‹ Essai sur le nom et la langue des anciennes CeltesChapitre 9 sur 27 · M^KM · texte numérisé non relu

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étaient arborés à la citadelle : l'un bleu, autour duquel se réunissaient les cavaliers; l'autre rouge, qui servait de ralliement aux fantassins.

Parmi les musulmans de l'Afrique, le turban vert est la distinction du noble, ainsi que la couleur pourpre était celle des rois chez les anciens/ et le jaune en Chine.

Les années des Mongols et d'autres peuples de l'Asie orientale, sont indiquées par le nom d'un animal de telle ou telle couleur, et ils disent : l'année du tigre jaune, du lièvre jaunâtre, duratverf, etc. L'année où Thaidson fut élevé à la dignité de Tchinghis-Khan (nom générique que nous prenons encore pour individuel) était celle du tigre rouge (3 mo du cycle 415 chinois). Ce terrible conquérant, qui avait l'étendard blanc et noir, et venait du Khoukhounoor ou lac bleu dont il était originaire, voulant récompenser la loyauté du peuple Bida, le fit appeler Kœkœ mongol ou Mongol bleu.

Les Tartares ont des bannières jaunes, blanches, bl ws et rougei , comme nous; et il est si commun en politique d'adopter une couleur, que, même chez nous, pour demander quelles sont les opinions d'un député ou d'un journal , on dit tout simplement : Quel >'e est sa couleur î

Histoire aatnvelle et urèdcttlne* Les

pierres, les arbres, les métaux , les liqueurs, les aliments et jusqu'aux maladies , ont été désignés par des couleurs. La galactite était une pierre blanche chez les Grecs. Les Espagnols appellent alamo blanc o notre peuplier; les Afghans disent or blanc pourl'argent; notre ?in rouge est le vin noir des Italiens; pain blanc, pain bis , pain noir , thé vert , manjar blanco, sauce blanche, fièvre jaune, le vomito negro, la rougeole, la fièvre scarlatine, la leucorrhée, etc., sont des noms trop connus pour nous y arrêter. Nous disons nous-mêmes ferblanc, cuivre jaune, noir de fumée, bière blanche, ainsi que les Allemands disent blancheétoffe pour le linge, blanc-poisson pour l'ablette, et blanche-ppine pour noire aubépine, qui signifie la même chose.

La |ote et la trtstesse. Les Chinois et les sauvages de l'Amérique boréale se servent de la couleur blanche pour exprimer le deuil , les Turcs du bleu et du violet, nous du noir, les Egyptiens employaient le jaune, et les Ethiopiens le gris. La couleur du feu et de l'aurore a été employée partout pour désigner el alborozo y el consuelo, deux mots espagnols qui rappellent aussi bien l'effet de l'anbo et

la présence du soleil que le soiaiium des Latins. On sait qu'il y a un langage des fleurs, que M œe Montesquiou dit être très en usage en Turquie, parmi le beau sexe; et une dame de beaucoup d'esprit a fait le charmant ouvrage qu'on connaît en France sous ce titre.

«èograpnle et topographie* WhiU- Chapet (chapelle blanche) , c'est un quartier de Londres.

La Croix- Rousse est un faubourg de Lyon.

Paris a ses rues bleue, blanche, ertc.

Gêoes a sa piazxa d'aqua verde.

frime-Hall était jadis le Louvre de Londres, et fïlùic-Housc est la chambre du parlement des Etats-Unis de l'Amérique.

Montagnes. Le Mont-Blanc est le Dawalaghiri des Hindous; le Swartzenberg des Allemands est le Montenfgro de plusieurs contrées.

On dirait que les Américains ont épuisé toutes les nuances du spectre solaire pour nommer leurs montagnes , et ils n'ont pas oublié the bine moun tains.

lie». C'est dans les Cymées (bleues) de la mer Noire qu' Aristote place le Scylla et le Caribde qu'on a supposé pins tard dans le détroit de Messine. L'île d'Albion, de Rhode, les fies du Cap-vert, le Groëtand (terre verte), sont au

nombre des îles nommées par les couleurs .

Rivière*, Celle de Xanthe était dans la Troade, de Xantbos [blond, jaune et roux)* l'Amur du fond de l'Asie est appelé le fleuve du dragon noir par les Chinois.

Outre leur Bahia negra, les Brésiliens ont le rio negro, negrinho, trois riospardos, le rio vermetho, le vert et le blanc. Ce dernier est le Pèïho des Chinois, le Bakr-el-Abiad des Arabes, le Ak-Sou des Tatars, et le nom que le Tibre, ayant la fondation de Rome, tenait de la première rivale de cette ville (Alba). Quant aux rivières noires , les Américains ont leur Blakriver, les Russes leur Tchernavreka, et les Italiens leur Nera , si ce nom n'est pas plus ancien qu'on ne pense.

Enfin, les Chinois ont leur Kiang ou fleuve bleu, et le Hoang-Ho ou fleuve jaune.

liera. Les Turcs appellent Ak-Deniz ou mer blanche notre Méditerranée, circonstance dont je prie, en passant, le lecteur de prendre note, et qui sert à démontrer , ainsi que le nom d'empereur des blancs que les Asiatiques donnent au czar , l'accord presqu unanime de toute l'Asie à admettre des blancs dans les régions occidentales.

Les Chinois ont encore leur mer jaunef les

anciens, comme on sait, appelaient mers Entrées ou rouges les golfes Arabique et Persique ; nous appelons mer Blanche celle d'Arkangel, et Noire le Pont-Euxin.

trilles* Bielgorod, Alba, Argos, Leixca, Ltucopot, Castelbranco, ffeissembourg t signifient à peu près la même chose en russe, latin, grec, portugais et allemand ; Melanetes, Kara- Bagh (jardin noir en turc), Rothweil, Greenwich et cent autres terres, villes et villages, portent des noms de couleurs. Ce n'est donc pas un rêve; les couleurs ont servi à tout caractériser. Un jour, je fus invité à dîner chez le commandant d'armes de Roda (près de Wich en Espagne). Au dessert, on fit boire une goutte d'eau-de-via à son dernier fils qui avait deux ans. Es nègre (elle est noire), s'écria-t-il. Il voulait sans doute dire désagréable, et il chercha la couleur de la nuit, de l'obscurité, que les nourrices représentent comme si terrible aux enfants. Cela m'expliqua pourquoi noir veut dire triste et cruel en plus d'une langue, et me servit aussi à comprendre l'étymologie de Yaianos grec, et du Khara ouïgour (noir) si semblable au Khar qui veut pourtant dire neige dans la même langue, car la neige dans le Nord et nègre. Exprimer les qualités

des choses par des couleurs est donc dans la nature elle-même et dans la logique. Pour dire violet, café, paille, olive , orange, roseus, l<ic— teus, niveus, cinereus, celesiïs, il suffit de donner à l'objet les formes de l'adjectif, tandis que pour désigner ces objets avec d'autres^carac— tères, il faut les voir de près, les tâter, et avoir assez de notions géométriques pour savoir ce que c'est qu'un prisme, un cube, un cône, un polyèdre, etc.

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