‹ Essai sur le PaliChapitre 83 sur 108 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

ilans la question qui nous occupe, est concluant en faveur de notre opinion. Le kavi est, comme on sait, le samskrît de Java , on plutôt c’est le résultat des altérations successives qui ont dénaturé la langue savante de l’Inde, depuis qu’elle a été portée par une colonie dans celte île. De ces altérations, produites la plupart par l’influence de la langue primitive de Java, est ne un dialecte qui , conservant encore les mots samskrits presque sans aucun changement, en a perdu toutes les inflexions et est passé à l’état de langue analytiquë(i). Que ce résultat ne se soit ps identiquement reproduit dans la presqu’île au-delà du Gange, nous ne nous en étonnerons pas. Les deux termes du rapport avaient changé ; d’un côté c’était toujours le samskrit(dans l’hypothcse que nous combattons); mais de l’autre l’idiome national n’était plus le même. La différence dans les termes a donc dû nécessairement introduire une différence dans le résultat. 11 est vrai ; mais on doit nous accorder que , s’il a pu n’être pas identique, il a dû au moins être analogue. Or c’est là ce qui n’est pas. Notre Essai de grammaire pâlie a prouvé que cette langue est loin d’avoir perdu le caractère synthétique qu’elle tient de son origine. Nous sommes donc autorisés à conclure de là, que le pâli n’a pu être formé hors de l’Inde, mais qu’il est né dans cette contrée même, avant que les bouddhistes qui se sont établis dans la presqu’île, eussent quitté leur terre natale.

( i) Radies , /lis/, of Jaca 1 1. j , p. 30; Ctaufurd , A sia/. Iltsearch *. MH , p. i {4 et 1 G 1 , cil. Calcutt.

Cette conclusion, d’accord avec le fait historique cité plus haut , mène elle-même à d'autres conséquences : i° Le pâli ne peut avoir de dialectes. Transplanté tout entier de l’Inde dans les diverses contrées de la presqu’île , il y est resté fixé à l’état de langue morte. On a vu pins haut , que nous étions déjà arrivés à cette conséquence par l’examen des faits.

3° On doit retrouver aux Indes des traces de son existence antérieurement à l’émigration qui l’en a exilé.

C’est à l’exainen de celte seconde proposition que nous consacrerons le paragraphe suivant.

Page 1