PARACELSE
Etant donné une plaie, deux choses peuvent lui
nuire : les violences extérieures, le pansement luimême. Il faut donc la protéger contre les violences extérieures par un pansement qui, lui-même, ne fera pas Violence à la plaie, ne lui nuira pas.
Nous n’insisterons pas beaucoup sur le premier des
points, à cause de son extrême simplicité. Car c’est celui qui vient le premier à l’esprit du blessé lui-même, quelque rudimentaire que soit l'intelligence de ce
blessé. En effet, il est un phénomène qui, d’instinct,
l'oblige à agir ainsi ; ce phénomène est la douleur. Aussi, pour protéger une surface de plaie, exquise-
ment sensible, il la recouvre avec ce qu’il trouve,
feuille, écorce d’arbre, terre, excrément, et il maintient
pe
ra
ce pansement par un moyen quelconque. Ainsi s’explique que l’origine des pansements et bandages se perde dans là nuit des temps.
Aujourd’hui, cette règle de protéger d'abord une plaie contre les violences extérieures reste intacte. La seule différence, c’est que nos notions sur les violences extérieures se sont agrandies et que, comme telles, nous ne considérons pas seulement des violences mécaniques (chocs, frottements ) ou des violences physiques (chaleur, froid, sécheresse, humidité), mais encore et surtout, peut-être, des violences « biologiques », c’est-à-dire les microbes.
: Les anciens chirurgiens insistaient Polucont sur le ménagement de la partie blessée. Ils recommandaient de bien la protéger et de donner au membre là position l& plus favorable. |
À notre époque, la plupart des pansements sont suffisamment protecteurs. La gaze, le coton hydrophile, les bandes de tarlatane avec ou sans apprêt, les bandes de crêpe élastique, en même temps qu'ils protègent efficacement la partie blessée contre les violences extérieures,exercentsur elle une compression äouce et égale. Si l’on joint à cela l’emploi des gouttières en fil de fer où l’on peut immobiliser le membre blessé, et celui des cerceaux qui empêche les couveriures du lit de peser lourdement, on aura vraîment d'excellentes conditions de protection et d’immobilisation.
Il y à en outré, bien entendu, l'arsenal orthopédique
ae NUL
dont la majorité des appareils n’a d’autre but que la protection d’une région malade.
Reste à examiner maintenant le pansement luimême. Essayons de classer ses propriétés objectives et voyons dans quelle mesure chacune d’ellès peut nuire à la plaie. He
On peut dire qu'un appareil de pansement a des propriétés « biologiques »; des propriétés chimiques, des propriétés physiques. Etil peu nuire par ces trois propriétés à la fois.