‹ Essai sur le peuple et la langue banda (région du Tchad)Chapitre 10 sur 43 · LA GUERRE · texte numérisé non relu

LA GUERRE

Il faudrait de nombreuses pages pour décrire 1î guerre entre tribus, entre villages.

Le village qui attaque part à travers brousse sans parler, sans allumer de feu jusqu'à quelque! kilomètres du village qu'on veut surprendre. Lei guerriers campent dans Tobscurité et attaquent i Taurore en faisant un vacarme assourdissant pou: eiïrayer l'adversaire.

Ce n'est pas le chef qui dirige l'attaque : celui-c reste toujours en arrière et désigne un hommpour le remplacer.

Le chef n'est pas propriétaire du butin : il choî sit ce qu'il veut. Ceux qui cachent le butin ou 1 volent sont passibles de la peine de mort. — On n rend jamais les otages.

Remarque curieuse : celui qui prête son bon cher a droit à la moitié du bulin fait par l'emprun teur. Un ancien (c ascar » de Rabah m'a signalé 1 môme fait chez les Arabes pour les prêts de che vaux.

Le chant, la musique et là danse.

Les chants Bandas sont peu nombreux, simple comme motifs mais très compliqués comme mélc die et surtout comme exécution. Il n'y a guère qu un ou deux chants de guerre, les chants de la cir

La langue banda i9

concision et de Texcision, deux ou trois tam-tams renommés et des chansons de circonstance, les « couplets du jour ». Si on ajoute à cela quelques paroles adaptées sur nos sonneries de clairon, on aura à peu près tout le répertoire Banda ancien et moderne. Tous les chants se composent d'un « leit-motiv » répété pendant toute la durée du lam-tam. Ce leitmotiv est encadré d'une sorte de récitatif sous la forme de chœur. Les enfants aux voix suraiguës, les femmes aux organes grêles, les hommes adultes qui seraient nos ténors et barytuns, enfin les voix graves sont les parties de ce chœur dont l'ensemble est assez harmonieux et forme à son tour un « leit-motiv » qui se répète à satiété. Les Bandas affectionnent les vocalises, mais ces vocalises sont presque intraduisibles avec notre notation musicale et offrent ceci de particulier que chaque exéculant en modifie à son gré le ton, quelquefois même la teneur. S'il est facile de recueillir les paroles, il est presque impossible d'en noter la musique, chaque indigène chantant sa partie à sa façon. Voici quelques-uns des chants Bandas que nous diviserons en chants anciens, chants modernes et chants de circonstance.

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