CHAPITRE IV
mairiens, c’est la désinence amîia, gntchtôhhamha. Mh est, en prâkrit comme en pâli, dérivé de sm; niais on chercherait vainement en samskrit une première personne plurielle du présent terminée en asma. Il faut donc dériver cette désinenced’une autre source..S>naA est la première personne plurielle du présent du verbe substantif, qui devient, en prâkrit comme en pâli, mha, et se joint souvent aux participes pour former des tems composés, comme gadamha pour gatdh smah, nous sommes partis. Cette forme, qui se rencontre fréquemment et qui dans cet état paraît simple et non composée, a été à tort introduite au nombre des tems primitifs, qui ont une autre forme plus régulière. Ainsi dans gatchtchkamha nous avons le radical galchtchh , la caractéristique de la première classe a, et la première personneduverbesubstantif, jointe irrégulièrement au thème, et servant de désinence pour la première personne du présent.
Ce n’est pas ici le lieu d’examiner plus longuement ces sortes de. formes. Le pâli, n’olfrant sans doute que peu d'exemples de pareilles irrégularités, ne donnerait pas lieu à l’application des règles que nous pourrions en déduire. 11 est cependant curieux de voir que les formes pràkrites les plus irrégulières se trouvent, grâce h une analyse exacte, dériver d’élémens existans en samskrit, ■nais combinés d’une autre manière. De plus, tout de même que le pâli , eu s’éloignant moins du samskrit que lepràkrit, donne les moyens de rattacher à leur origine quelques formes irrégulières de ce dialecte, de même le pràkrit sert , dans beaucoup de cas, à retrouver l’origine
l8a ESSAI SUR LE PALI,
de certaines particularités des dialectes modernes, difficiles à expliquer.
Quant à l’aoriste pâli, nous n’en avons pas trouvé de trace dans le pràkrit.
Nous avons dit que la caractéristique des différentes classes des verbes s’était conservée en pràkrit comme en pâli , mais toutefois modifiée suivant le génie de ces deux dialectes. Quelques exemples suffiront.
S. djdnâti P. djnâti Pr. djdiuldi, il connaît.
pjitchtchhati poutihtrhhuti poutchtchliadi , il in-
terroge.
vishati visati vissadi , il entre.
gatchlchhàmah gatchtchhdma gatchtchhamhu , noos
allons.
Quelquefois le samskrit est altéré sans aucune raison apparente: ainsi sounddou'pom slirinotou, qu’il écoute, où le pâli soundtou se rapproche plusdu pràkrit. D’autres fois le pâli est plus correct, karoina pour kammah , au lieu du pràkrit karemlia, nous faisons. Les contractions de la racine bhoû, être, offrent dans les deux dialectes une coïncidence remarquable. Ainsi, S. bhavatou , P. hotou, Pr. hodoUj qu’il soit; S. bhavati , P. hoti, Pr. hodij il est. Le b du radical disparait de même quand il est précédé d’une préposition. Ainsi S. anoubliavatou , P. anouhotou , Pr . ajiouhodou , qu’il s’aperçoive.
Les verbes de la dixième classe subissent, en pràkrit comme en pâli, la même contraction de ay en e , avec cette différence que le pràkrit l’étend aux personnes où ay est suivi d’un ci long et où le pâli a conservé la forme