CHAPITRE IV. lS
samskrite. Donnons pour exemple les terminaisons du présent :
S. ayâmi P. uyâmi Pr. emi.
ayasi esi esi.
ayati eli edi\
Le passif a, en pràk rit, deux formes, de'rivées toutes deux du samskrit, mais par des voies différentes. La . première consiste, comme en pâli, dans l’assimilation de la semivoyelle y à la consonne précédente. Ainsi le samskrit youdjyate , il médite, devient le prâkrit djoudjdjati , tout comme vidyate fait le pâli vidjdjati \ il est connu. La seconde consiste à résoudre le y samskrit en ia, toujours avec la terminaison active. Ainsi liri , saisir, fait hariadi, hariadou; k ri , faire, kariadi. On trouve quelques verbes avec les deux formes , gammadi et gatchtchhiadi pour garnyate. Remarquons que la seconde forme du passif n’est pas dérivée de la racine samskrite, mais du thème de l’indicatif présent actif. Les grammairiens traitent d’un troisième passif en idjdjadi, ainsi de sah, supporter, sahiadi et sahidjdjadi et en supprimant le d, sahiaîj sahidjdjaî.
Le participe présent prâkrit ressemble au même tems en pâli, en ce qu’outre la forme active, il a conservé la forme moyenne du samskrit. Le nominatif masculin singulier est, en prâkrit comme en pâli , terminé comme un nominatif de la première déclinaison , vascinlo et vasamâno , habitant. Le participe de l’aoriste est de même terminé en ta , qui se change en da toutes les fois qu’il
est joint à la racine au moyen d’un i, et qui subsiste
quand il est précédé d’une consonne , ainsi :
Pr. moulta
S. moukta , délivré-
hhatta
bhakta, dévoué.
goda
gala, parti.
souda
shrouta, entendu.
pekkhida
prechita , envoyé.
Le chta samskril devient, en pràkrit comme en pâli, ttha, dittha pour dichta, montré, sittha pour shichta , ordonné. Le nnn samskrit subsiste dans l’un et l’autre dialecte, mais le pràkrit préfère les nazales cérébrales , S. bhinnah P. bhinno Pr. bhinno coupé. Le participe irrégulier de dd sams ri t datta , donné, mérite d’être remarqué en ce qu’il est le même dans les deux langues dérivées, P. dinno Pr. dinno. Le participe futur passé en tavya , qui en pâli devient tabba, est en pràkrit dabba; de même l’infinitif est en doum pour touni. Le gérondif en tvd j devient en pràkrit ,ou<2 : S. kritvd, P. /> atvâ, Pr. kadoua , ayant fait. La forme en ya } qui ne doit exister que très-rarement en pâli, se retrouve en pràkrit, quand le verbe est composé d’une préposition , comme en samskrit , mais on le décompose en ïa , ainsi otarïa pour avatdrya , étant descendu. Le pràkrit a en outre une troisième forme qui lui est propre et que l’on peut regarder comme un des nombreux anneaux par lesquels il se rattache aux dialectes populaires de l'Inde; ainsi de kri, il fait kdoûna , en mahratte karoûn et karouna.
Nous ne devons pas pousser plus loin ces observations. Notre dessein n’est pas de donner une disserta-