DEUXIÈME PARTIE
La langue banda est (rorip^ine banlou; c'est une opinion déjà émise par Denikor et ftlaislre qui assure qu'elle a de nombreux points de ressemblance avec les langues de la cole orientale : Kisvvahili et Kiganda. Ce dernier a pu remarquer, d au Ire part, que les armes de la tribu rappelaient celles des Niams-Niams et des Monbouttous.
La langue banda a été étudiée pour la première fois très rapidement par Maisire dont les iN'dris sont les N'Dys actuels. Nous prions le lecteur de se reporter au vocabulaire qui suit l'ouvrage de rillustre explorateur. Je tiens cependant à signaler quelques petites erreurs.
Contrairement aux dires de Maistre, la langue N'dri (banda) n'est pas composée :
1° Des Mandjias qui forment une race absolu-
ment dissemblable et dont la langue a et étudiée par M. le gouverneur Glozel (vocabulaire Baya) (1).
2° Des Aouakas, des Akoungas et des Arétous, qui ne sont pas Bandas. MM. Chevallier et Decorse ont sûrement des renseignements précis sur ce point;
3° Des Banziris, qui n'ont qu'une parenté très faible avec le groupe Banda. Maistre a dû entendre parler des Togbos, des Boubous ou autres populations soumises par les Banziris.
Si je tiens à faire une petite critique du vocabulaire de Maistre, je prie cet explorateur pour lequel, au Chari, nous professions tous une véritable admiration, de ne pas la prendre en mauvaise part. Maistre, en passant rapidement, est tombédans quelques erreurs, auxquelles je me suis heurté, auxquelles tous lesnouveaux arrivés auront affaire. Je tiens simplement, puisque j'ai eu le temps de les remarquer, à les signaler :
1° Les indigènes répètent fréquement, surtout dans l'interrogation, deux fois le même mot. Mais c'est uniquement pour être sûrs d'être bien compris.
Comment t'appelles-tu? Bongo... Bongoi
Comment appelles-tu cet animal? M'bala...
M'bala (éléphant... éléphant), etc.
1. Clozol ^;T.-J.) : Les Bayas, Haute Sanga, Bassin du Tchad. Notes ethnographiques et linguistiques. Paris, 1896, in-S» (J. André, éditeur).
2° Dans tous les mots la particule zou^ indique l'idée d'espèce humaine :
La patte, tchouprounou Le pied, tchouprounouzou
3** Se rappeler que la plus grande partie des mots sont composés. — Rechercher toujours les composants. — Dégager le mot des « formes »
qui raccompagnent. — Éviter les amplifications d'interprètes.
¥ Et surtout se méfier de notre prononciation.
Ex. : Tu es. Le vocabulaire donne hiou hiou
(tué).
Ceci dit, je le répète pour mémoire, nous allons commencer l'étude de la grammaire.