‹ Essai sur le PaliChapitre 23 sur 108 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

l’ancien caractère usité à Java sous le nom de akcharabouddha ou alphabet de Bouddha. Ses formes roides et et leur ressemblance avec le tibétain kehab, donnent à Y akchara-bouddha le droit de priorité sur le bengali , le télinga , le granlham et le cingalais, quoiqu’à ne considérer que l’analogie de tous ces alphabets avec le dévanngari, le bengali dût être placé le premier. Mais cette analogie même diminue de son importance dans la question qui nous occupe ; aussi ne lui avons-nous donné place dans notre tableau que pour indiquer le premier degré d’altération que subit l'ancien caractère indien. Il ouvre donc la seconde partie de notre planche, occupée par des alphabets de l’Inde méridionale, dont les formes cursives attestent l’origine récente. Au milieu , et comme un anneau entre les formes anciennes et les formes modernes, sont placés nos alphabeths palis, par requ’ils doivent également être expliqués par les unes et par les autres.

Dans la composition de ce tableau, rédigé comme on voit d'après une intention systématique, nous avons dû être très-scrupuleux sur le choix des formes. Préoccupés de l'identité de tous ces alphabets et de leur communauté d’origine, nous devions craindre de les altérer au profit de l'idée qui nous dirigeait' aussi ont-ils été tous fidèlement copiés sur les meilleures sources. Le dévanagari est emprunté aux inscriptions gravées dans le premier volume des Recherches asiatiques de Calcutta , mais surtout à celle qui passe pour la plus ancienne ,

parre qu'cMa était déjà tirée), était une lectura fautive , quoique généralement adoptée.

relie <le f’an 23 avant J.-C.(i). Nous regrettons qu'aucun travail paléographique n’ait été entrepris sur l’alphabet dévanagari ; notre tâche en eut été plus facile , et nous ne doutons pas que les diverses formes par lesquelles ont successivement passé les caractères anciens, ne continssent en germe tous les alphabets de l’Inde. Nous avons exclu de notre recherche le dévanagari des manuscrits , au moins de ceux que nous connaissons. La forme quadrangulaire des lettres donne à l’écriture un caractère qu’elle n’avait pas autrefois, et nous avouons qu’un bien petit nombre seulement eût pu être utilement comparé avec nos alphabets palis ; mais quand on remonte h l’ancien dévanagari, les analogies reparaissent. C’est de là que sortent et le dévanagari actuel et le pâli, mais en modifiant diversement le type primitif. Il est surtout une observation qu'il ne faut pas oublier, c’est que, dans l’examen du dévanagari, il faut faire abstraction, la plupart du tems , des deux lignes qui forment le contour d’un caractère samskrit. On sait que chacune des lettres est accompagnée d'une ligne horizontale qui sert à l’aligner , et d’une perpendiculaire sur laquelle s’appuie le corps du caractère. Ces deux lignes se retrouvent (fans les inscriptions, mais telles sont loin d’y présenter cette attitude régulière que leur donnent les copistes modernes. L’horizontale surtout est presque toujours oubliée, et cette suppression est souvent la seule différence qui distingue un caractère moderne d’un ancien. Quant à la perpendiculaire, elle fait plus intimement partie de la

(i) Rcch. asiat. , t. I , p. Ci , trid. franç.

Page 1