CHAPITRE II
qu'ils ont donnés paraissent extrêmement cursifs , et nous ne doutons pas qu’il ne fût possible d’en trouver qui auraient avec l’écriture pâlie de plus grands rapports, entre autres le sinhala potichpdkchara , ou caractère à fleurs dont parle Leyden. Enfin nous ne devons pas oublier d’avertir que souvent nous avons admis les consonnes sous la forme qu’elles prennent en groupe; nous les avons suscrites de trois points, pour indiquer qu’elles font la'Hieuxième partie d’une lettre composée.
Après ces observations préliminaires , il suffira de jeter les yeux snr notre planche V , pour se convaincre des analogies dont nous avons parlé. Les voyelles surtout, sont, dans toutes les écritures que nous citons, représentées suivant le système du dévanagnri. Or ce système est assez remarquable, ce nous semble, et il porte les traces d’un travail assez philosophique , pour qu’on pense qu’il n’a pu être inventé qu’une fois. Le principe sur lequel il repose, c’est que chaque consonne est, par sa vertu propre, accompagnée d’un a bref, qui ne disparaît que quand le signe d’une autre voyelle quelconque vient s’y ajouter. La place qu’occupent ces signes, et jusqu’à leur forme, se reproduisent dans presque tous les alphabets; même quand la forme n’en est plus la même , celle qui la remplace est encore disposée suivant la méthode usitée en dévanagari. L’examen de quelques voyelles justifiera notre assertion.
En dévanagari , il y a d?ux manières de représenter la voyelle e. Dans beaucoup d’inscriptions et dans quelques manuscrits, on fait. précéder la lettre qu'affecte cette voyelle du signe de \'<t long. Ce système est suivi par
4ü ESSAI SUR LE PALI,
tous les alphabets palis , et par le bengali , le grantham et le cingalais. Ou bien on surmonte la lettre d’une petite ligne diagonale qui va de gauche h droite, ce qui est maintenant la méthode la plus ge'nérale. Elle est adoptée par le tibétain et le télinga. Veut-on, en dévanagari , écrire un o après une consonne ? deux manières se présentent , l’une ancienne et l’autre moderne. La première consiste à faire précéder et suivre la consonne de Yd long, qui, suivant sa place, peut ainsi représenter trois voyelles différentes (t); ou bien on place la petite ligne diagonale, habituellement usitée pour Ye, au-dessus de Yd long, de sorte que Po se compose de Yd long et de Ye. Ce système, le seul usité maintenant pour le dévànagari , est au fond le meme que le précédent. Cependant tous les alphabets de notre planche, excepté le tibétain , suivent le premier. Ce qu’il y a de remarquable , c’est que le télinga dispose de même les deux signes des voyelles e et d long pour figurer Po. Quant à cette voyelle sous sa forme initiale , le pali-siamois , celui du Phdtimokkha et du Boromat suivent, pour la représenter, un système tout-h- fait logique; ils superposent un des signes de Yd long h la voyelle ou ( voyez, outre notre planche V , les formes diverses de Yd long , planche III ). Ces observations, que nous pourrions pousser plus loin , suffisent pour montrer comment malgré le peu de ressemblance apparente des formes, on peut cependant trouver entre les lettres et le système de
( i ) Avant la consonne , il représenté e ; après , d long ; avant et après, o.