‹ Essai sur le mauvais goût dans la littérature canadienne [microforme]Chapitre 7 sur 9 · LEONE · texte numérisé non relu

LEONE

BÉS

MT Ur dent has ne

ES, Oil ne ne de AL alire onii, nel ‘Op ns.

le no- )il- SO 11 ce; le et nsi ule nait de oise )) I1Sen iuinds qui ‘ole t la proâlir ou- Ler- 6 le une nes ‘he, il à lui

DE ne 2

RS Ar A

re A AN 9 GG à

TE PRE PT Pont à ie LA CSSS

sn

me «je

avait refusés d'abord, l’éloquence de la voix et du geste, et sou intelligence sublime mûrissait dans le si-| lence de la solitude, ces admiraples discours acciamés par Athènes, et

plus applaudis encore par la posté! 6

rité. Festina lente, disait Horace ; et son ami Virgile, après dix années de labeurs, ne jugeait pas son poëme digne de lui-même et du publie, et pourtant ce poëme, c'était l Enéie.

L'histoire littéraire moderne n’est pas moins féconde en traits de ce genre. J'ai cité tantôt Michel Ange; plus tard Malherbe, par ses études constantes et la critique sévère à laquelle il se soumettait lui-même s'élevait au-dessus de son époque et contribuait à Gonner à la langue française les qualités qui l'ont rendue universelle On connait la manière de composer de Racine, de Boileau, de Bossuet, de tous les écrivains célèbres du grand sivcele, et leur estime de ces Scudéry Dont la fertile plume, Peut sans peine en un mois enfanter un [volume, Mais dont les écrits Ne font de chez Barbin qu'un saut chez {Vépicier.

Le bon Lafontaine polissait ses fables inimitables de la manière originale qu'on connait. Pourtant un jour, par distraction sans doute, il s’oubiie jusqu’à improviser une Comédie qu'il fait jouer au théâtre. Il assiste à la première représentation, mais dès le début tout lui parait fade, et le jeu savant des acteurs ne peut lui voiler la pauvreté de leurs rôles. Le poëte ne se reconnait plus dans ces vers absurdes, il murmure avec impatience, il s’agite à chaque nouvelle ineptie, et n’y tenant plus à la fin il se lève en s'écriant «quel et le malotru qui a fait cette méhante pièce là» Exemple unique peut-être, dans l’histoire de la littérature, d’un auteur qui se soit jugé lui-mème avec une aussi franche impartialité. Mais Lafontaine était distrait.

Je pourrais citer encore Buffon, qui recommencait jusqu’à vingt fois

la même page, ct l'illustre De Maistre ne publiant ses Soirées de St.

| Pétersbourg qu'après trente années {de travail. Mais je n'arrête dans |cette énumération qui semblerait

étrange el oiseuse dans tout autre siècle” que le nôtre, tant il paraîtrait {superflu de prouver par des traits le précepte que je défends.

Signalons maintenant une autre classe de lettrés, moins non:breux, il est vrai, mais qui contribuent pourtant à paralyser nos progrès littéraires, je veux parler des puristes. Le puriste est l’esclave de la grammaire, ilne jure que par Chapsal, Bescherelle ou le dictionnaire de l’Académie, ei toute phrase dont il ne trouve pas le modèle par:

fait dans ses livres, a pour lui une forte odeur de barbarisme. A Pinstar de quelques avocats dont les plai doyers, basés sur les précédents judiciaires,ne remontent jamais à l'examen des lois générales, il est inca. pable d'apprécier une œuvre dans son ensemble. Les détails Fabsorbent, il analyse la construction de chaque période, fait le procès de chaque adjectif, s’acharne sur les métaphores et les comparaisons, et il ue pardonne pas à Racine lui.

{mème sa fameuse Syllepse, dans

Athalie.

Entre le pauvre et vous, vous prendrez Dieu

[pour juge,

Vous souvenant, mon fils, que caché sous ce u )

lin Comme eux vous fûtes pauvre et P. eux [orphelin.

Aù reste le puriste est souvent pauvre écrivain, car il ne De que d’être grammatie al, et pourvu que Chapsal ne le cond be point, il s’estime supérieur à Bossuet. Voici un échantillon de son style ; je le prends dans une lettre que jai reçue récemment : “ Les renseignements que tu désires que je prenne sur l'affaire à laquelle s'intéresse Pami dont tu m'as parlé dans ta lettre qui ne m'est parvenue qu'hier, vu que j'étais absent pour une visite que je devais à mon oncle qui est bien malade, m'ont paru d’une nature trop

Page 1