DES MOTS
Nous avons déjà vu que ces mots sont composés avec plus de voyelles dans une langue et
(1) L'arabe met l'adjectif au féminin singulier pou* le faire accorder avec le masculin pluriel.
plus de consonnes dans l'antre ; monosyllabes dans celle-ci, polysyllabes dans celle-là; formés d'après des lois différentes, et placés dans les phrases d'après des syntaxes diverses , nous allons démontrer que ces mots , comme l'expression des choses et des idées , des mouvements et des manières d'être, n'ont point cette analogie orthographique et phonique que prétendent avoir trouvé les partisans de la langue primitive dans les acceptions identiques.
SI* t n preore.
Entrons dans l'intérieur de la famille , et commençons par les mots de parenté. Nous avons expliqué ailleurs les causes physique»
qui empochent l'enfant d'employer d'autre»
lettres que des labiales ou des linguales pour appeler son père et sa mère ; nous ne confondrons donc pas une cause physique avec une cause linguistique ; mais laissons là cette règle qui a ses grandes exceptions (1), et nous verrons
(1) Voyez ces noms dans I«* langues de l'Asie, de l'Afrique, de l'Amérique et de l'Océinie, dont Balbt donne le tablesa i jn optique dans son Allée ethnographique.
comme tous les antres noms changeât. Le turc n'a pas de mot pottr dire sœur, il est obligé de (fire frère-femelle; te hongrois n'a pas le mot frère qui exprime, soit l'aîné, soit le cadet, et est tan/a et otte en hongrois ; nous n'avons pas de mots collectifs pour Are à la fois frères et sœurs, qui est le geshwister allemand; le êedskende danois, qui veut dire frère et sœur, s'emploie aussi pour fils et fille en Norwège, dras le sens de progéniture. Les Italiens disent, comme les Latins, proie aux enfants des deux sexes pris collectivement, et gemtori au père et à la mère. L'anglais, les langues germaniques , les Scandinaves, etc., ont ma mot pour fille par rapport aux parents, c'est le mot dagther, d'origine grecques, et puis Wtautre mot,Madchen, girl 9 pour fille, pueUa.Ce tprl est le féminin du Kerl allemand, qui est le garçon de la langue française actuelle et semble l'ancien gars qu'on prononce gar dans plus d'un patois du Nord. Le bochelor (garçon) anglais a son féminin dans la bacele, lorrain, qui signifie fille. Le mot caca signifie en malais la sœur ou le frère aîné. Le cantabre, au contraire, a deux mots pour exprimer sœur: arrebn quand c'est le frère qui l'appelle, et aizpa quand c'est la poeur. Le turc a un mot
particulier pour désigner la femme du frère du mari, elti. Dans le hongrois et le lapon , les noms de parenté augmentent leur richesse.
En lapon , les oncles du côté, du père, et les tantes du côté de la mère, ont deux noms, selon qu'ils sont plus jeunes ou plus vieux que le père et la mère ; à quoi Sajnovics ajoute : Aliter prolem fratris seniori*, aliter junioris appe liant. Le grec a aussi beaucoup de ces mots qui manquent à d'autre* langues européennes; mais c'est au fond de l'Asie et en Amérique qu'il faut les aller chercher. »
Le timuacana surtout les a par centaines , avec des variantes à ne jamais en finir ; nonseulement le père du gendre et de la bru , ses frères , ses oncles et tous les parents de ces parents, jusqu'à une très-grande distance, ont leurs noms particuliers; mais le père qui, vivant s'appelle itina, mort s'appelle silei-nona; la mère, ysa de son vivant, et ibinema lorsqu'elle est défunte. Ces parents ont encore un nom s'ils ont des enfants, et un autre s'ils n'en ont point ou les perdent. Les enfants eux-mêmes appellent itora (grand-père) leur propre père et leur oncle s'ils perdent leur mère; et si c'est la mère qui devient veuve, ils l'appellent nibira ou aicula; le survivant des parents appelle pi-
ticua les orphelins, et ceux-ci cessent de s'appeler du nom de frère et s'appellent hiosa. Le père ne se sert pas du même nom que la mère pour s'adresser à ses enfants : le père les appelle kiena et la mère ulena; le nom de frère et de sœur change aussi , comme en tartare , selon Fâge de celui qui adresse la parole, et chacun d'eux a son nom particulier qui est le même dans toutes les familles, comme chez nous l'aîné , le puîné , le cadet ; mais sur une plus grande échelle. Il en est à peu près de même pour les cousins. Enfin, j'ai compté cent trentedeux noms d'homme lorsqu'il s'adresse à ses parents des deux sexes; plus de soixante de la femme, sans les épicènes, et plus de quarante collectifs comme les fils des deux frères^ la mère et la fille , etc. La langue aimara a quatorze .noms caractéristiques pour désigner les différents âges dès deux sexes. Le premier, kua-hua, répond à nouveau-né; et ce mot, évidemment onomatopéen, loin d'amener aux opinions de M. Eichoff , incline vers celles de M. Charles Nodier qui a établi dans sa Linguistique que : « L'homme a fait sa parole par imitation. » Nous avons vu dans la première partie que le nom d'homme n'est pas moins varié.
Le slavon appelle l'homme zlonerz, l'allemand
mnn, le caotabre guhona, le grec aner ou an~ Aropos, l'hébreu adam, le Scandinave karL Le dm breton est te hic et toc /lotoo du latin, mot que M Eiehoff dérive du mot ùhâ (naître), tandis qu'il fait dériver bœuf de gâ (créer) , deux mots de la langue sanscrite qui , pour ce savant, serait, comme nous l'avons déjà dit, la langue type et mère de toutes les langues du monde. Nous ne voyons cependant pas «pelle analogie U peut y avoir entre les noms d'homme que nous venons de désigner et le mot Ma; pas plus qu'entre ce motet orang ou hatH qui sont encore le nom de l'homme «a malais et en géorgien , langues qui , comme le grec, ont plus d'un synonyme de ce nom.
Ces hommes ou ces familles ont dû avoir une habitation ; il est facile de prouver par la linguistique que le nom de maison est aussi divers que tous les autres mots.
L'analogie frappante que f ai trouvée entre les noms d'habitation et ceux :
De hauteur, de terre, dé vallée, de nation, d'eau, de bois ou d'arbres, de caverne etdeson entrée, de forteresse, d'animal, de singe, d'homme, de femme, de chef, de famille, de réunion, d'enfant, de scélérat, de bercail, d'auberge, d'hôtel, de barque et de charriot.
dans Tune ou l'autre langue , nous ont fait considérer cette matière comme assez rritét rë&ante pour consacrer nos études à un Essai léeial sûr ta première habitation des hommes, nous espérons publier bientôt les reliais. Nous nous bornerons donc à faire ici telques observations sur un petit riottbre de îs noms de maison.
Can en catalan ; cânalhia veut dire enfant |ctens la même langue.
Mas en limousin, de mansio oU de masure, lesnagè (provençal), ménage (français).
Dounos etdomosy grée.
Haus (germanique) , huis Hollandais. Uscio Ivetit dire entrée de la maison en italien.
But, cabane en hollandais, gardé des troupeaux en allemand. Je ferai remarquer que chez les peuples bergers, on se sert souvent d'une petite hutte portative où se place, la nuit et durant le mauvais temps, le pâtre qui garde troupeau. J'ai vu en Cerdâgne de ces huttes le berger pouvait tout juste se coucher de soft long. Ce hut n'est évidemment Ipi'uù ivert, et ce mot est aussi semblable au rtibt îhapeaudans toutes les langues' du NWd, lé mot chaf étrH-efet à celui de cabane.
r Les Italiens dislent capctlo et capànna, kàt
12fr
en anglais et hut en allemand signifient le chapeau.
Âlb*rgo. bercail, auberge; meson en espagnol signifie anssi auberge, de berger et de bcrg.
Ostello hôtel, ostal en provençal. Ce mot est à ost (fromage en danois) ce que le casa et Causale italien est au caseus latin.
Tous les mots qui servent à désigner une maison publique semblent avoir servi d'abord à nommer une habitation quelconque : hôtel, stathmos, taberna, caupona (de cabane), meson herberg. Pour une maison, on dit parfois un chez soi; ce chez ne serait-il pas encore le casa?
Le préfixe du mot intrare ou mieux la préposition in, qui est si générale dans les langues de l'Europe, je crois la reconnaître dans l'aflue du cabin anglais, et peut-être dans notre cabane, benne , sentine, cantine y cuisine , saline. Ce monosyllabe aurait-il jamais signifié habitation? N'en doutons pas. Inn signifie auberge en anglais; houne, maison en finnois; etjanua, porte en latin.
Cç dernier mot a besoin de quelque explication.
Aujourd'hui encore, en Espagne et ailleurs, il y a des villages accolés à des montagnes, dont la plupart des maisons sont creusées dans le
sein de la terre ou du rocher; cela a dû arriver nécessairement chez les premiers hommes qui habitaient des cavernes faute de savoir se construire des maisons. L'histoire nous le dit, et la linguistique nous le démontre. Dès-lors, le mot ouverture, porte, u$cio,janua, a pu être synonyme de hauSj inn f maison. La montagne, qui est à proprement dire la maison , l'habitation, n'appartenant pas tout entière au même individu, celui-ci ne pouvait dire ma montagne; encore moins ma maison, car il ignorait peutêtre qu'il en existait; il n'a pu dire que ma porte, mon entrée. Baraque a aussi signifié ha-» bitation; et barque, qui est encore l'habitation de ceux qui vivent sur l'eau , semble être à baraque ce que le cabin anglais est à cabane, ou notre chaloupe au chalupa slave qui veut encore dire cabane.
Les Ecossais appellent benn l'intérieur de leurs maisons. En Piémont, dans la ville de Bene, près de Mondovi, benna signifie une cabane.
Benne était encore une hutte de pêcheurs chez les Gaulois, et un chariot.
Le benar avait quatre roues; le beneau semble avoir été plus petit.
Nous savons que les Celtes connaissaient les
œufs dans la Zone froide; le maïs, le blésarrasin , la châtaigne et la pomme de terre chez nous; et enfin, la chair des animaux chez tous les peuples du globe (1).
(1) On sait que sur les marchés de la Chine on rend des petits chiens et des rats pour les manger.
Ainsi que les Chinois, les Tar tares orientaux engraissent des chiens à cet effet.
Des corbeaux, on en mange partout. Des lézards et des chats, les soldats et les gitanos ou bohémiens s'en régalent en Espagne quand ils peovent.
Les nègres de Surinam mangent la chair du sapopipa, gros crapeau.
Les Birmans et les habitants du royaume d'Assan mangent les serpents, comme plusieurs peuples ophiophages de l'Afrique. Pomponius Mêla dit que les Troglodites s'en nourrissaient.
Sur la côte de Berbarie , il y a une espèce de chat dont mangent tous les indigènes.
Les Tartares, les habitants de YAn-Nam, du lonquin $ de la Cochinchine, de Camboya, de Lao et do Bin-Tuan, ont des boucheries publiques de chair de chevaux; les Tartares les engraissent quand ils sont rieux, et rendent leur chair au prix de la vache et du mouton, selon M* Beauplan. On mange les chaavesooris i Madagascar et aux Philippines.
Les femmes des indigènes américains mangeaient
Mais plus le pain est de récente date, et plus le nom qu'on lui donne est ici important, puisqu'il a eu moins de temps pour s'altérer. Voici ce nom en une quinzaine de langues :
Oguia, cantabre; lechem, hébreux; artos, grec; ktmeyr, hongrois; brodt, allemand; eimek, turc; chlieb, slave; bara, celte; teibe, lapon; rotay, afgan ; péri, copte ; hlaf, saxon ancien ; callest, égyptien ancien; bek, ancien phrygien; xobz , arabe ; mi-bank, anamitique.
Si nous exceptons le lapon, qui pourrait l'avoir pris des Slaves, nous ne voyons vraiment pas de rapports entre ces mots. Mais ce n'est pas tout : le persan a plusieurs synonymes du mot pain; outre lekkub, évidemment arabe, ou vice versa , il a nan,jurzum , weeri, jaubur et
des vers d'an pouce de longueur, cuits ou frits : « Para hacerse venir la lèche, «comme dît le savant Oloa. Le baron de Humbpldt a tu leurs enfants croquer des mille-pieds tout vivants. Les Grecs mangeaient le cossus (curculio palmarumj et le considéraient comme uo mets délicat. Sur le marché d'Athènes, on vendait aussi des cigales et des sauterelles; enfin, à Siam et en Afrique, on mange de plusieurs espèces de chenilles et de vers de marais , comme nous mangeons les vers du fromage et les- huîtres ; tous vivants.
jnfinaukh; ce dernier est Yekkrip\os des Grecs, \epanU focarius des Latins, dont on trouve aussi l'analogie dans l'hébreu.
On pourrait peut être djre que la languemère était formée avant qu'on sût faire du pain; qiais le mot pain ne signifie pas un morceau de pète cuite au four, du moins dans aucune langue <jue je connaisse ; il signifie l'aliment essentiel.
l'eau et le feu.
Quel que soit l'état de barbarie de l'homme sauvage , il connaîtra sang doute l'eau qui rafraîchit, désaltère et nettoie, et le fe? qui l'échauffé en tout temps et l'éclairé; ce feu qui épouvante les bêtes féroces, rend doux les fruits les plus acides et les racines les plus Acres, sert à creuser la pirogue et à endurcir la pointe de la flèche. Voyons donc s'il y aura dans les diverses langues parlées du globe identité de nom pour ces deux objets si communs, si utiles à la fois et si redoutables.
Dans ses Principes de l'Etude comparative des Langues, le baron de Mérian supppse, wmxnç ftf . Eiçfeoff, qu'il n'y a eu dans l'origine qu'une seule langue, et que toutes ces bogues si di-
lai
verses ne sont en réalité que des dialectes de la langue primitive.
« La ferme des mots varie, difcil, leur essence ne varie jaqaais. *
Nous serions bien curieux de savoir ee que M. de M érian entendait par l'essence des mots séparéç de leur forme. Si an lieu de bouche j'écris bêche, si au lieu de fruit je dis /# (M, si en changeant la forme de blanc je fais blsu, quelle essenc* reste»t*-il aux mots? N'est-ce pas, au contraire, la bonne orthographe et la bonne prononciation d'un mot qui en constituent l'essence et nous empêchent de le confondre avec 4ç signe d'une autre idée , d'un acte divers , d'une entité différente?
Voici une douzaine de noms de l'eau et du feu , extraits des vocabulaires de ce savant :
Eau, feu
Sanscrit
va,
Sibérie.
Looie
tu
samoyède.
Algonkin
**pi>
natip
tanna.
Latin
aqua,
ekka
nouba.
Péruvien
yaka,
n^go
tsingane.
Madura java
aîtt g,
Ignis
latin.
Angola
massa
,ma$se
cbfHouk.
Tare
sou,
son
basejue.
Kurd
apa,
api
malais.
Japonnais mitsou, mitsa caucase
Basque our, our afgan.
Malabar et sanscrit mr, nar arabe.
Nous croyons qu'un pareil rapprochement n'a pas besoin de commentaire.
Vraiment, il faut être bien enthousiasmé, bien entraîné par l'esprit de système , pour ne pas voir l'inutilité de tant de recherches , de tant de travail. Comment! vous voyez que les mots qui indiquent ces deux éléments opposés ont plus d'affinité entr'eux que les différents noms du même élément, et vous persistez à chercher dans l'analogie des mots les preuves d'une langue primitive ? ( Prin. de l'ét. comp. des langues. Depuis la p. 43 jusqu'à la 56.)
*• preuve.
Après avoir divisé l'alphabet en huit séries, M. de Mérian fait voir l'affinité qui existe entre Tune et l'autre , ce que Court de Gebelio avait fait aussi, et M. Bullet surtout qui a prouvé dans ses Mémoires sur les Celtes qu'il n'y a pas de voyelles ni de consonnes qui ne se soient quelquefois changées en une autre lettre. Persuadé de cette vérité et à la portée de toutes ses conséquences :
« Qu'on jette les yeux sur le Vocabulaire* hogiologique de l'abbé Ghastelain, imprimé en tête du Dictionnaire de Ménage, dit 'le marquis de Fortia, et Ton se convaincra , par tes prodigieux changements qu'ont subi les noms des Saints, depuis un petit nombre de siècles, qu'il n'y aaueuneétymologie, quelque bizarre qu'elle paraisse , qu'on ne puisse justifier par des exemples avérés. »
Dès-lors, que ne peut-on pas soutenir? Mais vraiment! les voyelles a et .e, qui veulent dire terre , la première en langue loule et l'autre en guarani, auront-elles la même étymologie que tobrak turc, boumi malais, ialaw islandais, earth anglais, sourou darfpur, houokh arménien, mezœ hongrois, ourrake ai mare, toukhoukahomagoua , zemlia slave , tclionechti kora, turra basque, ëttfount/ratoungouse, mots qui tous signifiât aussi terre dans chacune de ces langues?
La voyelle o, qui veut dire mère en tembu, sera-t-elle identique avec ighroof, pakkabel et groupnitshïmat, qui signifient mère dans les langues ertana de l'Atlas, mangreqne des mandingos et la kamtshatkadale propre?
La voyelle u, qui veut dire lune en malabar et eau en jaconte, aura-t-elle enfanté ou seratelle dérivée de mauakar (lune) en kora, vour--
ruku (lune) en tiggry, gattgken (lune) en koriaika, tcbandra (lune) en sanscrit, yankhou (lune) en sibérien , charouppa (Inné) en domvgola, et totrig en sauake?
Et les noms de Y eau ? nous en avons vu quelques-uns dans le rapprochement de ses noms avec ceux du feu; mais il ne serait pas difficile d'en Caire une liste alphabétique tels que «a,
ab, ac, be, co, du, eau, fofi, ag> «J, ma, nom, m, pçh, aqua, ree, su, ti, u f vy, walçr, zari, mots qui tous veulent dire eau en danois , persan, celte, samoyèdç, chilien, gallois, français, sérère (Afrique), hindoustani, jenissey, arabe, littéral, siamois, en langue bima , kamtshatkadale, latine, tenasserime, turque, malabar e, jaoonte, tonga, anglaise, et lazienne? Ces noms ont-ils donc tous la même origine?
Mais voici la voyelle î; elfe est l'aftjple masculin singulier daus un des patois de la Lorraine, et celui du pluriel dans la langue italienne.
La lettre l est le pronom de la première personne singulière en anglais, et le son de i (he) celui de la troisième; le son français (y), qui veut dire unité et perfection en chinois, volonté , et intention en aqnanùtique , adverbe quand nous disons : « II y est , » et relatif quand nous disons : « l'y crois » ; les
Allemands le traduisent de dix-sept manières différentes (1). Cet K que les Toungouaes et les Tibétains ne connaissent pas, est préposition en Scandinave , pronom démonstratif en latin (ht) et verbe (i) où il est tout à la fois le radica! du verhe, le signe de la voix , du mode, du temps , de la personne et du nombre. C'est de Veau chez les Guaranis , las Tupis , tes Sa~ moy&tes (i) , et tes Amsterdaroois (y) ; c'est le pronom vou$ en danois et suédois, et un adjectif {Mummer , l'été prochain). Cet y, qui est conjonction en espagnol, interjection en allemand; enfin, cet i, qui esUwieenturc, bouche en osage, dent en colombien, et, en un mot, substantif et adjectif, cas direct et indirect, singulier et pluriel , première , seconde et troisième personne, article, nom, pronom, verbe, adverbe, conjonction, préposition et interjection, sera donc la clé et le type de toutes les langues, du monde ; car c'est sans doute pour cela qpe Yy signifie unité et perfection en chinois. Qu'il serait facile de bâtir là-dessus un beau système! Mais malheureusement l'y
l( i l'H li' H i ■ t . ■ « I ■ P | i ! t ,i I I ■■ » ■- ' ■
(1) Da, dabei, daran, daranf, dabi«4er , dan» , darutfer, dazu, daawisbeo, hin, dafai/o, biaaaf, hinanter, hiatçs, bjoeiii, biûiiber,hiDdarcb.
chinois, qui veut dire perfection ci unité, n*e&t qu'une abréviation récente du i/c, comme H latin Test de Yito, et les deux t Scandinaves, l'un de Tin et l'autre du yi; tandis que Y y tout seul signifie des choses toutes différentes dans la langue du céleste Empire. Enfin, cet y a le son d'uot en anglais, 'd'u en suédois et de yi en italien , tandis que le simple î est prononcé aï et le son de Yi est rendu pare ou ee en anglais; sons divers qui demanderaient à être indiqués par des caractères divers dans l'alphabet général du langage. Avant de penser à exhumer la chimère, il aurait peut-être mieux valu s'assurer si elle a jamais été enterrée, si elle a jamais existé.