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dire, que l’on panse à plat. Il faut donc pour obtenir ce résultat, introduire dans la cavité à draïiner des
mèches de gaze humides et fortement exprimées. Elles
réaliseront parfois un drainage plus efficace que des
drains de caoutchouc car ceux-ci ne peuvent réaliser
une aspiration de l’exsudat des plaies, ils ne servent qu’autant qu’ils ont une position déclive, car ce n’est
que par les lois de la pesanteur quele pus peut s’en-
gager dans un drain, tandis que c’est par celles de la
capillarité qu’il Suit une mèche.
Etantau débutde nosétudes nousnousrappelonsavoir vu, dans un hôpital de province, un malade qui avait eu une péritonite. On employait des drains que lon enfonçait verticalement dans sa plaie opératoire médiane. Le malade étant toujours couché sur le dos il n’y avait donc aucune raison pour que le pus s’engagea dans ces drains. Une seule chose permettait Pécoulement du pus au dehors : c'était par accumulation dans la cavité péritonéale. IL sortait alors par regorgement, parce que la cavité était pleine, et dès lors il sortait — n’importe où, aussi bien par le drain qu’autour du drain. Parfois même l’excès de pression du pus chassait dans le pansement le drain en question. Et l’on comprend dés lors comment ce contact prolongé et permanent du pus avec le péritoine n’était pas fait pour permettre une guérison rapide. Celle-ci mit d’ailleurs S mois à s’obtenir très imparfaitement car le malade à sa sortie de l’hôpital était encore porteur d’une petite fistule qui nécessita encore de
Lot
nombreux pansements. À noter qu’il ne s'agissait pas
. d'une affection tuberculeuse.
Un résultat beaucoup plus rapide v’aurait-il pas été obtenu par un drainage pratiqué d’une facon rätionnelle? Nous sommes absolument enelin à le penser. |
La situation de la plaie, son anfractuosité, la position qu'avait le malade dans son lit ne pouvant permettre l'écoulement du pus par les seules lois de la pesanteur, avec ou sans drain peu importe, ‘il aurait fallu utiliser les lois de la capillarité, créer un courant exosmotique de la profondeur vers la surface, en utilisant dans ce but des mêches de gaze seules, où
mieux peut-être, des mèches garnissant l’intérieur de gros drains afin d'éviter la plaie de se rétrécir trop.
rapidement. On aurait ainsi assuré l'écoulement de l’exsudat péritonéal d’une facon rationnelle et perma-
nente, au fur et à mesure de sa production. On aurait
ainsi évité la stagnation, l’innoculation permanente de la séreuse.
Nous ne pouvons mieux appuyer ce que nous disons
qu’en citant ces paroles de Préobajensky : «Je conseille,
dans les inflammations purulentes du péritoine- et d'autres cavités, d'enlever l’exsudat au moyen de serviettes de gaze fortement comprimées ou de mèches de gaze qu’on distribuera partout, dans tous les’ culs-de-sac, afin d'assurer l'écoulement du pus. On donnera aussi au malade la position la plus favorable à l'écoulement du contenu abdominal. La règle géné-
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rale est d’assurer l'établissement d’un courant osmotique du malade à l'extérieur. Les résultats satisfaisants, obtenus par M. Trojanoff, de Saint-Pétersbourg, dans le traitement des péritonites purulentes et dans un cas de péritonite par perforation, ‘confirment très heureusement les résultats de mes expériences sur les animaux ». |
Nous ne voulons pas clore cet exposé du traitement | des cavités purulentes sans signaler tout au moins une application extrêmement intéressante de l’eau salée au traitement des cavités purulentes et notamment des empyèmes.
Comme il s’agit de l'emploi d’une solution fortement hypertonique et non pas de sérum, nous ne pourrions d’ailleurs y insister sans sortir de notre sujet. À ceux qui voudraient se renseigner plus complètement, nous conseillons la lecture du petit mémoire où nous avons trouvé ces faits. IL est d’Houzé de l'Aulnoit, et a été
imprimé à Lille en 1879. Son titre est : « Thérapeutique chirurgicale. Traitement des foyers purulents et des plaies par l’eau salée. Méthode d’apprécier la marche de la cicatrisation à l’aide de tracés cicatriciels et de projections graphiques ». L'auteur emploie une solution salée à saturation. Cette solution est notablement plus dense que n’importe quel exsudat de plaie, pus ou sang. Il linjecte dans les cavités anfractueuses d’où le pus ne sort que difficilement, et, en vertu de la différence de densité, le pus afflue à la surface et est chassé au dehors pendant que l’eau salée va dans les
moindres replis de la cavité d’où elle chasse les moindres gouttes d’exsudat plus léger qu’elle. Elle doit exercer enfin sur les parois pyogènes une action antiseptique et stimulante de la cicatrisation. L’auteur publie de nombreuses observations {d’empyèmes, d’abcès froids, de fistules, etc.
Faitintéressant à signaler, l’auteur qui ne connaissait pas le sérum avec son innocuité recommande de ne pas employer l’eau salée « dans les abcès chauds mal limités, ni pour panser les plaies compliquées d’une inflammation plus ou moins vive ».
Le peu d'observations que nous avons vues jusqu'ici montre bien au contraire combien l’eau salée, mais l’eau salée isotonique, donne de beaux résultats dans ces cas-là.
Plaies infectées quelconques, suppurées ou non
Ce que nous venons de voir des plaies cavitaires doit nous inciter a priori à penser qu’à plus forte raison les effets du pansement au sérum doivent être bons quand il s’agit de plaies en surface.
Voici quelques observations :
OBSERVATION VIII (Thèse de Gottschalk)
Plaie contuse de jambe Guérison
Mal‘** Antoine, 32, ans raffineur. Le 12 janvier 1901 une
plaque de tôle lui tombe sur la jambe, et le blesse en trois
endroits. Il se fait panser en ville, et pendant six jours l'état de la plaie reste stationnaire ; mais à partir de cette date le pied et la jambe enflent, et il se produit une abondante suppuration. \
Le 24 janvier, soit 12 jours après l'accident, il se décide à entrer à l'hôpital de la Pitié (salle Michon, n° 12). Après avoir enlevé le pansement appliqué en ville (pansement humide avec imperméable, imbibé d'un liquide bleuâtre, fort probablement du sublimé) on trouve: une plaie de
cinq centimètres de long au niveau de la crête tibiale, au
tiers moyen de la jambe ; une deuxième au dessus du coup.
de pied, et une troisième derrière la malléole interne, toutes deux de un centimètre environ. La partie antérieure de la jambe est rouge enflammée et douloureuse.
La plaie est recouverte d'un pus jaunâtre très épais. Les urines sont normales, ni sucre, ni albumine. Pansements
humides au sérum, sans imperméable, tous les jours puis
tous les deux jours. Sous la seule influence de ce traite-.
ment, les plaies se détergent très rapidement et le blessé
sort complètement guéri et cicatrisé le 5 février soit après
42 jours de traitement.
La température a toujours été normale.
OBSERVATION IX (id.) Plaies de la jambe. — Anthrax de la cuisse Guérison
Mor*** Georges, 31 ans, journalier entre à l'hôpital le 24 janvier 1901, pour une large plaie superficielle, siégeant
à la jambe droite, au niveau de la malléole interne, et due
à la pression déterminée par la chaussure. Le malade qui avait été atteint six ans auparavant d’une scarlatine a été depuis deux ans affligé de nombreux furoncles, siégeant surtout à la jambe droite; l'année dernière il avait été “obligée d'entrer à l'hôpital de la Charité et d'y rester un mois pour anthrax du dos. À l’entrée, on trouve une plaie rouge couverte d'exsudats purulents, empiétant sur la face. interne de la jambe, dont la peau est elle-même enflammée, rouge, adémateuse ; le genou parait également plus volumineux et cet œdème ne porte que sur les tissus superficiels (pas de choc rotulien). A la partie interne dela cuisse! droite il existe -un petit anthrax qui s’est déjà ouvert spoñntanément. Les urines sont normales, ne contiennent pas de sucre, ni d’albumine.
Trois pansements à la solution salée physiologique suffisent pour déterger la plaie, Le même traitement est appliquée à l’anthrax et le malade sort guéri le 30 janvier. soit après six jours de traitement. La température était
toujours restée normale.
Gottschalk ajoute qu’elle « montre les bons résultats d’un pansement aseptique et non irritant sur une peau profondément infectée, chez un individu débilité. »
Peut-on faire mieux que de produire de telles observations pour répondre à ceux qui préconisent encore les antiseptiques dans le cas où une plaie est très infectée ?