‹ Essai sur le PaliChapitre 8 sur 108 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

tomberait dans de graves erreurs. La disposition des caractères palis est , en tffet , loin de correspondre à celle de l’alphabet que Kæmpfer donne en tète de son tableau.

ISous nous contentons de consigner ici l’opinion de Lacroze, qui, d’après l’analogie qu’il avait remarquée entre l’alphabet de Ceylan, de la côte de Malabar, de Siaru, et de la langue pâlie, croyait pouvoir affirmer que tous ces alphabets dérivaient du samskrit, qu'il appelait hanskret(i). 11 se plaint de manquer de faits pour prouver cette assertion; et l'on peut regretter qu’il n’ait pas eu à sa portée les secours dont purent disposer les missionnaires de la Propagande. Malgré ces secours, Carpanus, fauteur de X Alphabetum Bamianum vel Boinanum, fit peu pour la connaissance du pâli. 11 constata seulement que c’était la langue savante de toute la presqu’île au-delà du Gange, sans faire la moindre allusion à ses rapports avec le samskrit, déjà plus connu de son tems (a), et il donna, sans l’expliquer, un fac simile du commencement du livre pâli appelé Kammouva , précédé d’un alphabet pâli ou magata. Comme ici nous ne ne faisons que le résumé historique des efforts tentés pour avancer la connaissance du pâli, nous ne nous arrêterons pas à montrer les vices de cet alphabet , dont les lettres étaient données sans que rien indiquât leur valeur respective. Il suffira de dire que l’auteur, dans la seconde

(i) The saur. Epist. J.acroz. t. ni, Ep. 4 ^, p. 85 .

(a) Alphab. barman, ed. prior, p. 12. poster., p. 10. s.

io ESSAI SUR LE PALI,

édition de cet ouvrage, le supprima comme inexact, et laissa le spécimen du Kammouva sans aucune explication possible (i).

Garpanus eut encore le tort de reprocher à Laloubère d’avoir pris le caractère barman pour le pâli , quand lui-même il reproduisait si peu fidèlement le pâli carré qu’il avait sous les yeux ( 2 ). Nous verrons plus bas que Leyden a réhabilité Laloubère, dont il faudra encore long-lems louer l’exactitude et l’attention consciencieuse. Aidé de quelques autres recherches inédites de Carpanus, et des manuscrits du P. Mantegatius, qui se trouvent dans la bibliothèque du cardinal Borgia, Paulin de Saint-Barthélemi, dans son Catalogue du musée de Velletri, avança qu’il était impossible de comprendre la langue pâlie sans la connaissance du samskrit (3). C’était dire que les deux idiomes étaient intimement unis l’un à l’autrt. Paulin eut le mérite de donner quelques preuves

(1) Alphabetum alteruni vero quod ære incisum priori édition! adduxitnus, nunc haut! morainur, etsi hujus raodi alphabetum pâli , sive bali t sive etiam balia appellaturn , vetustissimum in Avæ regno et arcanum esse probe sciamus, ut pote quod a Talapoinis (quod inonachorum genus est) usurpari soleat. Scilicet practereundam à nobis omnein de co curam existimavimus, postquam très vcl quatuor hujus modi cbaractcrum formas dubias , duas vero falsds omnitio esse intcllcximus , quin nobis quidquam certius aut securius oblatum fuerit , quod sufÜcicndum tuto ccnseremus. Al plut b . Barmanurn , cd. post., p io.

(2) Ànno 1688 Dns. de Laloubère quosdam ex alphabeto bali scu

pâli characlercs in Europain relulissc credidit ; at deceptus fuit, quandoquidem ii non aliud sint quant characlercs sive litterx barœanx et regni J»aos. Alph. Barman, ed. 1776, p. 38 .

( 3 ) Musei Borgia ni f e/litris codices Mss. avenscs f peguani, etc , p. 16.

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