TECHNIQUE GÉNÉRALE
Nous disions dans l’introduction qu’il ne fallait pas être trop exclusif dans le choix des traitements qui s'appliquent à ce tout complexe qu’on appelle une plaie. Nous disions notamment que, malgré leurs multiples inconvénients, les méthodes antiseptiques ont encore souvent leurs indications.
Le moment est venu maintenant de préciser ces indications. Elles ont une portée générale et deviennent de véritables règles de conduite pour le traitement de toutes les plaies infectées. Ces règles peuvent se résumer ainsi : ù
A partir du moment où une plaie s’infecte, son traitement doit comporter deux phases :
le Une phase. antiseptique qui doit être précoce, proportionnnée au degré d'infection probable de la plaie, efficace contre les microbes et aussi inoffensive que possible pour là plaie elle-même.
La durée de cette première phase doit être courte.
2 Une phase aseptique qui succède à la précédente et dure jusqu’à la guérison complète de la plaie.
La phase antiseptique doit être précoce, car plus tôt
elle sera instituée et plus elle aura des chances d’être ÿ
efficace, En effet, les microbes n’auront pas encore eu le temps de pulluler, ils seront encore en surface. On pourra les atteindre plus sûrement, plus facilement et s:ns nuire beaucoup à la plaie. Le choix des moyens antiseptiques devra être judicieusement fait suivant les cas. Suivant les cas aussi, la durée de leur application sera variable. Mais il faudra tâcher de la faire courte, tout en la faisant efficace, afin qu'une iatervention trop prolongée ne devienne nuisible à la plaie elle-même. La phase antiseptique d’ailleurs ne peut être que relativement courte car, a partir d’un certain. moment, elle cesse d’être efficace. >)
En effet, les microbes ne tardent pas à quitter la surface de la plaie pour pénétrer dans sa profondeur : ils envahissent les Cellules, les fines ramifications lymphatiques, vasculaires, ete. À partir de ce moment, ils seront protégés contre l’action des antiseptiques et, dès lors, ceux-ci ne pourront agir contre eux qu’au grand détriment des éléments anatomiques qui les abritent. D'ailleurs, dès ce moment, une diapédèse active se sera produite. Une véritable armée de leucocytes se sera déployée.
Le moment est venu de laisser à la nature le soin d'organiser la lutte contre les microbes, car elle le fera “avec plus de finesse et de chances de succès que nous ne saurions le faire, nous, avec nos grossières ‘eb intempestives interventions. Nous nous contenterons simplement de ne pas nuire et nous aiderons dans ce que nous pourrons. Nous ne protègerons la plaie