CHAPITRE II
intitulé Lankdfatdram , ou histoire de 1 ' Avaldra ou incarnation de Lankdt (Ceylan) ( 1 ). Quelque grand événement qui ne nous est pas encore connu , semble donc rattacher les destinées de cette île fameuse à celles du bouddhisme; et ainsi la recherche de l’époque h laquelle elle a pu le recevoir, acquiert de suite une partie de cet intérêt qu’on ne peut refuser d’accorder à l'histoire de ce culte célèbre. Aussi sommes-nous heureux que la publication d’un monument d’une certaine importance, le Rddjdvali, ou histoire des rois de Ceylan , dont on doit à Sir Alexandre Johnston l’insertion dans les Armais of Oriental Uterature (a), et de plus des détails donnés par divers savans de Calcutta , tels que Joinville, Mahony et Davis, nous mettent à même de déterminer avec une certaine précision la date de l’introduction du bouddhisme à Ceylan. Cet événement , qui a exercé sur la civilisation et les destinées de la monarchie cingalaise une influence durable, nous forcera d’entrer dans quelques détails chronologiques; mais comme les matériaux fournis par les savans que nous venons de citer n’ont pas encore été soumis à un travail critique étendu , on nous pardonnera de donner ici le résumé denos recherches sur ce sujet ; nous tâcherons de n’y faire entrer que ce qui est purement relatif à l’objet qui nous occupe. Nous commencerons par exposer les faits extraits de l’histoire
( i) Foy. M. Abel-Rcmusat , Recherches sur tes Langues tartans, 1. 1 , p, aofi; Met. Asiat t. I, p. 181.
( 1 ) Aimais of Oriental Hier., part, ni , p. 385.
de Ceylan , puis nous examinerons les diverses dates auxquelles on peut les ramener.
Les Cingalais reconnaissent qu'ils ont reçu leur civilisation de l’Inde: c’est du Kalingaratta , ou royaume de Kalinga , aujourd'hui Kalingapatnam , dans la province appele'e par les Anglais Northern Cireurs , que partit la première émigration d’indiens qui colonisa Ceylan (i); et, quand on leur demande où est le Kalingaratta } ils répondent : À droite du Bogaha , arbre fabuleux , qu’ils placent , comme les Brahmanes leur Djamhou 3 au centre du monde, et qui leur sert à déterminer la position géographique des diverses contrées de l’univers (2). V idjaya Sinhabahou , que l’histoire dit fils d’un lion , sans doute pour rendre raison par une fable du nom géographique que porte Ceylan , Sinhala , partit de cette contrée avec 700 hommes ( l’histoire dit des ge'ans), et arriva à Ceylan sept jours après la disparition de Bouddha ( 3 ). Cet événement , auquel les Cingalais rattachent l’origine de leur monarchie, donna lieu à une ère nommée Bouddhavaroussa , en samskrit,
( 1 ) Armais , rtc. , p. 3g7- Il serait intéressant de posse'der tous les noms géographiques de la province de Kalinga. On y verrait probablement des traces des anciennes communications maritimes de ce pays avec Plie de Ceylan. On trouve encore snr la carte de Rennd, deux noms qui paraissent s'y rapporter. Ce sont deux ports, Randermahalanka , sur une des embouchures du Godavery, et Ramisscram , nom donné aussi , comme on sait, A la suite d'Ilots qui, sous la dénomination de Pont d’Adam, joignent Ceylan A l’Inde.
(i) A sial. Research., I. vit, p. 43, ed. Lond. 4°.
(3) Asiat. Research., t. vu, p. 5a , ed. Lond 4°-