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sérieuse pour que je me risquasse à les demander à M. *"" dont tn sais que le caractère est si bourru qu'il est difficile de l'aborder.””" Comme vous le voyez, la syntaxe est observée sans grand profit pour le style.
On peut appliquer à cette espèce les remarques suivantes de Rollin: * [1
s'er faut beaucoup que nous apportions le môme som pour nous perfectionner dans la langue française.
Ii y à peu de personnes qui la sachent par principes. On croit que l'usage
soul suffit pour s'y rendre habile, il!
est rare qu'on s'applique à en approfondirle génie, et à en étudier toutes
les délicatesses. Souvent on ignore
jusqu'aux règles les plus communes,
ce qui parait quelquefois dans les lettres mèmes des plus habiles gens.
(Rollin.—"Traité dos Etudes, Vol, 1er, p. 225.)
Quelquefois, mais plus rarement,
le puriste est un auteur correct, mais |
observateur trop rigide des règles de la réthorique, et qui tombe dans l'exces signalé par Traité des Etudes. Rollin expose sur celte matière la doctrine de Quinbilien,
« [I fait remarquer ailleurs qu'un style trop étudié et trop recherché est la marque d'un pelit génie. H
veut qu'un orateur, surtout quandif|
traile des mativres graves el sérien ses, soit moins alientifs aux mols el à lParrangement qu'aux choses et aux pensées. Quand vous voyez un discours travaillé et poli avec tant de soin et d'inquiétude, vous pouvez conclure, ditil, qu'il part d’un esprit médiocre et oceupé de petites choses.
grand et élevé ne s'arrête point à de lelles minuties. Il pense et parle avec plus de noblesse et de grandeur, et on voit dans tout ce quil dit un certain air aisé et naturel qui marque un homme riche de son pro:
pre fonds et qui ne cherche point à le paraitre. Ensuite il compare celte sorte d'éloquence fleurie et fardée à des jeunes gens bien frisés el pou.
drés, el qui posent toujours devant je miroir et la toilette. On ne peut
ollin dans le!
Un écrivain qui a Pesprit|
[rien attendre de grand et de solide | de même des orateurs. Le discours est comme le visage de Pesprit. S'il est peigné, ajusté, fardé, c'est qu'il + a quelque chose de gâté dans les- | prit, et qu'il n'est pas sain.”
Jl me reste à parler d’une des causes principales de notre désadence littéraire, qui est la haïne des classiques et Poubli dans lequel on cherche à les reléguer, pour proposer désormais à l’étude de la jeunesse iles œuvres de nos contemporains.
On insinue partout qu'il seraittemps de retrancher dans les maisons d’é6ducation une partie de ces vieux maitres, restes immortels du savoir et du génie des autres âges, Homère, | Horace et les -classiques du grand | siècle, |. On admet sans doute que la leciture de leurs ouvrages n'est pas isans profit, et que, pour être nés avant 1789, ïis ont fait preuve d’assez grandes qualités, mais leur dotmination dans nos colléges est, semble-t-on dire, une injure aux gloires ide notre temps. Depuis Chateau- \briand, Lamartine et Byron, continue l'ennemi des anciens, une ère jnouvelle à commencé pour les let.
itres, Les règles antiques sont dispa- [rues sans retour pour faire place à l'école, nouvelle, à Pécole de la li- | berté absolue, et la jeunesse ne doit
[pas puiser à des sources condamnées ; mais qu'elle s'inspire dorénavant d'auteurs dont le style s’est af franchi des vieilles lois, inutiles dans uotre siecle de progrès.
| Jene prétends pas soutenir une [these ici sur cette grave question, l’espace et le temps me manquent, jinais il me sera permis sans Goute de faire quelques remarques à l’encontre des anti-classiques.
Quiconque étudie la sagesse des nations primitives où modernes retrouve partout les mêmes vérités, | les mûmes idées générales ; en exajininant les manifestations diverses de Pintelligence humaine, il s’aper- |çoit bien vite que Fhomme a été à peu près le même à loutes les époques. Mais les mœurs, les principes
dominants, les tendances communes d'un siècle exercent une influence prépondérante sur les belles-lettres comme sur les beaux arts et leur impriment un cachet distinctif, si bien qu'on a pu dire: La littérature est l'expression de la société. L'amour de la loi, le respect de l'autorité prévalent-ils chez un peuple avec les bons principes, cet ariour, ce respect se traduisent dans le domaine de l'esprit par des œuvres conformes aux règles éternelles de la raison, et sous ce joug salutaire la pensée revêt une grandeur et une dignité incomparable ; c’est ce qu’on à vu dans les siècles de Périclès, d’Auguste et de Louis Quatorze. Lorsque au contraire, la licence, le relâchement des mœurs, la haine de la loi et de tout frein règnent dans les populations, l'influence de cet état de choses se fait aussitôt sentir dans la littérature qui devient hardie, novatrice, désordonnée ; le goût se corrompt, le caprice succède à la règle, l'imagination rejette le joug du bon sens, et les doctrines les plus absurdes triomphent si quelque grand homme leur prête léclat de son nom. Ainsi quand commence la décadence romaine un Sénèque peut s’illustrer, ainsi dans notre siècle, au milieu du débordement général, vn Victor Hugo à pu devenir le chef d’une école, et y faire prévaloir les plus monstrueuses idées.
Mais je me sens saisi de crainte, Mesdames et Messieurs, après cette
basses trivialités, les barbarismes, D ridicule pathos ; je me contenterais de lui dire que notre école est l'écho | de la sienne et q'reile combat avec |les mêmes armes so: e mème drapeau.
Que ne serait pas sc 1 étonnement et son dédain! «Quoi! diraitil, ce sont de telles rapsodies qu’on veul substituer à tant de chefs-d'œuvre immortels? Quoi! l’on se vante mèû me de l'emporter sur tous les âges passés. Eh ! quels sont vos titres ?
quelles lois supérieures avez-vous apportées ? quels monuments impé
velles, en lenrichissant de mots étrangers ; et peut-être était-il aussi glorieux de faire des emprunts au noble idiome de Démosthènes que d'introduire le vil arzot de la Cour des Miracles. Avant Gauthier, Quinet, Cherbuliez, déjà Voiture, Scu déry et Balzac, connaissaient le style ampoulé et l'art d’arrondir des périodes creuses ; avant eux l’on sa ait écrire, sous le vain prétexte de faire de lesprit, des descrip tions prétentieuses et maniérées, entremêlées de pointes insipides.
Mais les précieux avaientau moins ce cache! de politesse et de bon ton qui seu; pouvait leur valoir les sourires d’Arinénice et les éloges de l Hotel Rambouillet; tandis qu'aujourd'hui,
ne
irréventieuse appréciation de l’idole romantique, et j'entends déjà crier au sacrilége. Ah! que ne nr'estil Li permis d'appeler Racine ou Boileau
à mon secours, ou plutôt, que ne puis-je, à l’aide d’un devin Tirésias, évoquer l’ombre d’un anti-classique, que ne puis-je ramener sur la terre l'âme de ce fameux Perrault qui combattait Homère, Virgile, Horace, au profit de Scudéry, St. Amand, et Chapelaiu ! Je lui exposerais d’abord les doctrines du jour, et je lui ferais lire ensuite les œuvres des poëtes et des romanciers français, sans même lui en indiquer les néologismes, les
vos muses sont de bas étage et vos | inspirations naissent aupres de la chanteuse des rues ou de la lorette
vous ne savez célébrer que Quasi- he modo, la Govaleuse ou le Chouri- LA neur. }
Certes lorsque, dans mes Paral- 14 lèles, je soutenais la grande querelle des anciens et modernes, j'errais ; mais autour de nous il y avait tant de grandeur, tant d’honunes illuses qu'il me semblait superflu de
Si
| rissables avez-vous élevés ? Vous
n'êtes que des imitateurs. Avant
Hugo, avant Eugène Sue, déjà Ron-
sard avait voulu modifier notre lan
gue en y adaptant des formes nou-
des faubourgs. Un Artamène, un | Alexandre étaient nos héros, mais nee à ;
ji des modèles ailleurs.
l'expérience ne m'avait découvert