‹ Essai sur le PaliChapitre 34 sur 108 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

cent quaranle-lrois avant notre ère. La première de ces dates ne tombe que sept ans après la mort de Bodhisatva, au moment même où le bouddhisme , introduit peu de temps auparavant h Ceylan , y était propagé par le zèle ardeu t du roi Deveny. En admettant pour la détermination de ces dates une certaine latitude, n’est-il pas naturel de penser que Bodhisatva fut l’auteur de cette rédaction, ou qu’au moins il y prit une grande part? 11 est vrai que la composition des livres d’une religion est un fait assez intéressant dans l’histoire de ses destinées, pour que, d’une part, parmi ses sectateurs, une grande gloire s’attache au nom de celui auquel on l’attribue , et que , de de l’autre, la critique cherche à en constater la date d’une manière certaine. Mais il nous semble que le seul fait de son existence si rapprochée de cet événement, et la haute célébrité dont il jouit parmi les bouddhistes, suffisent pour appuyer notre hypothèse, que le témoignage des auteurs chinois change en certitude. En effet Matouanlin, le célèbre historien chinois, affirme, d’après une collection des livres bouddhiques faite au sixième siècle de notre ère, que Bodhisatva commenta et publia de nouveau les livres de la doctrine, publiée toutefois antérieurement par Mahâkâya et Ananta ( 1 ). Ainsi , au quatrième siècle avant notre ère , un grand mouvement

(1) Nous devons la connaissance de ce fail à l’extrême bienveillance de M. Abel-Rémusat. Ce chapitre était rédigé , et nous eussions eu le regret de ne pouvoir offrir qu’une simple hypothèse sur cet objet intéressant , quand M. Abcl-Rémusat voulut bien nous lire le passage curieux de Ma- ((juaniin , qui )a confirme pleinement.

agitait les esprits dans l’Inde, et tendait à propager la nouvelle religion. Bodhisatva , le premier des hommesdieux après Bouddha , existait encore ou avait disparu depuis peu de temps, que la publication des livres renouvelait et fixait de nouveau la doctrine, jusqu’alors presque toujours confiée aux variations et aux dangers de la prédication- Ceylan qui, visitée par un prêtre télé, recevait pour la première fois le culte nouveau, se couvrait de temples et de monastères, et, transplanté dans cette terre déjà fameuse de Lankd . le bouddhisme devait à ses progrès rapides d’y paraître une seconde fois révélé. Ce serait là le Lankdvatdram , c’est-à-dire l’incarna lion ou la révélation de Lankd, connue de tous les bouddhistes , et ainsi s’expliquerait avec le rôle important que joue cette île , la tradition unanime des peuples de l'Inde ultérieure, pour lesquels Bouddha le fondateur du culte est le fils d’uu roi de Ceylan.

11 faut avouer cependant qu’il y a sur la rédaction des livres bouddhiques, une seconde opinion que nous ne devons pas oublier. Cet événement ne tombe plus au tems de l’introduction du bouddhisme à Ceylan; mais à une époque beaucoup plus moderne, 4 °o mis après Bouddha, avant J. -C., i.j3, sous le règne de TVallagambahou (i). Mais ce roi (aue le Rddjdvali nomme IV alla gamba nid] a) est placé, d.’après cette histoire, l’an 72 avant notre ère. Celte diversité est faite pour inspirer de la défiance sur l’exactitude de la seconde date

(1) Davis, Travet , p. 117.

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