‹ Essai sur le PaliChapitre 81 sur 108 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

y elletri , quelques détails sur un manuscrit paü du Phdtimokka , apporté du Pégu, el mêlé de barman, suivant le système usité aussi à Siani, de faire suivre les textes palis d’un commentaire en langue vulgaire. Paulin a heureusement eu l’attention de citer la première ligne de ce livre qui se trouve au musée de Yelletri (i). Ce sont identiquement les memes mots que dans notre Phdtimokkha de Siam. On pourra comparer le court passage de Paulin, avec le spécimen plus étendu que nous donnons, planche VI, et que nous expliquons dans notre appendice, n° 2. £nfm , nous avons prouvé plus haut que notre manuscrit du Kammouva venait de l’empire barman; or, le pâli en est le même que celui du Phdtimokk/ia de Siam. Delà il suit que cette langue est identiquement la même à Siam, au Pégu, et dans l’Ava. A Ceylan même, elle ne paraît pas avoir pris un caractère différent, car Leyden assure qu’on trouve dans cette île de nombreux vocabulaires palis. Or il a rédigé sa dissertation sur des matériaux rassemblés au Pégu. Son silence sur l’existence d’un dialecte du pâli à Ceylan, prouve que les vocabulaires cingalais dont il parlait, peuvent servir pour la langue usitée dans la presqu’île.

Remarquons, toutefois, tout en repoussant l’opinion de Buchanan, que son erreur est excusable j elle peut venir de la différence d’accentuation qui doit, nous n’en doutons pas, rendre le pâli de Siam peu intelligible à l’oreille d’nn Barman. Quand un Siamois lit ses livres

(l) Musri Bnrg. tW. . p. 17.

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sacrés, il doit donner à chacun des mots ces nuances délicates de prononciation qu'il a reçues de sa langue maternelle. Ce genre d’altération est même si familier à ce peuple que les manuscrits en portent des traces. Ainsi la Bibliothèque royale possède un ouvrage siamois entremêlé de pâli , en caractères du Phûlitnokkha. Le Siamois est complètement inintelligible pour nous. Cependant la connaissance des caractères ( immédiatement dérivés de l’alphabet pâli) qui servent à l’écrire , nous a permis de lire un certain nombre de mots palis, transcrits suivant la méthode d’accentuation et de prononciation siamoise. Les Barmaus et les Cingalais doivent de même accentuer le pâli à leur manière. Sous ce rapport, le samskrit offre le meme phénomène ; la prononciation en varie suivant les différentes provinces où on le cultive ; et n’avons-nous pas vu un missionnaire qui eut quelque tems une grande autorité comme indianiste, prétendre que le samskrit de sir William Jones et des Anglais du Bengale , n’était pas le même que celui de la côte de Malabar?

Enfin, pour prévenir une dernière objection, nous dirons que quelques différences d’orthographe, et l’introduction d’un plus ou moins grand nombre de mots étrangers dans Le pâli , ne doit pas autoriser à faire regarder cette langue comme partagée en dialectes. Nous avons admis plus haut que les idiomes vulgaires des pays où on le cullive pouvaient avoir exercé sur elle une certaine influence. Mais il faudrait (ce qui n’est pas prouvé) que cette influence eût été bien puissante , pour constituer un ou plusieurs dialectes, dans le sens propre de cette expression.

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