‹ Essai sur le peuple et la langue banda (région du Tchad)Chapitre 9 sur 43 · FÉTICHES. — SORCIERS · texte numérisé non relu

FÉTICHES. — SORCIERS

Les Bandas n'ont pu résister aux populations musulmanes et depuis quelques années aux Sénégalais; ils ont adopté des fétiches, mais avec une ardeur tiède : ces fétiches sont peu nombreux : un ou deux au plus et très petits, portés aux poignets ou à la ceinture. Ce sont presque toujours de petits morceaux de bois de un à deux centinoètres ou des cauries portés au moyen d'une mince ficelle de corde indigène. Il n'y a guère que deux

îéiiches appréciés : celui des blessures au pied et de la fatigue à la marche, et celui de la variole.

J'ai cependant vu le grand -chef des M'Brés ^oumba couvert de fétiches de toutes sortes, petites Cornes d'antilope, bois tordus capricieusement, chapelets de cauries, etc. 11 passait pour un renommé « sorcier ».

La même tribu possédait aussi une sorte de nain sorcier appelé Zanga auquel j'ai vu exécuter, en cours de tournée, des danses de caractère peu banales.

Ces sorciers sont très redoutés; on les craint surtout pour le « mauvais œil » qui tue les gens, si Tauteur ne vient pas au chevet du malade « faire un médicament » pour lui rendre la santé.

On comprendra sans peine que j'aie pu recueillir fort peu de choses sur les pratiques de sorcellerie. J'ai pu cependant, au cours d*un règlement de palabre, noter un détail intéressant :

Pour jeter un sort, le sorcier met un pelil morceau de bois infime debout au milieu deTempreinte du pied de celui qu'il veut frapper et le recouvre de terre. Le bois est pris à un arbuste : le « ve- Jienda », de la grosseur de Tavanl-bras. Ce sort est, paraît-il, le plus terrible : il est surtout employé pour châtier les voleurs.

Le sorcier est aussi quelque peu astronome :

nous n'insisterons pas sur ce point.

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