N° III
Commentaire sur les noms de Bouddha.
Cet ouvrage est comme le précédent, écrit sur papier épais, mais noirci avec du charbon; les caractères sont formés avec un crayon de stéatite (i). Ils sont exactement semblables à ceux du Phâtimokkha , mais moins élégans. Nous y avons seulement trouvé de plus l’usage d’un signe correspondant au vinlma samskrit. Il ressemble à la forme d’un d mis sous une lettre semblable, ou un n. Le manuscrit est formé d’une seule feuille de papier pliée en zigzag : d’un coté est un ouvrage siamois, de l’autre, le commentaire sur les noms de Bouddha, qui occupe dix pages.
Cet ouvrage est malheureusement incomplet , et n’a ni commencement ni fin. Les noms de Bouddha v sont expliqués dans le même ordre que dans le Vocabulaire pentaglotte. Le commentaire commence par Arhat, le quatrième dans le vocabulaire, et finit à Lokcivid, le dixième dans cet ouvrage. A en juger par le peu que nous possédons, l’ouvrage, s’il était entier, devait être fort volumineux, et il serait extrêmement utile pour la connaissance parfaite des doctrines bouddhiques. Le savant illustre quiadans ces matières lcplus dcdroitàénoncer son opinion , JVI. Abel-Rémusat , pense qu’un com-
(i) lluciianan et l'auteur «le l ' Alphahclum barmanuni oui il un né la «les rription île pareils manuscrits ; nous y renvoyons le lecteur.
APPENDICE
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menlairc qui éclaircirait ce que le vocabulaire penlaglotte offre d’obscur, serait en même teins un traité complet de la religion de Bouddha (i). Notre manuscrit est une partie de ce travail Nous allons citer quelques exemples de ses explications.
Le mot arhat (2) dans le Vocabulaire pentaglotte est expliqué par le tibétain , le mongol et le mandchou , celui quia vaincu les ennemis , pr le chinois, celui qui rend à chacun selon ses mérites. A ne considérer que la racine samskrite arh , mériter, être digne, arhat veut dire vénérable , digne , et c’est le sens que lui donne Wilson. Le chinois s’accorde assez avec cette interprétation; mais il n’en est pas de même du mandchou, du mongol et du tibétain. L’interprétation donnée par ces trois langues, repose sur une erreur qui suppose une connaissance peu avancée du samskrit. Le vainqueur des ennemis, est, en samskrit, arihan , nominatif arihd, de an, ennemi, et han , tuer. Ce mot n’a avec arhân , qu’une ressemblance de son. Ce qu’il y a de remarquable, c’est que cette erreur se trouve dans notre manuscrit, où on lit arinam hattd araham, le vainqueur des ennemis, c’ est-h-dire, araham.
C’est là , certes , une ressemblance remarquable dans la doctrine, que la reproduction dans des pays et des langues très-différentes de l’interprétation erronée d’un mot aussi important que le nom du dieu même.
Ce premier article, ainsi que le suivant, est terminé
( 1 ) Mc J. A sial . , t. 1 , p. i56.
( 2 ) Ouvr. cite, 1 . 1 , p. iG3.
APPENDICE
par une stance en l’honneur de Bouddha. L’article suivant sur samnid sambouddho , en samskrit samyaksambouddhah , est très-diffus ainsi que celui de vidjdjdtcharanasampan.no .Celui de Sougato estfort court, mais celui de Lokavid est très-long, encore est-il incomplet.
L’interprétation de vidyâtcharanasampanna donnée dans le Vocabulaire pentaglotte, doit être modifiée par notre manuscrit. Celui dont le pied sujfit a une marche lumineuse , est un sens qui peut se trouver dans le mot composé samskrit, mais alors il faut le traduire littéralement : Doué du pied (ou de la marche) de la science , en samskrit
WMlMIJg; srçtrFT mïït en W i
Mais notre manuscrit l’interprète : Doué de la science et de la conduite , ce qui , commenté en samskrit , donnerait :
Le sens de notre commentaire n’est pas douteux ; car il sépare les mots et explique d’abord vidjdjâsampanno, en énumérant les diverses sciences dont Bouddha est en possession; et ensuite tcharanasampanno j en donnant la liste des différentes qualités ou actes d’une bonne conduite, comme indriyasamvârena , l’action de subjuguer ses passions; hiriydya , la modestie, etc. Cette différence entre l’interprétation du manuscrit, et celle du Vocabulaire pentaglotte est au reste peu importante.
APPENDICE. 205
Cette dernière peut meme se trouver dans le mot samskrit , qui étant composé , peut s’expliquer par plusieurs constructions différentes ; soit qu’on fasse vidyd , le génitif de tchamna , ou qu’on mette ces deux mots en apposition l’un à l’autre, et gouvernés également par sarnpannah (1).