CHAPITRE I
sanskretam, qui est, dit-il, la langue savante des brahmanes de la côte de Coromandel (i). >» Dans l’état d’imperfection où se trouvaient ces études, il y avait quelque mérite à faire ces rapprothemens que Chambers a reproduits depuis ( 3 ). Le désir de trouver des analogies quelles qu’elles fussent, entre le pâli et les idiomes de l’Inde, parait même avoir tellement dominé Laloubère, qu’il essaya d’établir un rapport entre l’alphabet pâli qu’il avait fait graver, et le dévanagari que Kircher avait consigné dans sa Chine illustrée. « Autant que je puis juger » du hanskret, par l’alphabet que Kircher nous a donné » dans la Chine illustrée, celte langue, qui est la » langue savante du grand Mogol, a cinq accens, » comme le pâli ; car les caractères de son alphabet sont « divisés de cinq en cinq (3). » Kircher en effet avait donné un alphabet dévanagari assez fidèle , dont les lettres sont divisées de cinq en cinq (4). Mais il n’est pas exact de conclure de cette division, comme le fait Laloubère, que les lettres de'vanagaries ont cinq accents comme les lettres pâlies. Dans l’alphabet de Kircher, les lettres samskrites ne sont pas disposées selon l’ordre adopté généralement, ka, kha,ga,gha, nga, etc., ordre que suit exactement le pâli , mais- selon
(1) Laloubère, t. il, p. ;5 ; Abraham Roger, La Porte ouverte au Paganisme t p. 77, trad. franç.
(a) Itech. asiat.y t. n, p. io 3 , trad. franç.
( 3 ) Laloubère , t. I! , p. 98.
( 4 ) Chine illustrée , p. 222, trad. franç.
ESSAI SUR LE PALI, une classification tout arbitraire : les cinq voyelles d’abord, l’/i aspirée et les quatre semi-voyelles, les cinq nasales, les fortes aspirées des cinq ordres, etc. Dans chacune de ces divisions, il n’y a pas cinq accens, mais cinq lettres différentes, par exemple, ha,ya, va, ra, la; tandis que, dans la disposition de l'alphabet pâli, tel que le donne Laloubère, qu’on lise, d’après l’accentuation barmanect siamoise , ka , kha , khh , ga , nga, ou suivant le système sainskrit, ka, kha , ga. gha, nga, on peut, à la rigueur , voir la une seule et meme lettre successivement affectée de cinq accens différens. C’est en renversant la disposition deKircher que Laloubère eùtpu retrouver l’ordre de l’alphabet pâli ; mais cela n’empêche pas d’admirer l’instinct qui, déjà, le portait à trouver de l’analogie entre deux alphabets alors si peu éclaircis. Depuis Laloubère, le seul alphabet que nous trouvions, a été donné par Kærapfer dans ses Amcenitales exoticœ (i). Ce savant, dans une petite planche in-4", qui contenait les alphabets de quatorze. langues , fit graver un caractère pâli entièrement indéchiffrable, mais qui ressemble cependant à celui de Laloubère. 11 est toutà-fait impossible de se servir de ce spécimen pour la lecture du pâli : d’abord, parce que les lettres sont si rapprochées les unes des autres qu’on ne peut les distinguer; ensuite, parce que la valeur n’en est pas indiquée, et que si on suivait, pour trouver cette valeur, l’ordre de l’alphabet sémitique, qui ouvre celte planche, on
(i) Fascic. H , p. 44°*