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son espèce sur lequel chacun attache ses regards. Célèbre-t-on dans
un discours ou dans un journal la littérature du pays, il s'approprie
modestement l'éloge en entier, et n'imagine pas qu'on puisse désigner un autre que lui Son orgueil n’a d'égale que son humilité La moindre critique le blesse au vif ; n'allez pas répéter devant lui
qu'une partie de nos auteurs sont sots ou médiocres, que leur style
“ est lourd, ampoulé, ridicule, il accepterait le compliment pour lui- “ même, peut-être parceque, à ses yeux, il représente scu! nos lettres, “ et que les autres écrivains
‘ Sont tous devant ses yeux comme s'ils n'étaient pas, ”
« Si vous dites, par exemple : “ Les chroniqueurs et les romanciers
Ca ee
du jour imitent le Ménippe de La Bruyère et se parent, comme le
geai, des plumes du paon ;” il s’écrie : “ Je ne connais pas La Bruÿère,
et je ne sais qui est Ménippe ; vous êtes un imposteur et un calom- “ niateur ! ”
4 En un mot, l'homme de lettres médiocre est son propre dieu,
pal
et ilcroit son culte universel ; il s'adorctous les jours, et l'Arabie
entière ne pourrait produire l'encens qu'il brûle sur ses autels.”
Ces sombres propos ne doivent surprendre personne, car ét misanthrope, dit la légende, n'avait jamais lu que des livres improvisés, et il avait puisé dans son ennui une haine invincible contre tous les auteurs. Heureusement pour les lettres canadiennes, si les auteurs incapables sont trop nombreux, on compte en revanche plusieurs hommes distingués, maîtres dans l'art d'écrire, et dont les œuvres aimées du public
font oublier tant et de si mauvais écrits.
iers e le rère,
om-
dieu,
rabie
isanet il eurs.
ables dis-
ublic