‹ Essai sur le PaliChapitre 19 sur 108 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

une ressemblance qu’expliquent très-bien l'analogie et la permutation si facile de ces deux sons ou et w.

En résumé, il nous semble qu’il ne peut pas s’élever le moiudre doute sur la valeur que nous avons donnée à chaque signe. Les moyens critiques qui nous ont servi à déterminer l'alphabet précédent, ont été employés avec un plein succès pour le khohmen , qui , comparé avec celui de Laloubère, rebutait par une dissemblance totale de formes. Cependant il rentre dans celui qu’a donné cet exact voyageur, pourvu qu’on le fasse passer par l’intermédiaire de l’alphabet du Phdtimokkha. Le beau manuscrit auquel nous avons emprunté ces caractères s’appelle i Soromat, s’il faut en croire le titre écrit de la main du missionnaire qui l’a envoyé.

Nous avons cherché dans notre appendice à expliquer 1 1 fac-similé donné dans notre planche III.

5 III* Alphabet pali-carré, ou palt-barraan.

On doit remarquer que nous nous élevons graduellement du caractère le plus composé au plus simple, du plus cursif à celui qui l’est le moins. Si dans le principe nous eussions eu connaissance du pâli carré , il eût été plus logique de suivre une marche inverse, et de montrer comment ce caractère , si arrêté dans ses formes , si solide , pour ainsi dire , dans sa structure , se brisait successivement dans le khohmen , devenait cursif dans l’alphabet du Phdtimokkha , et disparaissait complètement sous les élégans contours du siamois vulgaire. Le monstrueux caractère que nous donnons dans notre

planche IV conlient en effet en germe , pour peu qu’on y fasse attention , les formes diverses qu’offrent les caractères précédemment exposés- Mais , comme nous l’avons déjà dit, notre point de départ était et devait être l’alphabet de Laloubère.

Nous voulons seulement empêcher qu’on ne tire d’induction de l’ordre que nous avons suivi , et qu’on ne pense que nous considérons le pâli carré comme formé après coup sur des alphabets préexistaus dans la presqu’île, ce que pourrait faire croire la régularité de ce caractère et le petit nombre des -signes distinctifs qui empêchent les lettres d’être confondues les unes avec les autres. Cette question et les solutions diverses que nous eu proposons, trouveront leur place dans le § 4 de ce chapitre.

Nous avons peu de chose à faire remarquer sur cet alphabet, très-simple, comme on le voit, dans ses formes. Nous ne lui avons donné, dans notre planche, que le nom de pâli carré , sans l'affecter à aucune nation en propre, quoiqu’il appartienne à l’empire barman actuel, c’est-à-dire à l’Ava , au Pegu et à l’Àrakan. Cependant , si on en croyait la note fort succincte qui accompagne , à la bibliothèque du roi, l’ouvrage d'où nous l’avons extrait, et qui porte : Manuscrit siamois , cet alphabet serait commun à toute la presqu’île, comme caractère d’apparat. Au reste, en attendant que des témoignages irrécusables nous autorisent à l’attribuer aux Siamois , nous avons de bonnes preuves qu’il est usité dans tout l’empire barman. Nous nous fondons: i° sur le témoignage de Buchanan , qui dit que le Kammouva et

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