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LES MOTS CELTES ET GALLI SONT IDENTIQUES

Malgré la différence de mœurs , de langues et peut-être même de races, les Celtes devaient avoir un caractère commun ; et c'est ce que nous démontrerons après quelques observa*

tions sur l'identité des mots Keltœ, Galato't, et Galloi ou Galli.

II n'y a pas longtemps qu'un savant a prouvé l'identité des noms Egyptien et Ethiopien donnés par les Grecs aux Africains du Nil (1).

Eh bien ! MM. Leibnitz et Bullet ont cru que Keltœ, Galatoi et Galli ou Gaulois étaient des mots identiques. M. Amédé Thierry convient lui-même que les Latins appelaient Galli ceux que les Giecs appelaient Galates, ce qui est d'ailleurs hors de tout doute ; et César nous le prouve par ces mots : « Qui ipsorum linguâ Celtœ, etnostrâ Gatliappellantur.v Les Gaulois qui s'établirent dans F Asie-Mineure y reçurent le nom grec de Ga lates ; et lorsque leurs prêtres portèrent le culte d'Arta ou Cybèle de Pessi-

(1) lit désignaient» comme on sait, la couleur noire de leur peau , et tel devait être le teint de ces deux peuples, avant que le sang des Perses , des Grecs et des Arabes vint éclaircir celui des Egyptiens. Le teint de ces derniers devait même être beaucoup moins foncé que celoi du peuple dont ils se croyaient originaires; car, en suivant les terrassement et l'embouchure du fleure, ils s'éloignaient tous les jours davantage de la zone qnl noircit.

nonte à Rome , ils reprirent encore le nom de

Galli.

En prouvant l'identité linguistique de ces trois mots , nous tâcherons d'expliquer comment a dû s'effectuer ce changement.

Volney et Déni Aa ont observé que l'a deve*naît e en passant de l'Orient en Occident, et nous trouvons en effet que de Yàgam sanscrit et de Yaco malais , les Grecs et les Latins flrent ego, le je français. Du andara sanscrit, l'Italien a encore fait andare; et de mada, sarpa (le sarapfc hébreux), dafida, juva,nama^ sapia, swat, vpa, varra, wastra, les Européens ont fait mère, serpent, dent, juvènis (latin), noipbre, sept, sweet (doux en anglais), uper (grec), verres (latin) , veste (italien). Du Daleth chaldéen, les Hébreux ont fait Doleth et les Grecs Delta; du kai grec et du gamma, nous avons fait que (latin) et gamme (terme de musique) ; nous avons fait â'amaré aimer , d' amas, amat,amabat, aimes, aime , aimait , changement qui s'est opéré sur les flexions de tous les verbes de cette conjugaison, et dans une foule de mots comme pater, mater, clarus, foetus, clavis , granus, fnmis, tractatus, sal, carus, etc.

En plusieurs pays de province , on dit moè, poids, foèsy pour moi, poids, fois.

M. le marquis Fortia d'Urban, dans ses Considération* sur l'orthographe française, a fait voir que jadis on confondait ces deux sons, et on à dit roine pour reine.

Corneille, Molière et Boileau ont fait rimer tonnoit avec fois et mot; iisoit avec exploit, et reconnoisse avec paroisse (substantif) , tandis que d'un autre côté , le bénédictin Castel intitulait an de ses ouvrages publié vers le XVI siècle, Miroer des pécheurs et pécheresses; et que Molière faisait rimer, dans son Tartuffe, adroite avec secrète.

Il en arrive à peu près de même dans quelques provinces de l'Espagne. Les Catalans disent sucra pour sucre, et les Valencianos sede pour seda (soie).

. Quant aux Anglais, on sait qu'ils prononcent Fa plus serré encore que les Suédois, et absolument comme e; dans les langues du Nil, l'éthiopien et le copte , l'une de ces lettres a encore le son de l'autre.

Nous savons que c'est des Eoliens que le latin a reçu le nombre prodigieux de mots grecs qui enrichissent cette langue. Mais les Eoliens étaient orientaux par rapport aux Grecs

de l'Europe, et voilà pourquoi plusieurs mots d'origine grecque, qui, comme Rome, Hêcube, se terminent en a en latin, se terminent en è en grec. C'est surtout chez les Ioniens et les Poriens que l'on voit changer l'a en e et dire bote pour bora, borces pour boreas, (/a pour gh, etc.

Enfin, les Kimres ou Celtes, les Gallois et les Bretons disent indifféremment aban et eban (guerre), adar et ader (oiseau), malen et melan (fer), et les Basques ance, ence (manière), astel et estel (dévidoir). Va de Galates a donc pu se changer en e en passant de l'Orient à l'Occident.

Nous allons expliquer le changement du g enc.

Le son de ces deux lettres, devant Ye et ïi surtout, est si varié dans les langues de l'Europe, que l'étude de sa prononciation coûte presque autant que celle de toutes les autres lettres de l'alphabet. Je ne connais pas même deux langues dans lesquelles ces deux lettres se prononcent absolument de même dans toutes les circonstances.

Les langues principales de l'Amérique, le péruvien et le mexicain, ne connaissent pas le

g qui manque aussi au persan. Les Arméniens le prononcent parfois comme un /, les Grecs comme un n lorsqu'il est suivi d'un autre g ou d'un k ; les Anglais le prononcent tantôt à la manière des peuples du Nord , comme dans give (donner); tantôt à l'italienne, comme dans gin ; et tantôt il est muet , comme dans hng, ce qui arrivait aussi au g de desseing et témoing dans l'ancien français. 11 n'y a que les Portugais qui approchent de la prononciation française du g qui est en allemand d'un son guttural moins prononcé qu'en espagnol et dans les langues sémitiques. Quant au son italien de cette lettre, c'est le son ordinaire de l'anglais, du wallon et du catalan, tdg, le d stéphanoîs.

Les Scythes, et les Irlandais, au contraire, n'ont pas de <\ que les Chinois, les Teutons, les Grecs et les Latins prononçaient toujours comme k, même devant l'e et l't.

En Italien , il a le son du eh anglais et castillan; dtch. Ce serait les Lombards, selon Constantin Porphirogénètes, qui auraient introduit en Europe le son du c italien devant l'e et l'i, son qui est du reste connu aux Slaves et aux Arabes. Les Français, les Anglais et les Portugais le prononcent à peu près de même; en espagnol il a le son du ih grec et anglais, et

celai de ts en allemand, en bohémien et en slave. Parler de ses divers sons lorsqu'il est précédé de Y s ou suivi du c et de l'A, ce serait sortir de notre sujet.

Nous nous bornerons donc à dire que le c et le g devaient avoir un son identique dans l'ancienne langue du Latium: que Nœvius et Ennuis écrivaient indifféremment casii gare et gas tioare, c&jus et gajus, cneus et gnevs, camclus et gametu$. L'ancienne inscription de la colonne rostràle porte encore tantôt cartaginensc* et /eciones, tantôt legiones et cartacinenses; et en y observe le même fait dans le g de magistratus.

Le français a fait lui-même guitiare et golfe du kolpos grec et de la cithara des Latins , et nous disons également gale , aiguille , gras et dragon , de kala, acus , crassus et draco. D&tis notre alphabet, qui est le latin, nous avons changé, comme les Arméniens , en c la troisième lettre qui était un g, le gomal estrangel, le gamal chaldéen, le gim persan et arabe , le gan ibéric , le gamma grec et le ghimel hébreux.

Les Kymres disent indifféremment caru et gara (rude) , disquettes et disguibles pour disciples; ils substituent le g au c après l'article ar . et ur, disant or gador (au lieu de cador) la chaise, et ur gndor une chaise. Ils ont vu tant

d'affinité entre ces deux lettres , dit M. Bullet, qu'ils les ont mises l'une pour l'autre même d$ns l'état absolu. Ucaw, isgaw (sureau), clan, glan (bord (Je rivière), calb, galb (un homjue gTips et gras), cqn, gan (blapc), gazec, capec (jument), cauno,gaunç (tête), con, gon (rocher), ejc; changement, ajoute M. Bullet, qu'on voit dy rçeste dans te basque , le grec , l'italien, le français, le portugais, l'espagnol, et même dans le.japounais. Le g de Galates a donc pu se changer en c, 4e même que Y a s'était changé en*, ce qui fait que de Galates nous aurions àè]kKe têtes. Il ne reste plus waintenarjt qu'à expliquer la contraction d'une voyelle, et c'est ce que nous allons faire.

S*. * Nous avons parlé dans rayant-propos de la contraction des mots , et nous avons dit à cet égard que les polysyllabes tendent toujours à se monosyllabiser, et le monosyllabe p disparaître tout à-fait , surtout quand des raisons quelconques les obligent à passer d'une langue à l'autre. Bras, main, ciel, pas, fort, dit, fait, avaient beaucoup plus de lettres dans la langue latine; du tfieios grec il n'est plus resté que zio aux Italiens çt tio ,aUx espagnols; du cautis latin ceux-ci ont fait col, de mayor Jes ,PQrfti-

gais ont fait môr ; de festiv'uas les Allemands fest; de addere les Anglais add; les Suédois disent aftpour contrait, les Danois /io/ pour le vto/mo italien qui est le violon français. Les Lombards ont fait Milan de Mçdiolanum, les Turcs disent Syrb pour la Servie; les Anglais Pois pour Po- /onai* , les Russes Gi/p* pour le Gypsum des Latins , les Hollandais sim pour *imia, et plusieurs langues semblent avoir retranché Ye muet qu'on retrouve en français dans plus d'un mot, comme on peut le voir dans la note (1). Nous

(1) Jutland, paan (peine pénurie).

Allemand, Bail, band.

AngUi», iex, *ect.

Danois et Norwois *#>«**, *al (salle).

Espagnol, par (paire) , roi.

Hollandais, lamp, *<w (tonne).

Italien, gru, far (faire).

Portugais , oa* t er$r (croire).

Suédois, kramp, kart (crampe, carte).

Turc, JRttf, IfUaek (Russie, Yalachie).

Polonais et hongrois, pop (pape) .

Russe, zidr (cidre).

Le Hongrois dit encore txep , ret, du êzepe , rete scythe ou lapon (beau, prairie).

Les Bretons oo Ky rares disent can pour eana Us;ju pour juvenis, mon pour mon* ou mont, et encore can pour eandidus ou canut.

ayons relevé , et nous confirmons ici cette loi générale, que les mots s'usent , et que les effets de cette loi sont plus sensibles encore dans les langues abandonnées à elles-mêmes , comme les patois.

Pa 9 vi, ma, foc, sang, nas, ull, dit, cotl , cap, cet, jAt, sont en catalan tout ce qui est resté des mots latins panis % vinum, manus, focus (ignis), sanguis, nasus, oculus, digitus, collum, caput, cœlum, pectus, etc.

Revenant aux mots Gâtâtes et Cettes, nous disons donc que si Fa a pu se changer en e, si le g a pu devenir c, la lettre a a pu aussi se contracter ; si en un mot de Gratianopolis, on a pu faire Grenoble, de aquasextia Aix, de sensibilis sensible, de etigcre electus, de diligere dilectus, et de colère culte, on a pu faire aussi de Keletes Keltes ou Celtes , selon la prononciation d'aujourd'hui. Ceci est d'autant plus vraisemblable, que le breton lui-même, une des langues de la Celtique , faisait de ces contractions comme le gaulois. M, Bullet, que nous avons déjà cité, dans la page 31 du premier volume de ses Mémoires sur la langue celtique , dit qu'on disait indifféremment jau et ju, garw et garaw, ciliad et cilyd.

Or, Galii senofUe être à Galutia ce que mger e&hnigritiaii).

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