‹ Essai sur le PaliChapitre 6 sur 108 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

ce lait est tout ce que les auteurs qui ont parlé du pâli, ont dit de plus certain et de plus authentique; et , sauf un mémoire de Leyden sur les langues indo-cliinoises, inséré dans les Recherches asiatiques de Calcutta (i), et un morceau sur la littérature des Barmans, par le docteur Buchanan (3), les détails donnés par les autres voyageurs ou savans reviennent h cette proposition. Mais comme elle est importante, et que nous lui devons beaucoup, il est juste d'en faire honneur à ceux qui l’ont avancée, dans un tems où , entourée de peu de preuves, elle pouvait paraître paradoxale.

L’étude que nous entreprenons est si nouvelle, qu’à peine sait-on comment écrire le nom de la langue qui en fait l’objet. Le plus grand nombre des autorités (et une seule, celle deLevden, peut avoir quelque poids) est pour l’orthographe que nous suivons; Leyden dit, entre autres, qu’on écrit pâli, mais qu’on prononce h ali. Les missionnaires français à Siam , auxquels nous devons les manuscrits précieux de la bibliothèque du Roi, ont écrit bail; mais dans la bouche d’un Siamois, le b et le p se confondent facilement. Quant à l’étymologie de ce mot, nous nous avouons dans l’impossibilité d’en rien dire; nous ne l’avons pas trouvée dans les textes; et plutôt que d’avancer des hypothèses aussi peu fondées que celles de Laloubère et de Leyden, nous aimons mienx attendre que la lecture de quelque grammaire originale

( 1 ) Asiat. ftcttarch.y I. X , p. i58 , ce. Louil. 4°- (») Asiat. lirseanh., t. VI, p. i63, ni. Lan et. 4°.

ESSAI SUR LE PALI, nous en fournisse la signification exacte, et en même teins l’étymologie. Quand on arua la cet Essai, et qu’on connaîtra quel est le caractère de la langue pâlie, on nous pardonnera de ne pas réfuter plus longuement diverses hypothèses sur l’antiquité du pâli, ou des Palis (car on a pris la langue pour un peuple), entre autres celle de Laloubère qui, sur l’autorité de d’Herbelot (i), l’assimile au pehlvi , et celle de Leyden, qui l’identifie avec le bdhlikâ bhâchâ, ou langue de Balk (2).

Le premier que nous sachions, qui ait parlé du pâli, est Laloubère, dans son- excellente relation du royaume de Siam, où il avait été envoyé par Louis XIV, comme ambassadeur extraordinaire, en 1687 et 1688 ( 3 ). 11 donna la traduction de la vie de Thevetat , d’après l’original pâli, et le commencement d’une sorte de rituel sous le titre à' Explication du Paümouc ou du texte du Einae ( 4 ). A ces renseignemens précieux il ajouta trois alphabets palis ( 5 ), que plus tard les encyclopédistes ont copiés fidèlement, et dont nous examinerons plus bas la valeur. Le premier aussi il a indiqué la ressemblance des noms des jours de la semaine en pâli et en samskrit. 11 se servit, pour cette comparaison, de ces noms , tels que les avait donnés Abraham Roger, « en

(1) Laloubère , Relut . de Siam , t. I , p. 530.

(a) slsiat. Research . , t. x, p. 277, ed. Lond. 4°.

(3) Tom. X , p. a5 et 26.

(4) Relat. de Siarn , t. 11, p. 35.

(5) Ibid. , t. 11 , p. 98.

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