‹ Essai sur le peuple et la langue banda (région du Tchad)Chapitre 2 sur 43 · VI AVERTISSEMENT · texte numérisé non relu

VI AVERTISSEMENT

effet, les indigènes n'ont pas la notion du temps : il ne faut pas songer à établir une chronologie de faits dénaturés et déformés.

Quant à la loi coutumière, nous tombons dans des difficultés d'un autre ordre : elle est désorganisée dès notre main-mise sur le pays, surtout avec nos tendances particulières à imposer nos jugements et nos sanctions.

L'étude de la langue elle-même est rendue peu aisée par les difficultés d'interprétation, mais c'est cependant le document le plus précieux et qu'on peut posséder le plus facilement. 11 en est de même pour la religion, les contes et légendes. Mais on se heurte à la répugnance qu'éprouve l'indigène pour l'ingérence de l'Européen dans sa vie intime.

Quant aux arts, ils n'existent généralement qu'à l'état primitif : la musique et le chant sont presque nuls et peu faits pour nos oreilles et notre entendement.

La vie privée ne peut êlre étudiée avec exactitude que dans nos postes : or, ce n'est plus la vie ordinaire des indigènes.

En résumé, ce n'est que la résultante de toutes ces observations qui nous donnera une idée de la race. Or, les composantes se différencient dans le temps et dans l'espace. En effet, nous ne connaissons pas toujours toules les tribus et toutes les divisions ethniques de la race; il faut tenir compte de l'évolution de cette race, des diverses influences

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