‹ Essai sur le PaliChapitre 31 sur 108 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

culte , qu’il faut placer le commencement «le l’ère cingalaise en 6a5, comme le fait notre texte dans un passage, et corriger dans l’autre la deuxième date de l’ère de Bouddha , en lisant g44 au lieu de 844* Mais , outre que le règne de Vidjaya commencerait encore quelques années avant celte ère, nous répondrons que , le texte ne s’accordant pas avec lui-même , son autorité ne peut plus être invoquée ni pour ni contre, et que, dans l’incertitude sur le choix de l’une ou l’autre date, il faut adopter celle que donne le plus grand nombre d’autorités. Ensuite la partie de cette histoire qui précède l’an 78 de J. C. est fort incertaine; il y a de nombreuses lacunes ; et c’est dans cette partie que se trouve la date que nous critiquons ; tandis que la seconde partie depuis J. C. porte un plus grand caractère de certitude : la durée de tous les règnes y est soigneusement notée , et la date qu'elle nous donne pour la disparition de Bouddha, a l’avantage de s’accorder à peu près avec celle des autres savans. Ces raisons nous déterminent à donner la préférence au calcul de Joinville, Davis, Mahony, et de la seconde moitié de la chronologie cingalaise. On verra plus bas que les autres dates s’expliquent très-aisémeut , si on admet celle de 543 pour le commencement de l’ère cingalaise.

Mais , avant de les examiner , nous devons prévenir une objection qui pourrait diminuer la confiance que méritent selon nous ces divers témoignages. La mort de Bouddha , ou plutôt de Shakja Mouni , le premier des Bouddhas, est placée, par un monument d’une authenticité incontestable, l’Encyclopédie japonaise , en g 5 o

5u ESSAI SUR LE PALI,

avant noire ère. Comment les bouddhistes de Ceylr.11 ontils pu la rapprocher à une époque comparativement aussi moderne? Rappelons-nous d'abord que les patriarches bouddhistes jouissent du privilège de passer pour des incarnations successives de leur dieu , et ainsi peuvent être considérés chacun comme autant de Bouddhas. Souvenons nous encore que la disparition du dieu, suivant les Cingalais, tombe exactement à l’origine de leur monarchie, tandis que, chose remarquable, son culte ne commence que deux siècles plus lard. Il suit de là que l'ère de Bouddha n’a pas éLé destinée à marquer la disparition réelle de Shah y a Mouni. Pour les Cingalais, Bouddha est monté au ciel à la mort du patriarche qui le premier leur a enseigné la doctrine ; mais , selon l’habitude de tous les peuples , ils ont reculé cet événement dans l’antiquité la plus haute qu’ils connussent, et il ne pouvait pas en être de plus vénérable pour eux, que celle où leurs traditions plaçaient le berceau de leur monarchie et de leur civilisation. Il n’y a donc pas entre la chronologie japonaise et celle des Cingalais d’opposition réelle. Ce sont deux dates de deux événemens divers ; le premier est la mort de Shakya Mouni Bouddha , le deuxième celle d’un autre patriarche dont nous ignorons le nom , peut-être de Bodhisatva , si on adopte qu’il ait introduit le bouddhisme à Ceylan , ainsi que nous tâcherons de le prouver plus bas. La confusion vient seulement de la qualité et du titre commun à ces deux personnages, celui de Bouddha.

Ici nous nous trouvons naturellement conduits à rechercher la date de Deoenjr Paetissà , qui le premier

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