‹ Essai sur le PaliChapitre 52 sur 108 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

V , qui , en samskrit meme se confond souvent avec b , uni aux semi -voyelles, r et/, devient b; la semi-voyelle disparaît, et fait place à un second b.

P. nibbdnam.

poubbam.

sabba.

bhabbo.

S. nin'ânam , annihilation.

podroam, autrefois.

sarva, tout.

bhavyuh, devant être.

V , précédé de h , se déplace, et précède l'aspiration dans le mot djihvd, qui, en pâli , devient djivhd, langue; c’est par un déplacement pareil que china devient mha, et chna , nlia, comme on le verra plus bas.

Kch devient kkh.

ou seulement kh.

P. kbomum. S.

kchaomam , vêlement de lin.

khina.

kchina , aminci.

mokkhtirn.

mokctmm, saint.

roukkha.

vrikcha, arbre.

trhakkhou.

tchakchuu, oeil.

dukkhinu.

dakchina, méridional.

lakkhanam.

takchanam , signe.

oupekkhd •

oupekchd, ruse.

visâlakkhi.

vishdldkchi , qui a des yeux bien fendus.

Cht et chth deviennent ttha.

P. dit ta.

S. dichtah , montré.

sittho.

shichtah , ordonné.

nitthito.

nichlhitah, déterminé.

ditthi.

drichtih , vue.

kouttham.

kouchtham , lèpre.

St devient tth.

P. vattbou.

S. vas tou , chose.

hattha.

hastti , main.

( km el shn devient rnh et nh.

.P. gimha. S. grtchma,tlè.

ourtha. nurhna , chaud.

iounhi. todchnim , en silence.

tanhâ • Irichiiâ , soif.

panha. prashna , question.

De même s mi pour asmi , je suis, devient mhi.

§ 6. Nous venons d’exposer les principales règles d’après lesquelles le pâli modifie les mots samskrits dans leur constitution intime. Nous n’avons pas eu la prétention de les donner toutes ; et il est certain que quand on aura un vocabulaire de cette langue, en le comparant mot par mot avec le vocabulaire samskrit, on verra apparaître de nouvelles altérations, et conséquemment de nouvelles règles. Mais nous prenons la liberté de rappeler que nous n’avons pas eu ce secours ; et cela , moins pour nous excuser de nous être trompés, que pour éveiller l’attention du lecteur sur celles de nos assertions qui lui paraîtraient hasardées. Il faut maintenant voir comment, dans leur rencontre, les mots se modifient en agissant l’un sur l’autre, par leurs lettres initiales et finales.

On sait qu’un des caractères du samskrit, lequel en même tems constitue une des difficultés qui arrêtent le plus le commençant dans l’étude de cette langue, c’est la réunion de plusieurs mots en un seul, soit que cette réunion s’opère entre deux ou plusieurs mots à la forme radicale, se rapprochant pour se fondre en un composé,

loit que (et ce cas offre de bien plus grandes difficultés)

CHAPITItE III.

deux ou plusieurs mots que la syntaxe sépare, éprouvent dans leurs lettres initiales et finales, des modifications exigées par une oreille extrêmement sensible à l’euphonie. Donnons des exemples.

Maheshvam est un mot composé de mahâ et i.ihvara , en vertu de la règle, qui veut que à devant i se contracte en e; oudangmoukh a m est de même un mot composé de Ouclak et ntoukham, etc., etc. Voilà des exemples de la première espèce de combinaison. D’autre part , le mot pashyœva est composé de pashya et evn , qui, en dépit de la syntaxe, et il faut le dire, de la clarté, forment un aggrégat d’une nature différente des précédens exemples. Tatchtchhroutvd est pour tnt shroutvd, combinaison de la même espece que pashyœva; de même encore gatodevah pour galah devait, etc. On voit que ces combinaisons ont lieu entre voyelles , entre consonnes, et même entre voyelles et consonnes. Il s’agit maintenant d’examiner si on retrouve en pâli ces règles minutieuses de la langue samslcrite, d’abord quand deux mots, à la forme absolue, se réunissent pour faire un composé, ensuite quand deux mots infléchis, c’est-à-dire, déclinés ou conjugués, viennent à se rencontrer dans le discours.

Le pâli , en général , est loin d’avoir conservé toutes les règles du samskrit pour cette partie de la grammaire.

Les changemens qu’il a fait subir à la langue-mère , sont presque tous dictés par l’analyse, caractère des langues dérivées. Nous en allons donner successivement des exemples, puis nous résumerons les règles qu’on en peut déduire.

A bref et d long devant d long forment on d long.

karanâdtni

— knrana -f- âdini.

gandhâyatanam

— gandha -f- dyutunam.

dhammâyatanam

— dhamma -f- dyutunam.

djivhdyatanam

— djivhà + dyutunam.

il paraît cependant qu'il

n’y a pas là contraction, mais

élision de l’a bref; car on

verra plus bas que deux a

brefs ne se combinent pas toujours en un d long.

A bref et d long devant s’élident.

i et ou, et sans doute r et 0,

ghdnindriyam

— ghâna -f- indriyam.

kdyindriyam

— kâya -f- indriyam.

manindriyam

— maria indriyam.

djivitindriyam

= djioita + indriyam.

pourisindriyam

— pourisa -f- indriyam.

soukhindriyam

~ souk ha -J- indriyam.

viriyindriyam

— viriya -|- indriyam.

djwhindriyam

— djivhd indriyam.

oupekkindriyam

— oupekkhd -f- indriyam.

mahoussâham

— mahd -f- oussahàm.

lokouttara

— loka outtara.

roukkhuupama

— roukkha + ouparna.

phdtimokkhovddesato

— phdlimokkha -+• ouddesato.

metbounoupasan hita

~ met hou nu -f- oupasanhita.

Cependant les deux mots restent quelquefois séparas, sans que leurs voyelles se combinent. Ainsi, on trouve (1 ) saontiard dhammd , et mahdoussahdm.

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