CHAPITRE II
d’antres livres sacrés sont écrits en un gros caractère carré, sur feuilles dorées. Or le manuscrit d’où nous avons extrait notre pâli carré , outre qu’il contient le Kammouva même, répond parfaitement à la description de Buchanan ; 2 0 sur ce que Buchanan , d’accord avec Leyden, renvoie à la page 16 de Paulin, dans son musée de \elletri , où il donne un spécimen du caractère carré usité dans l'empire barman. Or ce spécimen , que n’accompagne du reste aucune lecture, reproduit approximativement les formes de notre Kammouva; 3 ° ( et c’est là la preuve la plus convaincante ) sur ce que Symes , dans son Embassy to Ava , donne un specimen du pâli d’après un très-beau manuscrit en sa possession, et qui contient le récit des cérémonies usitées à la consécration des Raliâns fr). Celte description indiquerait suffisamment le Kammouva , si d’ailleurs nous n’avions trouvé, au folio 7 recto de notre manuscrit, la partie de phrase qu’a fait graver Symes sans en donner la lecture. Fille commence par la seconde moitié d’un mot : ( Kha)mati sanghassa tasmd tounhi eva{m) etadhâmydmiti. Ces faits prouvent que le manuscrit de la bibliothèque du roi nous offre un spécimen du pali-barman. Nous en avons exposé les preuves avec quelques détails; on verra plus bas de quelle importance il était de constater ce fait
Nous avons dit plus haut que Carpanus avait fait graver un alphabet pâli sans l’indication de la valeur des
(■) Symes, Embassy lu Ava, I. Il, p. /, i o .
3 o ESSAI SUR LE PALI,
lettres , si fautif d’ailleurs , que dans la 3' édition de son livre il le fit disparaître. 11 laissa cependant encore un spécimen de pâli sous le titre de Pnocemium Kammuva, sive liber ceremoniamni 7 ’alapoinorum (p. 10); mais ce fragment n’est guère plus lisible que le précédent à l’aide de notre alphabet. Faut-il en accuser l'inexactitude de Garpanus , ou bien admettre que le manuscrit de Velletri diffère du notre par la forme des caractères P c’est ce que nous ne pouvons décider. Quelques caractères cependant présentent avec les nôtres beaucoup d’analogie; et nous savons par expérience que les lettres, dans les manuscrits de cette espèce , sont assez difficiles à distinguer, pour que l’altératiou des formes ne doive pas être mise tout entière sur le compte de l'original copié par Carpanus: Quant à nous , nous avons été forcés de laisser des lacunes dans notre alphabet. Ce n’est pas que nous n’ayons pu lire tous les signes que nous avons rencontrés ; mais c’est que le manuscrit dont nous nous sommes servis, ne contient que onze feuilles, encore la dernière manque-t-elle. Ce caractère 11’offre du reste aucune singularité remarquable, sinon que les groupes laissent voir d’une manière plus distincte que dans tout autre alphabet , les élémens dont ils sont composés. Les consonnes groupées se placent l’une sur l’autre dans l’espace qui sépare les lignes. On en fait de même pour le signe de IV, qui est quelquefois d’une grosseur considérable. Mais quand la place est déjà prise par un groupe de la ligne supérieure , IV se pose à côté de la lettre , comme nous l’indiquons dans notre planche. L’arbitraire le plus complet paraît régner dans le placement et jusque dans