‹ Essai sur le luxe et la vanité des parures [microforme]Chapitre 9 sur 38 · Harmonie entre le père et les enfants · texte numérisé non relu

Harmonie entre le père et les enfants

L'harmonie religieuse résulte de l'accord des volontés pour le bien. Dans la famille catholique, l'harmonie, c’est l’union de la volonté des enfants avec la volonté des parents, pour tendre à un but commun; celui du bien spirituel de la famille. La famille est bien, quand elle tend vers la fin que 4 religion lui propose. Cette fin n’est autre qu’un bonheur éternel.

Pour réaliser cette fin, la plus importante comme la plus essentielle, Dieu à donné à la famille catholique des parents sanctifiés par la réception d'un grand sacrement, comme saint Paul appelle le sacrement de mariage. Ce grand sacrement confère aux pères eb aux mères une 6spèce de sacerdoce, dont la dignité, égale, dans les desseins de Dieu, celle dont le prêtre est revêtu. Aussi, l'auteur du livre de l’Ecclésiastique'a dit: ÆEcoutez, en- Jfants, les avis de votre père, et suivez-les de telle sorte que

vous soyez sauvés. Car Dieu a rendu le père vénérable aux enfants, et a affirmé sur ceux l'autorité de la mère. Saint Paul a dit également : Vous, enfants, obéissez aux pères et mères, en ce qui est selon le Seigneur, cr cela est juste. Honorez votre pére et votre mère ; c’est le premier commandement auquel Dieu ait promis une récompense.

Cette récompense, l'esprit de foi nous l’u fait connaître : C’est une longue vie, une vie heureuse, une vie accompagnée de toutes les bénédictions du ciel, suivant cette divine parole : l'enfant qui honore sa mère est comme un homme qui amasse un trésor. Celui qui honore son père jouira d'une longue vie, en ce monde et surtout en l’autre, puisque le texte Sacré dit: qu'il sera sauvé.

Voilà ce que croyaient alors les enfants et 4e qu'ils croyaient, ils le mettaient en pratique. Ils étuient donc obéissants, parfaitement obéissants à leurs yparents. Dans nos campagnes, chaque famille était donc sembluble à une petite communauté religieuse, dirigée par le père et la mère catholiques, dans la paix et la crainte du Seigneur. Poiut de révoite, point d'opposition de la part des enfants contre là volonté des parents.

Sur ce point j'en appelle au grand’pères et aux grand’mères de notre population des campagnes. Voyüit-on alors des enfants en révolte contre leurs parents? En voyait-on les contredire, se moquer d'eux, leur désobéir ouvertement, scandaleusement ? 5i quelqu'un osait le faire, comment était-il regardé dans sa fiumille ? Qu'en disait la paroisse, quand elle en avait connaissance ? Cetenfant de satan n'était-il pas regardé comme un'autre Luciter révolté contre Dieu ?

Qu'on me permette de rapporter ici deux faits, dont j'ai été témoin dans ma jeunesse. Le premier nous mon trera l'autorité paternelle honorée;.et. le second, cette môme autorité outragée, en présence de toute une.pa-

roisse, Celui-là était le trirmyphe de l'esprit de Dieu, sur l'esprit du mal ; et celui-ci le triomphe de l'esprit du démon sur l'esprit de Dieu. J’ai raconté ces faits du haut de la chaire, mais pour qu’on ne lies oublie jamais, je crois devoir les consigner ici. Puisse le dernier inspire une juste terreur à tous les enfants qui seraient tentés de se révolter contre l’autorité de leurs pères et mères.

C'était un dimanche pendant l'été. Toute la paroisse était réunie à l’église. En se tournant vers le peuple pour faire le prône, M. le curé de la paroisse aperçoit deux jeunes geus en dehors de la porte de l’église, plus que suffisamment grande pour contenir toute la population. Il les avertit d'entrer dans l’église ; les jeunes gens n’en font rien. Le curé réitère son avertissement; ils n’obéissent point.

Les pères de ces jeunes gens étaient dans l’église, Voyant que leurs enfants n'avaient pas obéi à l’injonctiou du curé, ils se levèrent, l’un des deux se dirige vers la porte de l’église, et revient bientôt tenant par la main son enfant, qu’il conduit auprès de la balustrade, qui sépare le chœur de la nef, et lui dit de se mettre à genoux. L'enfant obéit. et se met à genoux. A ce moment, des larmes d'admiration coulent de tous les yeux. J'ai vu ce grand jeune homme à genoux, la tête penchée en avant: il pleurait aussi lui; à ce spectacle, toute la pa roisse tomba à genoux, eomme pour remercier Dieu de cette grande victoire sur l'esprit d'orgueil. Aussi c'était beau! Car Dieu était loué, la paroisse édifiée, le démon confondu, lautorité paternelle glorifiée. Encore une fois, c'était admirable !

Ce héros de la piété et de l’obéissance filiales demeura à genoux, pleurant toujours, jusqu’à la fin de la messe, comme pour donner aux anges le tenips de chan-

d'OT

x à plusieurs reprises le cantique de l'enfant Jésus venu ns une étable pour obéir à son père : Gloire à Dieu au us haut des cieux, et paix sur la lerre aux hommes de nne voionté (obéissants). Et le bien aimé du divin ennt de la crêche adressait, se semble, à ce même jenne bmme ces paroles de sa première Epitre : Je vous écris, nes gens, parceque vous étes forts, que la parole de Dieu meure en vous, et que vous avez vaincu le malin esprit, broi de tous les enfants d'orgueil, comme dit le saint bnime Job.

| Pendant cette scène touchante, une autre bien diffénte avait lieu. Le père de l’autre jeune homme était ssi parti pour aller vers son enfant, deineuré impasble à la porte de l’église, Il n’y avait que quelques inutes qu’il parlait à son fils, lorsque toute l’assemblée >s fidèles entendit cette enfant de satan dire à son père une voix insolente : non, non, père, je n’entrerai pas ! ! A ce mot de révolte satanique, toute la paroisse à noux avec l’autre jeune homme, se leva subitement, ns un frémissement d'horreur, et des cris de terreur ontèrent vers le ciel comme un protêt solennel coutre udace de ce malheureux. Le jeune révolté tourna le )s à l’église et à son père, et s’éloigna.

{Le père outragé, revint à sa place, le visage abattu, s yeux baïissés, et tomba anéanti dans son banc, Satan ait remporté lx victoire, et l’enfer hnrlait : gloire à i, Lucifer, chef des révoltés, tu as vaincu l'enfant chrébn. Désormais il sera ton partage. C'était à faire mourir b douleur. ‘Tous les fidèles étaient consternés. Cette rnière seène avait remué trop profondément les âmes >ur permettre au curé de parler. Il continua la messe. La messe finie, le père de l'enfant de l’obéissance, alla [prendre par la main, et le ramena au milieu des autres

anes gens de la paroisse qui, à sa vue, demeurèrent nets d’admiration,

ME jen

Le père glorieux reçut les félicitations de tonte la pË roisse. Il recevait la gloire qui lui était due pour av bien élevé son enfaut, suivant cette parole de Salomor Celui qui instruit son fils, y trouvera lu joie, et il sera 4 rifié en lui au milieu de ses proches.

Quant. à l’autre père, il demeura dans l'église avec: femme et ses autres enfants ;.--.-.pour pleurer. Dié leur avait Ôté la pensée de s'occuper de l'enfant rebell Ii l'avait abandonné à celui qu'il veuait d’imiter, du sa révolte. Vous allez le comprendre. |

Noé, nous dit la Genèse, se réveillant de son somina et apprenant que Cham le dernier de ses enfants, s’étà moqué de lui, maudit la race de cet enfant, par ces 4 frayantes paroles: Que Chanaan soit maudit ; soit q soit à l'égard de ses frères l’esclave des esclaves. Et ce malédiction, comme un poison funeste, passa dans cœur de la race maudite. 4

Le père de l'enfant révolté ne l’avait point mA UM Mais celui que saint Paul nous dit étre le principe À toute paternité dans le ciel et sur la terre, Pavait abu donné à celui qui est homicide dès le commencement. !

Après l'office de l’après-midi, le père et ceux de | famiile retournèrent à leur logis.

En mettant le pied sur le seuil de sa maisou, le pë qui eroyait retrouver son fils chez lui, demanda à 1 de ses filles qui avait g: ardé la maison, où était son fre . Cette fille, rappelant des souvenirs qui avaient pa dans son esprit comme des songes légers, se souvient c: fusément ce qui était arrivé. Elle répondit à son p qu’elle croyait se rappeler que son frère était reven la maison ; qu'il y avait échangé ses habits de dima contre ceux de la semaine, et qu’il était sorti de la ‘son. Quelle heure était-il, demanda le père ? Je ne poiut remarqué, répondit la fille. Ces réponses si

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