine demeure comme un scandale, et sa vie de croix et de mortification sont toujours une folie pour les sages et les enfants charnels de ce siècle. Mais, quand il apparaîtra dans sa gloire pour juger les vivants et les morts, environné de ses anges, alors sa doctrine paraîtra comme une sagesse, comme l’unique sagesse et l’unique vérité, et avec lui apparaîtront aussi les membres de son corps, de son Eglise, qui ont puisé leur vie en lui. Tant qu'ils furent sur la terre, ils se déclarèrent pour la folie de la croix, ne recherchant ni les biens, ni les honneurs, ni les plaisirs, ni la gloire de ce monde ; ainsi que Jésus-Christ, ils vécurent ignorés et cachés en Dien ; alors ils seront connus avec Jésus-Christ, étincelants des rayons de: sa gloire, revêtus de la nature humaine l'égénérée par la vertu de cette doctrine, qui, aux yeux des enfants du siècle, fut une folie. ”
Voilà ce qu’entendent les personnes qui ont appris de Jésus-Christ à être douces et humbles de cœur, Elles savent et, ce qui est mieux, elles croient que ce corps morteloù habite leur âme, doit, après la mort, subir Ja corruption du tombean, Mais elles ne s'en afligent point, parceque la foi leur apprerd que, à la résurrection générale, leurs corps seront changés, car leur dit St. Paul: 4 faut que ce corps corruptible soit revétu de Pincorruptibilité, et que ce corps mortel soit revébu de l’immortalité, Elles at-
tendent donc avec impatience, les momeuts de Dieu pour être glorifiées.
Eu attendant et pendant qu’elles sont en ce monde, elles suivent à la lettre cet autre enseignement de la foi : Je vous conjure donc, mes frères, par la miséricorde de Dieu, dit St. Paul, de Lui offrir vos corps, comme une hostie vivante, sainte et agréable à ses yeux, pour lui rendre un culte raisonnable. Et ne vous conformez pas au siècle présent ; mais qu’il se fasse en vous une transformations par le renouvellement de votre esprit, afin que vous reconnaissiez qu'elle est la volonté de Dieu, ce qui estbon, ce qui est agréable à ses yeux et ce qui est parfait. Je vous exhorte donc, continue l’apôtre, vous tous, selcn le ministère qui m'a été donné par la grâce, de ne point vous élever au-delà de ce que vous vous devez dans les sentiments que vous avez de vous-même ; mais de vous tenir dans les bornes de la modération.
Saint Paul, entr’autres choses, nous recommande ici d'offrir à Dieu nos corps, comme une hostie vivante, ce qui veut dire que les chrétiens doivent immoler leur chair par l4 pénitence, et s'offrir eux-mêmes à Dieu comme des victimes vivantes, saintes et agréables à ses yeux. La sagesse chrétienne règle cette oblation sur une discrète mortification, laquelle fait des corps une victime, mais en même temps se renferme dans des justes limites, de manière que la victime demeure vivante. ?
Tout ceci est évident, mais pour qui? Pour les persounes seulement qui n’ont point chaugé l'esprit de Dieu pour celui du monde. Car l'esprit moudain donne des armes à la chair pour faire la guerre à l’âme, en couvrant le corps des vêtememeuts de l’orgueil et du luxe. La mortification de la chair épouvante les personnes mondaines, et elles la fuient ; le luxe et les vaines parures fluttent la coucupiscence de la chair, et elles en couvrent
leur chair, Elles ne comprennent poiut que le corps aussi bien que l’âme doivent porter les livrées du Dieu mort sur une croix, pendant leur séjour en ce monde, sous peine de s'entendre dire par le souverain juge: Quiconque rougira de moi et de mes paroles, le Fils de l’homme rougira aussi de lui, lorsqu'il viendra dans sa gloire, et dans celle de son père, et des saints anges. Sous l’iuflueuce de l'esprit du mal, elles oublient cette menace, et préfèrent les folles et vaines puissances de l’orgueil moudain, de la gloire moudaine, qu'un souffle, qu’un revers, une maladie, la mort change en une humiliation éternelle, dans un gouffre de feu où serout avec elles tont ce que l'humanité a produit de plus vil et de plus méprisable.
Les personnes qui ne veulent pas boire à cette source empoissonnée du luxe, pensent bien autrement, et font un usage bien différent de leur cor»s. Elles le respectent, parce qu'il est deveuu le temple du Saint: Zsprit par le baptême, et la demeure de Jésus-Christ par la sainte communion. Muis elles savent qu’elles le profaneraient en le couvrant des livrées de l’orgueil de l’ange des ténèbres. C’est par respect pour ca temple de Dieu quelles ont soin de le tenir proprement et modestement vêtu, comme le leur enseigne le catéchisme catholique.
Elles prennent donc au sérieux ces paroles de l’apôtre saint Paul: Revélez-vous de Notre-Seigneur Jésus-Christ, et ne prenez point soin de votre chair jusqu’à ‘contenter ses désirs. Elles se gardent donc de configurer leurs vétements selons les modes du siècles présent. Elles s’habillent, comme Le veut l'apôtre, avec humilité et modestie, suivant les modes de loin et n’adoptant que celles qui ne ressentent ni le luxe, ni l’orgueil, ni le faste, uni la vanité, ni l’amour du siècle. Elles attendent le grand jour de la résurrection pour que Dieu, qui le leur 4 promis, glorifie leur chaire et la couvre du vêtement d’une gloire immortelle.
Ici bas, elles ne s’attendent point à recevoir des louanges pour 11 modestie de leurs vêtements, mais bien plutôt des railleries, des mépris et quelquefois des injures, car elles croient à cette parole : Tous ceux qui veulent vivre avec piété en Jésus-Christ seront persécutés. Eiles s’attendent done à être moquées, méprisées et tournées en dérision, mais elles ne s’en troublent point, parce qu’elles se déclarent hautement pour un Dieu qui a dit: Le serviteur n’est pas plus grand que son maître, s'ils m'ont persécuté, ils vous persécuteront. Si le monde vous hait, sachez qu'il m'a haï avant vous. Si vous étiez du monde, vous conformant à l'esprit du monde, aux vanités du monde, le monde aimerait ce qui est à lui ; mais parce que vous n’étes point du monde, et que vous fuyez son luxe et son orgueil, c'est pour cela que ie monde vous hait. C'est pour cette raison que saint Paul disait : Si J'étais du goût du inonde, je ne serais point le serviteur de Jésus-Christ.
Après des enseignements si éuergiques, comment pouvoir qualifier l1 conduite des personnes qui ridiculisent les femmes ou les filles qui se vêtissent selon les règles de la modestie chrétienne ? Ne verront-elles jamais que leurs censures font l'éloge de celles qu’elles tournent en dérision ? Que leurs railleries sont leur propre condamnnation, puisqu'elles blâment ce que Dieu approuve ? Ne se rangent-elles point du côté de ceux qui font la guerre à Jésus-Christ dans la personne de celles qui
‘suivent sa morale et imitent ses exemples ? Si elles avaient la bonne foi de consulter leur conscience chrétienne, uc leur dirait-elle pas hautement qu’elles ne persécutent les femmes chrétiennes que parce qu’elles sont trop lâches pour se mettre, comme elles, audessus d’un vain respect humain qui les rend les esclaves du monde et de son orgueil? Qu'en persécatant Jésus-Christ, dans ses membres, dans ses fidèles servantes, elles s’attiren
la condamnation ? Qu’enfin elles lenr font gagner Île ciel, le perdent elles-mêmes, et auront la confusion d’entendre le souverain juge leur dire: 4e ne vous connais point, comme ji! vous assure qu'il le dira anx vierges folles. !
Loin de flitter leurs corps, les personnes chrétiennes les regardent comme leurs humbles serviteurs. Pour qu'ils ne soient pas tentés de se révolter contre leurs âmes, leurs maîtresses, elles les tiennent toujours dans l'humiliation et sous les lois de la mortification évangélique. Car elles ont mûrement pesé cette divine parole : Ceux qui sont à Jésus-Christ, ont crucifié leur chair avec ses passions et ses désirs déréglés.
Le corps étant le serviteur de l'âme, elles s’eu servent pour, prier, pour aller aux églises, fréquenter les sacrements, entendre la parole de Dieu, faire des bonnes œuvres, rendre sérvice à leur prochain, faire des œuvres de péuitence et de mortification et gagner ce qu’il lui faut pour le couvrir et le nourrir. Elles font de leur corps, dans un autre ordre de choses, ce que fuit le cultivateur de son cheval, dont il se sert pour gagner sa vie. IL est châtié, s’il refuse de se prêter aux besoins de son maître.
Les femmes et les filles qui concentrent toutes les ressources de leurs talents et, quelquefois même, ce qui est nécessaire au bien-être et à l'avenir de leurs familles pour avoir le frivole plaisir de se livrer au luxe et aux parures, et dépouillent ainsi leurs âmes des vertus d’Aumilité et de modestie, agissent aussi déraisonnablement qu'une maîtresse de maison qui se condimnerait à ne se revê ir que de dégoûtants haillons, pour avoir le plaisir de couvrir les murs qu’elle habite, de rubans, de fleurs, de dorures, de diamauts, de perles, de riches pelleteries, de magnifiques soiries, et de tout ce que le luxe
et l’industrie pourraient ini procurer. On rirait d’elle sans doute, ce serait une folle. Et pourquoi donc admirer les femmes et âlles chiétiennes qui dépouillent leurs âmes des vertas de leur sexe, pour avoir la satisfaction de couvrir lenis corps d’orgueil et de luxe ? Sinon parce qu’on a perdu le bon sens chrétien.
Pourquoi lès personnes qui s’habillent avec modestie sont-elles blâmées et censurées par le monde ? C’est parce que le monde ne connaît point Jésus-Christ, c’est parce que le monde est ennemi de la morale de Jésus- Christ. Plus donc le nombre de celles qui s’habillent chrétiennement sera petit, dans nos campagnes, et plus il sera vrai de dire que l’esprit du christianisme s’y perd. Au contraire, plus le nombre des personnes qui se livrent au luxe et anx vaines parures y sera grând, et plus aussi il sera évident que l'esprit mondain s’y étend et y domine. Car ceux-là seuls, dit saiut Paul, sont les enfants de Dieu, qui sont dirigés par l'esprit de Dieu. Proposition dont le contraire est également vrai : tous ceux qui sont dirigés par l'esprit du monde on du démon, sont les enfants du monde ou du démon, le prince de ce monde, selon le dégré auquel ils s’y livrent.
Si je voulais traiter cette question qu’en ne faisant usage du bon séns chrétien, les personnes qui n'usent de leur corps que pour sanctificr leurs âmes, ne se montreraient-elles point les seules raisonnables? Pour le faire comprendre, je n'aurais qu'à poser cette question : l’âme est-elle plus que le corps ? Un enfant ne répondrait que l’âme est plus que le corps. Si je lui demandais la raison de sa réponse, il me dirait que l’âme seule est créée à l’imige de Dieu et qu’elle est immortelle, an lieu que le corps à été tiré de la poussière et que bientôt il doit retourner dans la poussière. Si ensuite je Jui demandais laquelle des personnes suivantes est la plus raisonnable, ou de celle qui met les intérêts de son âne
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avant ceux de son corps, ou de celle qui préfère les iuté êts de son corps à ceux de son âme ? Hésiterait-il un moment pour me dire que c'est la première qui est la plus raisonnable? Mis si j'ajoutais que les intérêts de l'âme et ceux du corps sont tellement opposés, que leurs besoins sont tellement différents, qu'on ne peut satisfaire les désirs déréglés du corps, saus souiller l’âme et l’exposer à périr pour une éternité, que me répondrait-il ? Qu'avant tout il faut pourvoir aux besoins de l’âme, et que si on ne peut accorder au corps ce qu’il exige, il faut refuser de le contenter plutôt que de nuire aux intérêts de l’âme. Quel nom donnerait-il aux personnes qui, par le luxe et le sensualisme, accordent à leurs corps ce qui d’abord doit faire périr l’âme seule et, plus tard, l’une et l’autre ensemble? Ne les traiterait-il pas d’insensées ?
Quelle espérance peuvent done avoir les personnes qui, négligeant le soin de leurs âmes, ne s'occupent qu'à parer, flatter, et satisfaire les désirs déréglés de la chair, dont le plus dangereux est, sans contredit, le sensualisme de l’orgueil? Saint Paul avait une telle crainte de tomber dans cette erreur, qu’il châtiait son corps et le réduisait en servitude, de peur qu'après avoir préché aux autres, il ne se perdit lui-même.
Si saint Paul, malgré les grâces extraordinaires qu'il avait reçues de Dieu, regardait comme une chose nécessuire de châtier son corps, de peur d’être réprouvé, quel est celui qui osera encore prétendre qu’il pourra se sauver en fluttant son corps, en le couvrant de luxe, en cédant à ses penchants déréglés, en menant dans le monde une vie molle et voluptueuse ?
Que les habitants de ‘3 campagnes y fassent une très-sérieuse attention. -ar on ne joue point avec cette bête lubrique qu'ou appelle le corps humain, la chair,
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S'ils n'y prennent garde, et s'ils laissent leurs femmes et leurs filles se livrer au luxe et contenter, flatter, favoriser les instincts déréglés de leur chair, ils auront bientôt perdn cette pureté de mœurs qui était une des plus belles gloires de leurs ancêtres.
Que personne ne pense que lu pudeur et la modestie, duns les personnes du sexe, ne sont bonnes que pour lles-mêmes, car ce serait une grave erreur. Les femmes font les mœurs à leur image. Si elles sont réservées, sages, chrétiennes, et surtout modestes et pieuses, elles inspirent un profond respect pour elles, et préservent par là, la société de perdre ses mœurs. Si, au contraire, elles sont impudentes, volages, effrontées, orgueilleuses, elles inspirent pour elles des pensées et des désirs lubriques, qui souillent d'abord l'esprit et, ensuite, îe cœur des jeunes gens et des hommes qui, ne les respectant plus, se familiarisent ec elles. Or, un proverbe nous dit que, familiarité engendre mépris, et cette familiarité finit toujours par des écarts aux règles dela morale et des mœurs. Voilà ce que nous apprend l’expérience de tous les siècles.
Qu'on veuille bien remarquer que lx pureté est d’une délicatesse comme iufinie, et que chacun de nous la porte dans des vases fragiles. Que les femmes ne soient pas étonunées si je leur dis que, sur cet article, elles sout beaucoup plus fragiles que les hommes, du moment qu'elles ont perdu 1 sauve-garde de la pudeur et de la modestie chrétiennes. |
Mais comment se fait-il que le luxe et la vanité des parures finissent par faire perdre les mœurs? Je vais essayer de vous le faire comprendre. Je dois, ici, faire des réserves pour certaines femmes et filles qui ne se livrent au luxe et aux parures que par entrufuement, et suus les aimer. Je parle en général.
Les femmes et les filles ne se livrent point au luxe et aux vaines parures "sans tomber daus la tentation de se faire voir, regarder, aimer, admirer. Livrées à ce funeste désir de se faire des adorateurs ou des admirateurs, elles deviennent volages, coureuses, imprudentes, remplies d'amour pour elles-mêmes on pour leur beauté réelle ou imaginaire. S’apercevant qu'on les admire, où même qu'on les regarde avec complaisance, elles se replient sur elles-mêmes, s’admirent, et tombent par dégré, dans l’amour d’elles-mêmes, puis dans la gloriole, puis dans l'orgueil. Rendues à ce dernier dégré, Dieu qui résiste aux superbes, se retire et les abandonne à elles-mêmes et à toute leur fragilité. N’ayant plus pour elles Dien, leur maître légitime et leur seul appui, elles deviennent la proie du démon, qui ramasse tous ceux que Dieu délaisse.
Tombées sous l'empire du roi de tous les enfants de l’orgueil, il los façonne à sa ressemblance, et leur donne, comme à Eve, la mission de perdre l’homme. Car le drame, qui s’est joué dans le paradis terrestre par la première femme, se jouera jusqu’à la fin des temps, par les autres femmes qui, comme elle, donueront entrée à l'orgueil dans leurs cœurs. Ces femmes tombent d’abord dans la disgrâce de Dieu, puis elles y font tomber les hommes. Voilà ce quiest arrivé et ce qui arrivera chez tous les peuples dont les femmes et les filles, jetant de côté la modestie dans leurs vêtements, se livreront aux extravagances du luxe, et à l’amour désordonné des parures.
Si, aujourd’hni, les femmes qui, dans nos campagnes, se livrent au luxe des habits et de la toilette, conservent encore un certain vernis de décence dans la manière de se vêtir, soyez assurés que cela ne durera qu’autant de temps qu'il en faut pour abaisser le niveau des mœurs
au point où ildoit être pour n'être point étonné des plus impudentes immodesties.
Un grand nombre de femmes et de filles de notre sièc'e refusent de s'associer à la divine Marie pour sauver le monde, en imitant ses vertus d'humilite, de modestie, d’éloigrement du monde, de son esprit, de son luxe, de ses vanités et de l’amonr d’elles-mêmes, pour prendre pour modèle la femme orgueilleuse, la coupable Eve qui perdit le monde ; soyez certain qu'elle ne réussiront que trop daus leur fatale mission.
Muis, comme on ne saurait trouver en défaut la parole du Dieu de vérité, les femmes qui s'élèvent d’orgueil, seront profondément humiliées, dégradées, profunées, souillées par ceux qu’elles auront entraînés daus leur séduction.