CHAPITRE II
Bouddhavarcha, d’après laquelle nous verrons que sont datés les faits les plus importans de cette histoire. Vidjctya } après avoir purgé l’ile des démons qui l’infestaient depuis i 845 ans ( 1 ), régna-, selon les uns, trente ans ( 2 ), selon les autres trente-huit (3). Ce prince et ses successeurs jusqu’au neuvième roi , n’étaient pas Bouddhistes. Le culte de Gotama avait, dit 1 1 Rddjdvali , régné à Ceylan dans des âges antérieurs , sous le patriarchat des trois Bouddhas fabuleux , nommés Kokosandctj Konogame et Kossefe (4); mais l’introduction historique et réelle du bouddhisme dans cette île ne date que du règne de Deveny P aetissa , le neuvième roi de Ceylan. Voici un extrait des circonstances mythologiques qui l’accompagnent; elles sont de telle nature, qu’elles laissent le fait historique presque à nu.
Deveny Paetissa était contemporain d’un roi nommé Dharmashoka , souverain de tout le Djamboudvipa , c’est ainsi que les Cingalais désignent l’Inde. Ce prince , qui avait répandu par tout l’univers le culte de Bouddha, et bâti des temples jusqu’au nombre prodigieux de qnatre-vingt-qualre mille, eut un fils nommé Mihindou Koumdra , ou Mahindou Mahâ , qui, à l’âge de dixhuit ans , se fit prêtre , et par la vertu de ses bouncs œuvres parvint au suprême degré de la sainteté. Mahin-
( 1 ) Asiat. Research., I. vu, p. 5i, ed. Lond. 4°.
(a) Annals, etc., p. 4<>4.
(3) Asiat. Research., t vii, p. 41 g, ed. Lond. 4°.
(4) En samskrit Koukoûtchtchanda , Kdntchana et Kashyapa , cites par Ilemalchandra,dans son Abhidhâna tchintdmani.
ESSAI Sun LE PALI,
dou voulant faire un voyage à Ceylau , sans doute pour y porter sa croyance, s’élança dans les deux, suivant la coutume de tous les saints de ce temps-lb, qui avaient la faculté de traverser les airs. Arrivé b Ceylan, il se mit à prêcher la religion de Bouddha, et convertit le roi Deveny. Là , il bâtit des daivgob (i) de lieu en lieu; éleva le grand temple appelé 'Pissa-mahd-vdidra ; fit descendre du ciel la mâchoire droite de Bouddha , et , de retour dans l'Inde, fit encore d’autres actes d’un pouvoir surnaturel , qui tous avaient pour but la propagation du bouddhisme b Ceylan.
Après son départ, Deveny Paetissa bâtit un temple en un lieu qui semble porter le nom du prêtre , Müiintala, sans doute place de Mihindou , et mourut après un règne de trente-six ans (a). On attribue encore à ce roi l’invention de récriture (3), et c’est sous son règne que furent rédigés pour la première fois, suivant les Cingalais, les livres de Bouddha en cinq corps d’ouvrages (4); car Bouddha n’avait jamais écrit sa doctrine; il la propageait par de fréquentes prédications, où il attirait tous les habitans du Djamboudvipa. Suivant d’autres autorités , la rédaction des livres bouddhistes n’eut lieu que plus tard , sous le règne de FVallagambahou râdja , quatre cents ans après la disparition de Bouddha (5).
(i) Bâtiments où sont recueillis les os des Bouddhas, (a) Armais, etc., p. 4°8
(3) Asiat. Research., t. VU, p. 4 10 1 ed. Lond. 4°-
(4) Davis, Travel ta Ceylan , p. ai;.
(3) Idem . , p. ai;.