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“possibilité de suppléer à une perte de substance cuta-
née, résultant d’une plaie, par des greffes de peau.
Et cette méthode de thérapeutique des plaies est d'autant plus précieuse qu’elle est parfois notre seule ressource dans certains cas.
La Nature qui, par la production de bourgeons
charnus, peut combler activement une brûlure profonde
et étendue, est à peu près incapable de régénérer les téguments. Ou, si elle le fait, ce sera toujours avec une lenteur désespérante et avec, parfois des résultats piteux, c’est-à-dire des cicatrices plus ou moins vicieuses.
Cest dans ces cas-là surtout que les greffes permettent d'aider puissamment la Nature et d'obtenir même, dans une grande mesure, des résultats plus parfaits que ceux qui seraient son œuvre.
Certainement, les greffes cutanées sont, en général, difficiles à pratiquer. On a parfois des échecs. Mais on a aussi de magnifiques succès.
Ce n’est pas la place ici d’en décrire longuement les différents procédés. Nous devons cependant en donner un court aperçu.
Elles comprennent deux grandes classes :
l° Greffes sans pédicules, c’est-à-dire obtenues avec des greffons détachés complétement du sujet qui les fournit. Ce sont alors soit de tout petits fragments emportant avec eux des cellules fgénératrices d’épiderme, des cellules de la couche de Malpigni et, par suite, capables de proliférer, une fois qu’ils ont été déposés sur la plaie que l’on traite, et de la recouvrir
d’un épiderme néoformé. Ce sont là les greffes par la Méthode de Reverdin; ou bien les greffons peuvent être de véritables lambeaux, (détachés toujours au niveau de la couche de Malpigni) : et ce sont les greffes d'Ollier-Thiersch. A SET EE
2 Greffes avec pédicules, c’est-à-dire obtenues avec des greffons qui restent rattachés par un pédicule à la région où on les prélève. Ce pédicule pourra être
permanent, c’est-à-dire ne pas être sectionné, même lorsque le lambeau dont il assure la nutrition aura « pris ». Et l’on peut citer, comme greffes à pédicule permanent, les greffes par la méthole française où le lambeau est amené par glissement sur la plaie à combler : pâr exemple lorsqu'on refait une aile du nez à l’aide d’un lambeau pris à la joue. Les greftes par la méthode indienne amènent le lambeau par torsion de son pédicule, ainsi lorsqu’on refait le nez à l’aide d’un lambeau prélevé sur le front.
La greffe pourra être à pédicule éransitoire, C’est-àdire qu’oc sectionne le pédicule du lambeau quand ce dernier est devenu adhérent à la plaie qu’il était chargé de recouvrir. Dans ce cas, on prend généralement le lambeau dans une région quelquefois fort éloignée de celle de la plaie. C’est la méthode italienne dont l'application la plus connue est celle de larhinoplastie à l’aide d’un lambeau prélevé sur le bras.
Pour toutes ces greffes, les greffons ou lambeaux sont généralement pris sur le malade lui-même. Elles sont dites alors auwtoplastiques. Quand les greffons
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sont empruntés à un autre individu de la même espèce, on les appelle xomoplastiques. Les greffes de Reverdin, :
-deOllier-Thiersch sont souvent homoplastiques. Citons
enfin, pour être complet, les greffes hétéroplastiques, c’est-à-dire les greffes empruntées à un individu d’une espèce différente, par exémple greffes de peau de grenouille, de cobaye, etc. Mais elles donnent des résultats moins constants que les autres.
En résumé, ces méthodes thérapeutiques « par le vivant» sont de belles et fécondes méthodes, d’une
portée très générale et auxquelles, très probablement, appartient l'avenir de la thérapeutique en général.
2: Apport de matériaux de défense et organisation de la défense.
Cest là le deuxième grand processus qui, dans la réalité, se passe à propos de toutes les plaies, car il” n’en est aucune qui ne soit plus ou moins souillée de microorganismes.
Comme pour le processus de réparation, nous devons venir en aide aussi bien à la plaie qu’à l'organisme en général.
Pour ce qui est de la plaie, nous savons déjà qu’il convient de ne pas employer des antiseptiques, car ces substances loin de lui venir en aide dans sa lutte contreles microbes, entravent au contraire ses moyens de défense sans pouvoir, par compensation, agir bien efficacement contre l'infection elle-même.