CHAPITRE II
Des mots et de leur formation. — Racines. — Termes génériques. — Préfixation. — Mots composés. — Mots déformation récente. — Emjirunts aux autres langues. — Onomatopées. — Hcgle des abréviations. — Abréviations irrégulières. — Déformation par Jes indigènes. — Règles euphoniques. — Élision.
La langue Banda, comme toutes les langues indigènes primitives, est fort pauvre. Elle ne possède que quelques mois simples, sortes de racines; les indigènes créent tous les autres mots au fur et à mesure de leurs besoins toujours croissants par l'adjonction de préfixes, de suffixes, ou parla fusion de deux mots simples.
Racines, — Ces racines sont peu nombreuses.
Voici quelques-unes des principales.
Indénè — cf. : Amour, aimer, désirer. S'emploie pour accepter, agréer, vouloir, désirer, envier, contenter, demander; — par extension:
l'amour, Tamitié, le désir, la joie, le contentement :
Je ne veux pas, m{îfindéné goûta f/owû.
Que désiros-lu? bo indéné yifjo?
Ainies-lu le sel? ho indént^ rnbimbiri?
Je suis content, m{iy'indéné.
Za — cf. : Saisir, prendre ; s'étend aux actions d'apporter, porter, enlever, soulever, manier, déplacer un objet quelconque.
Prends cela! za si.
Aide ce porteur à mettre sa caisse sur la tête. ZA sandoukou kouinazi na zoucomba.
Ma — cf. : faire, exécuter.
ma ouo, faire du feu.
Sltima — cf.: être (verbe); s'étend à Taclion d'exisler, de vivre, d'babiler, d'être en bonne santé ; s'étend aussi aux actions de se réunir, se grouper. D'où : la vie, la santé, la réunion, le groupe.
Ex. : Bonjour! D. — Bo sitima?
Existes-tu?
R. — Ma sitima !
J'existe!
11 habite dans ce village. Si sitima marauda si.
■Na (abréviation et extension de nagam) — cf. : se mouvoir, aller, venir, marcher, se rendre à, se mettre en route, etc.
N'ganga — cf. : le contenant, racine couram-
menl employée avec le nom du contenu. Ses acceptions sont si nombreuses qu'il est préférable de renvoyer à la grammaire.
Oûo — cf. : lumière et chaleur; par extension, tout ce qui les provoque, tout ce qui en est un des effets; — oûo désignera le feu, la flamme, la lumière, la torche, la bougie, Tallumette, le chandelier, la lanterne, le fusil, le canon, la brûlure, la piqûre, les éclairs, la douleur provoquée par un coup, etc.
Koho — cf. : couvrir; par extension, tout ce qui couvre.
Koko, le chapeau, la paupière, la peau, etc.
Kanga — cf. : détruire la liberté. S'emploie pour: fermer, emprisonner, attacher, cacheter une lettre, mettre aux fers, ficeler, amarrer; — par extension : la serrure, la prison, les fers, la ticelle, Tesclave, le prisonnier, Torphelin, et même par la préfixation de zou {zoukanga) : le geôlier, le bourreau, le gardien, etc.
Termes génériques, — C'est en voyant à quoi doit répondre chacun des mots de cette langue, qu'on se rend compte de sa pauvreté. Les termes génériques servent à exprimer ce qui demander-ait, dans la plus simple des langues européennes, plus de trente mots.
Ex. : haga,, désigne tout ce qui est élévation de terre ; on l'emploiera donc pour désigner
La langue banda 69
un mont, une colline, un plateau, un simple rideau de terrain.
Gongou — désigne tout ce qui est eau; on l'emploiera pour désigner : la mare, Tétang, la lagune, le ruisseau, le rapide, la rivière, le fleuve, le puits, le réservoir.
M'brigou — sert à désigner tout ce qui est est fruit.