‹ Essai sur le PaliChapitre 104 sur 108 · N° II · texte numérisé non relu

N° II

Fie simili* du Pliàtimokkha , et Notice du manuscrit.

( PL vi , n° 1. )

Ce manuscrit, sur papier épais , forme un espèce d’in-octavo oblong, dont on peut voir la longueur dans notre planche. Chaque page contient cinq lignes ; le manuscrit offre en outre cette singularité, qu’il est écrit sur une seule feuille de quatre aunes trois-quarts, mais pliée

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en zigzag, de sorte qu’à l'extérieur il ressemble toul-àfait à un manuscrit ordinaire. Ce livre contient en tout 54 pages ou plis ; tous les plis du recto et 3 g seulement du verso renferment l’ouvrage complet.

Le P. Paulin est le premier qui ait fait connaître cet ouvrage, d’après la note manuscrite de Carpanus, qui lui donne pour titre : il libro delle constituzioni o revoie dei Talapoini , conosciuto specialmente sotto il nome o titolo di Pndimauka, benclie chiamasi ancoru con altri nomi pià propti. Le titre du livre est écrit dans le manuscrit Phdtimokkha ou Pdtimokkha, c'est le seul qu’on y rencontre; ce qui n’empêche pas que Carpanus n’ait raison de dire qu’il en peut avoir d’autres. 11 dérive du samskrit prati , vers, et mokcha, salut, libération ; nous l’expliquons ainsi : corps de règles qui conduisent à la béatitude fmale. Nous devons cependant avouer que cette explication ne s’accorde pas avec l’emploi de ce mot dans d’autres textes palis. Ainsi dans le commentaire sur les noms de Bouddha, dont nous allons parler, le texte, en expliquant tcharanasampanna ( partie d’un nom de Bouddha vidydtcliarunasampanna ), donne, fol. 61 : « phdtimokkha samvdrena samf)anno, indiiyasamvdrena sampanno », littéralement, celui qui possède la faculté de s’abstenir de ce qui est contraire h la libération finale, celui qui possède la faculté de contenir ses sens. Il est difficile de donner, dans ce passage, un autre sens au mot Phdtimokkha. 11 faudrait donc conséquemment interpréter le titre de notre ouvrage : corps de règles par lesquels les prêtres peuvent

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éviter toutes les pensées et tous les actes qui pourraient s’opposer aux moyens de faire leur salut. Au reste prati signifie également vers et contre.

La Loubère a donné (i) un extrait du commencement de cet ouvrage. Cette partie du livre , appelée dans la table des matières niddna (2) , décrit les actes préliminaires que doit faire le prêtre avant de commencer l'accomplissement d’aucun devoir. C’est le sujet de notre fac-similé ; nous en donnons la transcription en lettres latines, et la traduction en samskrit et en latin.

Nous ferons remarquer que le commentaire ne s’étend pas autres parties de l’ouvrage.

Pâli.

Sammadjdjani padiphutcha oudakam âsancnatcha ouphosalhassa eU'uu p uubbakarananli voulchlchati.

Summudjdjuui : summadjdjanakaraiwnlclui.

Padiphutcha : padipauudjdjalanantcha iddni souriyAIokassa atlhi tdya padipakitchtchum natthi.

Oudakam Asanenatcha : âsanena saha phàruyaparilhodj djaniyaoudakathapanaàtcha.

Samskrit.

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(1) Kelat. tic Siam , t. if , p. 27 .

(*) mot tic nid/ina a , parmi un grand nombre de signification* , celle de moyen de purification.

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Latin.

Scopæ, lampasque, aqua cum sedilî cerimoniæ (i) hicprimus actus vocatiir. Scopæ, id est instrumentum ad verrendum. ' Lampasque , id est lampadis accensio; nunc lux solis est (a), hinc lampadis officium non est. Aqua cum sedili , id est, cumsedilisimul potionis, cibi, aquæ oblatio.

Après le nidânam , ou actes préliminaires de purifi-

(i) Wilson donne, d'après Hcmatchandra , le mot oupavasatha , avec le seul sens de village. Mais le mot pâli semblerait avoir, d'après un passage du Kammouva , le sens de ceremonie. On trouve en effet , fol. 7, v° f la liste des alimens que peut se permettre le prêtre , qui se termine par les mots ouposatikam pdtipâdikam , traduits par le P. Sangcrmano , provisions données un jour de fête par un bienfaiteur. Ce sens, d'ailleurs, s'accorde avec celui de la racine vas jointe à la particule oupa, comme dans oupasr'àsa et oupaeasta , qui veulent dire jeune ; et on ne voit pas la raison pour laquelle la racine sous sa forme pâlie aurait un autre sens. Ces substantifs formés de l'aflixe tins , assez rares en samskrit, paraissent appartenir à la langue bouddhique. On voit en effet samalha de shani.

(a) La construction de ce passage , dont le sens n'est pas douteux , paraît embarrassée; en admettant toutefois que le texte soit correct. L'analogie de la langue française permettrait cependant de l’expliquer. C’est ainsi qu'on dit, il y a du soleil. Le mot soûrytîloka , lumière du soleil, est donné par Wilson.

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cation, suivent diverses classes de rçgles dont voici les titres :

Phâiâdjikâ dhammâ au nombre de quatre. Ce sont les mêmes qi.e dans le Kammouva; ne pas tuer, ne pas voler, etc.

Anlyatâ dhammâ 2 .

Nissagiyâ dhammâ 3o.

VhâlchUliyà dhammâ ga.

Phâtidesaniyâ dhammâ

Sekkhiyâ dhammâ y5-

Sattâdhikartuiasamathâ.

Toutes ces règles , dont un assez grand nombre est intelligible malgré l’emploi de plusieurs mots pris dans une acception spéciale et de'tournée de la racine, sont extrêmement minutieuses- Non seulement elles règlent tous les actes que doit faire le Talapoin, mais s’étendent jusque sur la manière de se vêtir, de manger, de s'asseoir, etc. On peut s’en former une idée par la lecture d’un assez long morceau inséré par la Loubère dans sa Relation de Siam, sous le titre : Les principales maximes des Talapoins de Siam , traduites du Siamois (1). Il y a tout lieu de croire que l’original siamois n’est qu’un extrait de tout ou partierdu Phâtimokkha. Au reste les détails que nous venons de donner, suffisent pour montrer que cet ouvrage est plus que tout autre de nature à jeter du jour sur les usages de la vie des bouddhistes, et principalement des prêtres dans leurs couvents.

( 1 ) Relation du royaume tic Siam, t. il, p. a8.

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