CHAPITRE IV. l
Il devient m comme en pâli , dans les mots suivans :
Pr. djam
P. yam
S. yat, ce que.
lam
tam
ial, cela.
edam
etam
fiat, ceci.
Le visarga est supprimé comme en pâli et se change de même en o.
Pr. namo pouriio so
dhammâ
bikktMÎ
P. namo, respect.
pouriso, homme.
so, il.
dhammâ, les devoirs.
ihikkhml, les mendians.
Nous allons maintenant exposer les points principaux par lesquels le pràkrit diffère du pâli.
Le pràkrit met généralement dj pour j ., changement naturel et commun à presque tous les dialectes provinciaux dérivés du sumskrit. Le pâli ne paraît pas l’avoir adopté aussi généralement , quoique nous en ayons trouvé quelques exemples ; c’est là le commencement d’une altération que le pràkrit a poussée fort loin.
S. y al
yaooanam
yâoat
P. djam (i) Pr. djam, ce que.
yovanam djovanam, jeunesse.
yâva djdva, autant que.
Le pràkrit met souvent le n cérébral à la place du n déniai; ce changement, fondé sur une légère différence
(i) On le trouve dans le Kammouva , mais la forme yam est plus, commune.
de prononciation, est pour nous purement orthographique; déjà nous avons vu que le pâli employait assez arbitrairement les cérébrales ; comme ce dialecte, le prâkrit change t et d dental en leurs cérébrales correspondantes.
Pr. patamo P. palhamo S. pralhamah , premier.
parti pati ou pati prati, vers.
vouildho vruldhuh, vieux.
Le pràkrit change en h les aspirées kh , gh } th,dh, bh (i) ; ce changement est, comme le précédent, beaucoup plus général en pràkrit qu’en pâli.
Pr. hodou P. hotou S. bhavalou , qu'il soi).
mouham moukhum moukham, face.
nihdnam nidhânam , trésor.
Le pràkrit change t médial en d ; ce changement paraît étranger au pâli ; ainsi edam est, pour le pa !i , étant, cela, gado pour gato , parti. Ces permutations, comme on voit, sans parler de quelques autres qui n’aflectent qu’un petit nombre de mots , donnent aux mots prâkrits
( 1 ) Le changement de kh , etc., en A, peut paraître singulier, et Ton s'attendrait plus naturellement à voir disparaître l’aspiration et non 1» .consonne qu'elle affecte. Cela vient de ce que les Indiens prononcent les aspirées fortement , et en faisant entendre distinctement le h. Remarquons en outre que c’est l’habitude des langues de'rivées de conserver plutôt l’aspiration qui accompagne la lettre dans la langue primitive, que la lettre même. On pourrait en accumuler les exemples : ainsi le samskrit bhoti, devient le latin fuo; b hoû mi , humus ; dfununa y fumus. Toutes les langue: dérivées comme l’espagnol , le portugais , etc. , en offriraient davantage.