‹ Essai sur le peuple et la langue banda (région du Tchad)Chapitre 14 sur 43 · CHANTS DE CIRCONSTANCES · texte numérisé non relu

CHANTS DE CIRCONSTANCES

Ces chants sont nombreux ; tous les Bandas qui se respectent en font à leur façon; les plus jolis sont chantés de village en village. En voici un :

Chant dit du « Commissaire Gentil, »

(Romboa, grand -chef des Maroubas, auteur).

Se na ko Arab Se za béré fo mè ni Mi se dé kanga na se Marouba Toumou kanvoro kala n' Délié Kanvoro! kanvoro! Kanvorol

dont voici la traduction :

Il est parti faire la guerre aux Arabes Il avait des cadeaux : il ne m'a rien donné; Je ne suis pas Tesclave dos Moroubas Qui s'aiment sur la.terre de feu, à N'Dellé

(chez Senoussi).

Terre de feu! Terre de feu! Terre de leu (1)1

(1) Plus cxacleiDeut : emplacements de foyers éteints.

Divers. — Voici, à tilre de curiosilé, un modèle de couplets adaptés sur des sonneries de clairon :

La Soupe.

Corbodio n' gari se po mala?

Corbodio se n' gari non.

Corbodio (sobriquet du sergent indigène) demande où Corbodio l'a mangée toute. [est la farine?

Les Bandas chantent en dansant, mais ces danses sont assez simples et sans grand caractère. Elles consistent surtout en flexions des jambes et en frappements de mains cadencés, sans bouger de place ou en faisant un cercle de faible rayon. Quelquefois ils agrandissent le cercle et allongent le pas. Imaginez un coureur dans la position du pas gymnastique, balançant les coudes et marchant à grandes enjambées.

Le cercle est formé de la ligne des hommes et de celle des femmes coude à coude.

Ils ont cependant une sorte de tam-tam qui est plutôt un jeu qu'une danse.

Etant en cercle et frappant des mains en cadence, un danseur quelconque se détache et se rend, en faisant les mouvements qui lui plaisent, devant un autre à un point quelconque de la circonférence. Il le désigne par un geste du doigt ou du coude, un appel des pieds, une inclinaison de tête. Le danseur désigné va trouver un troisième

LA LANGUE BANDA oo

danseur qui lui-même continue la mimique. Quand le jeu est bien lancé, on le fait en partie double, triple, quadruple. Il s'agit de ne pas s'embrouiller dans ce manège.

Les chants sont accompagnés du classique tamtam. C'est chez les Bandas, comme dans toutes les parties de TAfrique, la peau de béte, rasée et tendue sur une caisse résonnante : tronc d'arbre évidé, caisse... etc.

On le frappe avec les mains, rarement avec des baguettes. Je dois dire que le tam-lam est facilement remplacé par une foule d'objets que Ton frappe alors avec une baguette : la calebasse et les vieilles caisses de zinc jetées au rebut sont les modèles du genre.

Un autre instrument est le non moins classique halafon : mais les « touches », ne sont pas toujours posées sur une monture; elles reposent sur un trou e» terre assez profond, qui sert de caisse sonore.

Nous arrivons au koundi, ou guitare. Cet instrument étrange et assez harmonieux figure assez bien les harpes mystiques, celles que Ton voit aux mains de David ou dans les missels moyen-âgeux. La caisse sonore est formée d'une peau hexagonale tendue sur une écorce. D'un bout part une tige en demi-cercle, terminée par cinq chevilles. Les cordes, qui sont des lianes de la brousse, partent de ces chevilles et sont attachées au milieu de la caisse sonore.

Les guitares sont quelquefois de diffén formes.

Enfin, il y a les « castagnettes » indigènes prunlées probablement aux riverains de TOi gui. Deux petits fruits ronds de cinq centim de diamètre, vidés et remplis à moitié de pe sont joints par une filière. La première boul prise entre le pouce et Tindex de la main Fintérieur. Il faut remuer la main de façon que TaUtre boule vienne heurter la première femmes surtout ont de ces instruments et aller et venir leurs mains pendant des heureî tières, toutes ensemble, et avec une cac parfaite.

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