RAS: ET
core, mais ce n’est qu'un ässemblage de mots discordants ou des vérités de la Palisse. Alcippe est l'inventeur des pensées suivantes :
« Un pleur, c’est uu souvenir » ; «les gens dan: l’infortune sont maiheureux » ; «la vaillance est l’apanage des cœurs courageux. »
Comment nommerais-je celui-ci ?
Comment attribuer à un seul un travers qu'il partage avec tant d'auteurs ! Ciel ! quelle abondance d’épithètes ! quel amas de comparaisons ! Tons les adjectifs de la langue française trouvent place en ses écrits et sont jetés au hasard autour de chaque substantif, escortés d'abverbes pesants. Citons en quelque chose: «L’impitoyable et horrible bourreau, pour n'épargner à la jeune fiile aucune des douleurs pénibles dont il voulait que son cœur torture et endolori fut saturé mit crueliement deant ses veua hagards l’image aimée de Pinfortuné et maiheureux Arthur»
Timantes ne peut parler d’une personne sans la décrire à Pinstant de la tête aux pieds. Il donne la lar-geur du front, la longueur du nez, les nuances du teint. Les détails de toi
lette ferait croire qu’il est le mari!
d’une modiste. I consacre une page entière à décrire la tañle élégante et le pied mignon de mademoiselle Cléophée.
Qu'il me soit permis de citer ici deux descriptions empruntées à Theophile Gauthier. Elles vous prouveront que nos plus fiers romantiques ne sont que des novices dans Part d'être ridicules et que leurs maitres vivent par de.à les mers.
Voici d’abord un portrait de Ma-|
demoiselle Mars :
«Hélas! ce charmant sourire d’où jullissait l'esprit avec un éc air de nacre ; ces yeux furtifs et pleins de séductions dont chaque étincelle tombait sur de la poudre; ce langage si doux, si rythmé, si mélodieux qu’il faisait demander à quoi pouvait servir la musique; cette in.
lelligence qui semblait comprendre
tout, qui ajoutait tout, et surprenait le poëte par les sens nouveaux et les percées inattendues qu'elle lui révélait dans son œuvre, rien de tout cela n’a laissé de trace, pas plus que la barque sur l'eau, que le vol du papillon dans l'air: et encore ls papillon colore-t-1 les mains qui le
poursuivent de la poussiére de ses”
ailes. Personne ne peut décrire ce | geste, peindre cette intention, noter cette inflexion de voix »
Pauvre Oronte, né deux siècles trop tôt, si tu viväis aujourd'hui, quelles couronnes ne cueillerais-tu pas avec lon sonne!
Apprenez maintenant, Mesdames et Messieurs, ce qu’étaient les mains de Mademoiselle Eda Ferrior,
«Les belles mains sont peu remarquées dans la roule. Les regards d'une salle vont ‘out de suite à la figure et à la taille d'une actrice, {mais c'est dans ceux qui les recher chent un goût pur et raffiné de connaisseur. De même que les botavistes ne s’aslressent pas toujours aux fleurs les plus apparentes, il y à toujours dans une graude foule quelques artistes qui, sous des touffes de rubans et de dentelles, vont cher cher les mains comme les fleurs les plus rares et les plus choisies du jardin de Pamour.
La blancheur éblouissante des mains de Mile. Ida est tempérée par une molle iransparence de veines bleues ; les attaches du poignet ont une souplesse et une fermeté tellé que nous ne sat .1ons les comparer qu'aux anneaux d'une couleuvre ; le dos de la main est lisse, ciselé comme une camée antique, fouillé de belles fossettes pleines d'ombre, l'intérieur, relevé de petits monticules, et traversé de lignes calmes est une charmante carte de géographie du monde de la heauté; Les doigts aisément pénétrés de iumière brillent uu soleil comme des perles ; ils, | pourraient au reste se passer de bagues, car ils ont tous un ongle.
pis de la plus belle nacre, un vrai bijou pour lequel je donnerais le | diameut de Cléopâtre si je l'avais, »
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