‹ Essai sur le nom et la langue des anciennes CeltesChapitre 19 sur 27 · DES TEMPS · texte numérisé non relu

DES TEMPS

Tandis que le russe a huit temps, le punique matlhésien n'en a que deux; rihhob veut également dire en cette langue j'aime et j'aimerai; c'est ce qui a lieu dans celle des Coptes et dans plusieurs autres; le punique a aussi un seul passé, comme l'anglais et les langues germât

Biques. Rien ne semble plus nécessaire que s de se bien entendre sur les temps, et rien n'est pourtant plus négligé. Ne parlons point des temps du mode subjonctif; il n'y a pas deux langues qui en fassent le même emploi dans toutes les circonstances.

Le latin n'est pas le seul qui emploie le odi, le memini pour le présent, et l'allemand dit : wann es zeil ist, so verde ich kommen; mot à mot -.quand il temps est, ainsi devenir je venir, pour : quand il sera temps je viendrai. Nous disons : je dis, j'unis, je bénis, pour le passé et le présent, et l'anglais a des verbes qui, tels que put, let.cast, cost, ne changent qu'à la seconde et troisième personne singulière et au gérondif.

Le russe supplée au subjonctif, qui lui manque, par des prépositions, et lekymre ou. breton dit : // faut que je ferai pour il faut que je fasse. ce qui est beaucoup plus juste, car l'action ne peut que suivre la réflexion et est forcément future.

L'arabe a plusieurs particularités dans le verbe. Le masdar remplace l'infinitif; c'est ainsi qu'on appelle la troisième personne du passé dan» les verbes arabes ; ce masdar est souvent le substantif ou l'adjectif, il peut êtr*

aussi l'adverbe et le participe, le nom de lieu, etc. : en ajoutant seulement nn m, en aurait le nom de l'instrument, d' écrivit, phpne, de fila, fuseau, de ouvrit, dé; enfin, avec une petite modification encore, on peut former treize autres verbes du masdar d'un seul. C'est l'arabe, surtout, qui, pour donner plus cf énergie à l'expression, fait précéder te verbe du gérondif et dit: tn tuant il le tua;

Les verbes de Fhébrenx ont encore un mécanisme spécial. II y a sept édifices on conjugaisons, et trois genres , puis quatre ordres : le parfait, le définissant, lequiescent et le gemeté. Ces ordres se subdivisent en quinze espèces, seïon que la racine est une lettre muette oumobilè, que l'on conserve où que Ton perde la lettre radicale, et selon Imposition des lettres*

Presque tous les verbes qui prennent Taccth satif en latin, ont le datif dans les langues sémitiques, cas que Tespagfto! a conservé dans les régimes de personne : quiero à Pabh famé à Pa*l au lieu de Paul tout court.

Ses concordances ne sont pas moins bizarres.

Tantôt c'est ua nom pluriel qoi prend te verte m singulier, ou mi participe quis'aeeorde avec te nom qui qualifie te sujet, tetqoe v&x $*ngoi^

fiant fraîris tut clamantium ad me; tantôt on substantif qui prend la place de l'adjectif superlatif : sois bénédiction au lieu de summe benedicius; tantôt des manières de parler qu'on ne saurait rendre qu'avec des caractères hébreux; tantôt le verbe pour l'adverbe : magnificat facere\MXT magnifiée facit, outre le nonmorienda moriemini pour nvllo modo moricmim qui rappelle l'arabe, et les autres langues sémitiques. Enfin , les langues slaves ont plusieurs infinitifs qui précisent l'action avec leurs temps correspondants dans le passé et le futur, tandis qu'elles n'ont pas de conditionnel.

Beaucoup d'autres langues ont pareillement multiplié le mode de leurs conjugaisons. Le lombard, le breton, le copte et d'autres langues emploient le verbe fa, ober, thre qui correspond au do des Anglais (fai ère) pour conjuguer le verbe. Les Bretons et les Cantabres ont plusieurs manières de conjuguer leur verbe, et dont une seule, celle que nous venons d'indiquer , aurait quelque point de contact dans ces deux langues ; elle consiste à affixer ce que le celte sépare et met devant l'infinitif. Eguin veut dire faire en basque, et cet.eguin peut faire un verbe d'un nom, Etztul est la toux , etztuieguin c'est tousser; il dit encore borcatu

violer, de borca violence; turindu parfumer, de lorea fleur. Il y a certainement là une forte analogie entre ce du et le do anglais qui se prononce de même ; mais ni eguin ni do ne son pas obcr ; et si la manière bretonne est commune au lombard et à l'anglais , la cantabre l'est avec toutes les langues qui affixent un son à leur infinitif; car, comme nous l'avons déjà observé, que pourrait être le re latin et le en teuton, sinon un abrégé de facere, agere, machen, lassen ou quelqu' autre mot équivalent? Au reste, le cantabre et le breton sont aussi différents qu'il est possible à deux langues de Têtre.

Pour en finir, le turc n'a qu'une conjugaison sans verbes défectueux, tandis que le grec n'en a pas une seule parfaite, et que selon Crantz, cité par Balbi , le karalite peut conjuguer un verbe de cent quatre-vingt manières différentes.

La racine du verbe que l'arabe tire de la troisième personne du passé, le hongrois et le lapon la tirent de la troisième du présent, le latin de la seconde de l'impératif, et le breton de ces deux personnes :

Lapon : Lem, lek, le.

Sutn, es , est.

Latin : Facio , facis, facere, fac

HT

Breton : Karan, karez, kèr, kar. Amo> amas, amat, ama*

D'autres le tirent de l'infinitif, et quelquesuns n'en ont point de fixe.

Nous n'entrerons pas dans déplus grands détails sur la différence de structure entre les diverses langues, parmi lesquelles quelquesunes fonf accorder l'adjectif avec le substantif, et d'autres, comme le chinois, le cantabre, l'anglais, le lapon et le tamoul, s'en abstiennent (1) ; quelques-unes ont des pronoms personnels et d'autres en manquent ; une partie s'y prend d'une manière , et l'autre d'une toute différente , pour faire des mots et les caser dans les phrases. Nous passerons donc à l'examen de ces mots qui, d'après M. Klapproth, sont le moyen le plus sûr pour connaître l'affinité des langues. C'est ce queM. Rémusat a laissé dans le doute, et que nous ne déciderons pas.

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