‹ Essai sur le PaliChapitre 21 sur 108 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

la forme des voyelles jointes aux consonnes , ou plutôt il y a une règle, c’est de placer ces signes comme et où on peut. Cependant il est une particularité qu’il ne faut pas oublier de remarquer ; c’est la manière dont se représente Frf long avec certaines consonnes, comme le ga , le pa, etc. Si on se contentait de joindre h ces lettres la perpendiculaire que nous donnons avec le ta dans notre planche , le gd ressemblerait au ka , et le pd au ha. Pour éviter cette confusion , on allonge le signe qui représente \'d long, et on le détache de la lettre. C’est l’emploi de ce signe dans le barman moderne qui nous a donné l’explication d’une variatiôn dans le mode de représenter Yd , qui eût pu nous paraître arbitraire.

La forme des voyelles initiales ne présente qu’une analogie assez éloignée avec celle de nos autres alphabets. Il a fallu deviner, et alors nous avons appelé à notre aide le sens des mots. C’est ainsi que nous avons emprunté les deux formes de l’e aux mots evam et eva ( ainsi ) qui se rencontrent fréquemment. La forme de l’o vient de meme du mot okdsa , dans lequel nous croyons reconnaître le mot samskrit avakdsa (lieu), suivant une règle de contraction qui sera expliquée plus bas. Nous n’avons pas trouvé de mot qui commençât par un i : cela est d’autant plus à regretter, qu'on rencontre fréquemment dans les autres manuscrits le mot idam (cela); du reste, notre alphabet est assez complet; sauf un groupe que nous n’avons pu lire, et deux lignes parallèles qui le suivent, nous croyons pouvoir répondre de la lecture du reste; seulement nous avons fait suivre les groupes kja et tchja du point d’interrogation, parce que nous

□e sommes pas certains que nous ne nous trompions pas. Le groupe kya est emprunté au mot sakya, de la racine shak, pouvoir. Mai?, dans d’autres textes, on trouve sakka, ce qui est conforme à l’analogie du pâli; sakya serait, au contraire, plus samskrit.

Aidés du travail du P. Sangermano, nous avons traduit le Kamrnouva en entier; nous en donnerons un fragment dans l’appendice, avec des détails sur le manuscrit même.

Nous ne pouvons quitter ce caractère sans faire remarquer combien sa forme carrée le rend propre à la gravure et à l'impression ; la facilité avec laquelle les lettres se combinent laisse même peu à faire à celui qui voudrait les simplifier et les régulariser. Nous pensons que si l’étude du pâli acquérait jamais quelqu’importance , ce serait ce caractère qu’il faudrait choisir pour imprimer les textes intéressans qu’on doit trouver dans cette langue.

5 IV. Comparaison des alphabets palis, avec quelques alphabets de l'Inde , du Tibet , de Ceylan et de Java.

APRÈS avoir montré les formes diverses des alphabets palis des Barmans et des Siamois, il nous reste à rechercher à quelle contrée ils se rattachent, en un mot à poser, sinon à résoudre, la question de leur origine. Nous avons déjà fait remarquer l’analogie qu’ils présentent tous avec le dévanagari , quant à la disposition des lettres ; il est bien vrai que c’est nous qui l’avons faite telle que nous la donnons; cependant nous pou-

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